lundi 6 février 2017

Euromédocain

Lesparre, gros village de plus de 5000 habitants lui permettant d'accéder au rang de petite ville, parfaitement géocentrée, qualité naturelle majeure lui donnant le statut de Capitale de son territoire péninsulaire et sous-préfecture du département pour la cohésion territoriale, le tout au sein de la plus grande région française.

A quelle valeur nous identifions nous le plus ? quartier, ville, pays, département, région, nation, continent, toutes ces notions n'ont vraiment d'utilité que dans la mesure où elles nous permettent de développer ensemble les singularités d'un peuple et continuer à enrichir le monde de nos différences. 

Identité d’un peuple et son environnement:

A l'heure des préoccupations éthologiques d'une part, pour la reconnaissance des peuples autonomes et de leurs identités intrinsèquement liées aux territoires qu'ils ont occupés bien antérieurement à leurs colonisations et des préoccupations climatiques impactant directement la biodiversité et notre propre équilibre, il est important d'en retenir des prises de conscience applicables à échelle locale et considérer d'un regard nouveau, la pensée qui animait les peuples autonomes: La terre ne nous appartient pas, c'est nous qui appartenons à la terre. 

Les occupants d’un territoire s’accommodent des avantages et des contraintes pour structurer leurs survies, puis transmettre l’acquis des connaissances en progrès prospère pour leur descendance.



C’est l’horizontalité locale de la terre qui doit être nécessairement reliée à une globalité pour ne pas péricliter par la stase. S'élever, se redresser, accéder à la verticalité en gardant les pieds sur terre pour ne pas finir hors sol, c'est ce que chaque peuple, à quelque échelle territoriale que ce soit, se doit de bâtir solidement pour sa survie en offrant aux futures générations de meilleures conditions de vie. Horizontalité et verticalité s'assemblent alors dans un modèle de société développé en épaisseur temporelle d'une civilisation capable d'intégrer les phénomènes de chaque époque avec notamment l'évolution des idées par l'accès à la connaissance et le rapport de chacun au spirituel, soit tout ce qui nous dépasse.
     

Identité d’un peuple dans son rapport à son temps:


L’identité n’est pas tant celle à laquelle nous prétendons mais plutôt celle que l’autre nous reconnaît. L’autre étant par essence différent, les identités ne sont reconnues que dans leur rapport agissant à leur temps, à leur époque, leur lien au monde et aux opportunités ou menaces qui se présentent depuis le grand autre. 


Une époque exprime la verticalité de la pensée agissante, la volonté globalisante et expansive de la poussée de la vie pour elle même, qui doit être raisonnée et adaptée à chaque environnement local pour ne pas sombrer dans la "démocrature".

L’identité d’un peuple nait donc comme le feu, en frottant deux essences d’arbres différents, son rapport à son environnement confronté à son rapport à son temps.

En MEDOC comme ailleurs, Il n’y a pas d’identité d’un peuple sans culture, il n'y a pas de culture sans le rapport à la terre qui nous nourrie.

Le MEDOC a un destin à révéler tôt ou tard et chaque époque propose plus ou moins opportunément des enjeux particuliers, dans la confrontation entre son origine et l’hyper actualité.

En ce début de XXI° siècle, il s’agit d’assembler l’identité agriculturelle fortement menacée et la transition numérique en expansion, sur un territoire vierge à forte valeur symbolique, en exemplarité pilote d’une Europe forte de l’expérience des guerres et de l’histoire des idées.   

Le régionalisme obéi, à une échelle maltusienne moindre, au même paradigme que le nationalisme.

Il s’agit de réunir sous une bannière commune, des populations rassurées par le partage solidaire de valeurs identitaires à défendre et rattachées à leur territoire, à leur pays qui en son temps, a sécurisé les anciens en leur permettant de devenir paysans sédentaires.

Dans le monde marchand globalisé, le nationalisme s’exprime aujourd’hui principalement en caricature édulcorée notamment lors des grandes manifestations sportives de masse avec le foot-ball comme figure de proue.

C’est l’occasion pour les différentes populations des pays participants de "sortir les drapeaux", la question du retour des nations et du nationalisme occupant alors les débats politiques​.


Le nationalisme oscille entre "nationalisme c'est la guerre” et "nationalisme le replis” comme garantie de démocratie et du vivre ensemble. Aujourd’hui, le pouvoir des multinationales et les enjeux relatifs à la mondialisation s’invitent à la table en déstabilisant l’électorat.
Nous touchons au tabou essentiel des sciences politiques depuis les années 1960. La démocratie est toujours incarnée, depuis l’Antiquité, dans une cité et à l’époque moderne, dans des communautés nationales. 


En franchissant les limites d’une cité, une démocratie sans territoire lisible n’existe pas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a pas de démocratie européenne puisqu’il n’y a pas de territoire européen stabilisé et qu’en conséquence, il n’existe pas de nation européenne.

S’il n’existe pas de démocratie moderne en dehors de la nation, il existe en revanche des nations sans démocratie. Le nationalisme moderne est la forme collective que prend l’émancipation individuelle. La modernité n’a pas produit que des individus épris de démocratie.

Il serait faux, pour autant, d’affirmer que les nationalismes sont responsables de la Première Guerre mondiale. Cette formule a justifié toutes les attaques déconstructivistes contre les nations, après 1945, au nom de la lutte contre le nationalisme.

La Première Guerre mondiale naît du choc entre quatre volontés de conflit non maîtrisables: l’incapacité de Vienne à contenir le bellicisme de Budapest au sein de la monarchie austro-hongroise, conjointement à la volonté du régime tsariste russe, d’effacer la honte de la défaite de 1905 contre le Japon et enfin, le fatalisme du gouvernement et de l’armée allemande qui préfèrent en découdre immédiatement plutôt que de laisser France et Russie se réarmer un peu plus, le tout dans un mélange de haine de l’Autriche catholique et de revanchisme post-1870, largement partagé au sein des milieux dirigeants de la IIIè République. 


En 1914, les peuples partent en guerre par patriotisme, pour défendre la nation. Le nationalisme est surtout le fait de classes urbaines moyennes et supérieures. A l’époque, partout en Europe, ce qui était chic, ce n’était pas d’être bobo mais d’être nationaliste.

La nation est une structuration en pis aller et comme en toute chose, dangereuse si on la magnifie excessivement. La région peut avoir une résonance plus incarnée si l’on tient compte des pays qui la constituent de leurs exceptions paysannes.

L’émergence de la transition numérique doit être instruite en miroir de ce qui nous reste du monde agri-culturel, patrimoine mondial de l’humanité. 


Bien comprise et aimée avec justesse, toute organisation sociale se doit d'être une maison accueillante qui abrite une culture, des moeurs, une histoire, un destin venant révéler un peuple qui en a besoin, pour désirer un devenir meilleur, vivre paisiblement en s’attachant à des singularités exprimant son existence. Mal comprise, transformée en religion, idolatrée, la nation devient fauteur de guerres comme celles que le XX° siècle a subies, ce pourquoi la doxa du politiquement correct préfère parler de patriotisme, bien qu’il ne s’agisse pas tout à fait de la même chose.

Entre elles, les entités politiques se comparent et se concurrencent toujours et la concurrence peut prendre diverses formes. Les Grecs, habitant des cités qui se faisaient la guerre en permanence, avaient pensé que des jeux inter-cités pourraient établir une saine concurrence qui servirait éventuellement d’exutoire. C’est bien là où nous en sommes aujourd’hui. 

Mieux vaut la concurrence dans les stades que sur les champs de bataille entend-on souvent. Est-ce à dire que les politiques ne feraient alors qu’exacerber les volontés des peuples à en découdre, comme s’ils étaient des prestataires pervers basculant tout à tour et suivant leurs intérêts, entre verticalité de l’autorité visionnaire et responsable ou horizontalité de la raison du peuple ségolinisé du genre “ dites moi ce que vous voulez et je le ferai …”  Sur cette question, Lesparre aurait de quoi attraper le tournis, entre un peuple en déculturation progressive qui peine à s’exprimer, ne sachant plus ce qu’il veut et un Maire qui en profite pour guiraudiser du genre “ dites moi ce que vous voulez et je ferai ce que je veux …"   

Le problème réel reste que ni le Maire ni les Lesparrains ne le perçoivent réellement, sauf à dénoncer parfois certaines conséquences du problème. On peut difficilement soigner une maladie non diagnostiquée.On ne peut générer le sentiment d’appartenance à un peuple qu’avec une politique culturelle claire et capable d’être synthétisée en une phrase, un slogan non réducteur d’une ADN compréhensible par tous.

Quand le Maire, enfant du Pays déclare en conseil municipal qu’il n’aime pas le mot Paysan, nous avons accès au symptôme de la maladie par le mal à dire, le sentiment de honte que seuls les humiliés peuvent maquiller d’orgueil.

A Lesparre comme dans la plupart des villes à la campagne, nous sommes encore dans un schéma postmoderne du Ni Ni, ni une ville avec les avantages de son urbanité, ni une campagne fière de son monde paysan. A part les forces contraires de certains, rien ne s’oppose à l’assemblage heureux de cette source dichotomique. La prospérité dépend de la capacité d’un peuple à trouver sa force dans son ADN confrontée à sa contemporanéité. 

Qu’il s’agisse de nationalisme ou de régionalisme, il est nettement préférable que le mouvement opérant privilégie les valeurs démocratiques quand on sait qu’à terme, le nationalisme pour sa part, reste destructeur de la démocratie et de ses évolutions. 
Durant et après la première guerre mondiale, les nations qui ont la pratique la plus ancienne de la liberté, sont celles qui résistent le mieux à la poussée autoritaire, qu’elle soit fasciste ou communiste. Le nationalisme repose sur l’idée qu’il est absolument nécessaire d’unir le peuple contre un ennemi commun révélé, à chercher ou imaginaire. Le bouc émissaire, c’est aussi vieux que l’humanité. Bismarck le sait bien quand il unit l’Allemagne d’abord contre des ennemis extérieurs (Danemark, Autriche, France) puis contre des ennemis intérieurs (catholiques dans les années 1870 puis socialistes dans les années 1880). Mais ce faisant, Bismarck a empêché ce qui était le déploiement normal du sentiment national moderne: le parlementarisme et la démocratie. Bismarck est bien le père du nazisme dans la mesure où il a empêché le sentiment national allemand, conservateur ou libéral, de se déployer naturellement. La rencontre entre le bismarckisme et la Première Guerre mondiale enfante la bête immonde. 
Si le nationalisme est in finé l'instrumentalisation machiavélique du sentiment d'appartenance nationale et du patriotisme, faut-il en changeant d'échelle, appliquer la même analyse au régionalisme qui viendrait alors coloniser le sentiment d'attachement à une région ?

Il y a t-il un mot adapté à la région à poser à la place de Patriotisme ? Le Paysannisme …..??? et que l’on soit agriculteur ou pas, il y a certainement un vocable à trouver comme véhicule pour cette reconnaissance nécessaire envers tous ceux qui pourraient s'y reconnaitre, lorsqu’ils refusent peu à peu de pousser le caddie de leurs misères, tous ceux qui savent que privilégier le circuit court c’est entretenir leur santé tout en entretenant l’identité locale, la transmission du savoir, le lien entre les êtres, la résistance à la dérégulation par l’hyper consommation, tous ceux qui découvrent que le prix de la liberté c’est de pouvoir se passer des services offerts, tous ceux qui savent que si c’est gratuit, c’est qu’ils sont eux mêmes le produit ...
   
Nation, “natus” en latin, renvoie à la naissance, à l’origine. La nation, si elle n’est pas éduquée, est susceptible de tous les emballements, comme une bande d’enfants sauvages livrés à eux-mêmes. La patrie, le patriotisme, renvoient au “pater”, père en latin, donc à l’éducation, à la civilisation, à la transmission. Rousseau est le père du nationalisme moderne et il n’est pas étonnant qu’il ait pensé faux en matière d’éducation. Le nationalisme, dans l’Europe moderne, est souvent venu perturber la croissance naturelle, éduquée, d’un attachement patriotique qui s’exprimait à la fois par une dynastie incarnant la souveraineté et par un parlement organisant la liberté.

Pour qu’il puisse y avoir démocratie, il faut nourrir l’intérêt envers quelque chose en commun. On n’est citoyen que pour s’occuper d’un bien commun, appartenant à une entité. Cependant celle-ci n’est pas forcément une nation. Ce peut être une région, un pays, une ville, un quartier, un immeuble, un concept, une idée… 

Les limites du territoire du nationalisme sont les défis qu'il peut ou ne peut pas soulever dans le monde contemporain. Le danger serait plutôt aujourd’hui une volonté de gommer les entités, nationales et plus particulièrement régionales car plus proche de la terre, pour prétendre faire de nous de purs « citoyens du monde ». Un être humain se construit grâce à un environnement stimulateur de références sensorielles intimes. La vocation d’un gouvernant, à quelque échelle que ce soit, consiste à travailler au maintien et à l’épanouissement du bien commun. In finé, le bien commun devient majoritairement du patrimoine immatériel, vecteur de lien par l’imaginaire collectif en partage. 

Il n’y a rien de honteux, rien d’extrémiste, à avouer sa préférence un peu chauvine pour un territoire qui nous a construit, à condition évidemment que ce ne soit pas la caution pour le replis et le rejet des autres. L’attachement subjectif à son territoire, qu’il soit d’origine ou de choix, doit permettre l’élévation à l’universel, résultante de la somme de ses différences.

Livré à elle-même et sans apport régénérant, toute construction identitaire s’épuise et conduit aux dégâts considérables du chaos comme au XX° siècle avec les dérives version fasciste ou communiste.

La question, pour notre monde est de savoir si nous allons faire réémerger des patriotismes utiles à la croissance et à l’équilibre des corps sociaux. 

A ce stade … il ne s’agit pas de l’enthousiasme éphémère accompagnant une Coupe du monde de football, comme lorsque la jeunesse sur les Champs-Elysées, galvanisée par la victoire de la France en 1998, a laissé la place quelques temps après à des Marseillaises sifflées avant le coup d’envoi des matches.

La question, c’est de savoir comment bâtir une Europe forte de transmissions du patrimoine culturel complexe, de l’héritage politique pluriel, du goût pour le maintien des identités des peuples par le progrès de l’éducation. C’est le soft power culturel capable de résister à l’individualisme absolu qui a lui même succédé aux excès du nationalisme de droite ou de gauche.


Les années qui arrivent doivent permettre à l’Europe projetée depuis mille ans de s’advenir par la reconnaissance des peuples, pour que chaque individu puisse placer naturellement devant son identité agri-culturelle, le préfixe EURO, pour la survie indispensable du corps social. 

A l’échelle de notre ville de Lesparre-Médoc, il serait souhaitable qu’indépendamment d'une perspective EUROMEDOCAINE, il soit possible d’accéder à minima au talent nécessaire à cette ambition, ne serait-ce qu'en rendant visible ce qui réuni les 52 communes du Médoc, non pas avec seulement 52 fois l'église au milieu du village, mais 52 clochers dans les arbres d'un seul territoire, un futur Parc Naturel de Région pour l'intérêt envers la nature et l'environnement d'une part et un Pays Médoc pour ceux qui l'occupent culturellement et civilationnellement comme un Pays occupé par des Paysans, en charge d'assurer l'autonomie alimentaire de son peuple. 

Ici Com'ailleurs et peut-être Ici Plus qu'ailleurs, comme pour tout autre territoire matériel ou immatériel, le Médoc ne peut exister que dans son rapport agri-culturel entre l'homme et son territoire.



  
Le talent c’est être de son temps, 
le génie c’est inventer son temps.

jpa pour ALV 

mardi 3 janvier 2017

Le MEDOC dans tous ses états


Le MEDOC / Eléments de diagnostic



Synthèse:  
Atouts / Faiblesses / Opportunités / Menaces  
• Un territoire presqu’îlien avec une forte identité et des contrastes sociaux et économiques importants.
• Un territoire de projet qui ne joue pas toujours collectif, ce qui peut freiner les dynamiques à l’oeuvre tant sur le plan économique, social que culturel, malgré un pays et un futur parc naturel régional (PNR) pour le MEDOC.
• Un territoire pluriel géographiquement organisé autour du littoral forestier et de l’estuaire viticole avec un poids croissant de la Métropole sur la partie Sud du MEDOC, qui n’est pas sans conséquence sur le vivre ensemble.
• Un territoire marqué par une diversité des filières économiques en mutation : agriculture, viticulture, aquaculture, sylviculture, tourisme, industrie des composites, réseau de TPE et de PME. Le MEDOC enregistre le plus grand nombre de création de PME / TPE de la Gironde. Toutefois, de très fortes inégalités existent et provoquent des tensions sociales.
• Un territoire attractif par son capital patrimonial et paysager qui est une source de richesse à développer par une organisation adaptée et une vision partagée. C’est l’un des enjeux du futur PNR.

.Parcours de vie
Un territoire dont les indicateurs de précarité sont élevés sur le secteur Lesparre et Pauillac,
précarité due à certaines caractéristiques (saisonnalité, enclavement géographique…). Pour
autant, le MEDOC peut s’appuyer sur un fort potentiel de développement économique, social, touristique et culturel (attractivité démographique, potentiel touristique, richesse
environnementale…), sur une dynamique de projets (contrat local de santé, PNR…) et sur
des acteurs très impliqués dans le domaine social.
Le MEDOC peine encore, faute des moyens, à corriger une inéquité territoriale particulièrement sensible dans certains domaines : santé, enfance, insertion…

Vivre ensemble
Un territoire riche de ressources patrimoniales propices à une vie locale dynamique et à
un référentiel commun qu’il convient de mieux organiser et valoriser.
Une offre culturelle et associative présente mais pas fédérée autour d’une politique
commune médoquine.
Un environnement favorable au développement de pratiques sportives mais qui se heurte
au manque de ressources associatives.
La nécessité d’aller vers un « territoire de vie » qui organise l’accueil de populations
nouvelles, l’accueil de saisonniers et des populations sédentaires (certaines en fragilité).

Capacité de développement
Un territoire accessible pour les populations nouvelles qui viennent de l’agglomération
(en raison des prix abordables du foncier et de l’immobilier en 2ème et 3ème couronne
notamment), mais où la dynamique démographique se fait au détriment du tissu urbain et
de l’armature historique des centres bourgs (dont le rôle structurant est à conforter) mais
aussi des espaces naturels et agricoles.
Ce modèle de développement, lorsqu’il n’est pas planifié, rend difficile l’accès au logement
des personnes vulnérables et génère des besoins nouveaux en services, difficilement
satisfaits.
Conséquence de sa géographie et de sa faible densité, le MEDOC est le territoire où
la mobilité est la plus forte. Pour autant, il est confronté à des problématiques de
déplacements internes, mais également externes en raison de l’augmentation des
déplacements pendulaires avec l’agglomération.

Économie
Les difficultés de mobilisation de projets d’implantations industrielles ne doivent pas cacher
l’existence de PME liées à la haute technologie et d’implantations de nombreuses TPE.Une mobilisation des acteurs économiques et politiques est en cours pour redynamiser l’avant-port du Verdon d’une part et créer une zone d’équilibre économique autour des composites à Lesparre d’autre part...
L’économie reste toutefois sous forte influence de la saisonnalité pour deux de ses principales filières : la viticulture et le tourisme.
Les conséquences du recul du trait de côte doivent amener à une diversification de l’offre touristique (oenotourisme, itinérance, tourisme fluvial…) et à une relocalisation des activités sur le littoral. Les espaces et paysages préservés sont des atouts à valoriser.
Il existe en MEDOC, un fort potentiel de développement et d’accueil touristique à professionnaliser. L’agriculture, richesse traditionnelle du Médoc, est confrontée à plusieurs difficultés : déprise agricole, crise d’une certaine viticulture familiale, difficultés d’adaptation du massif forestier, manque d’intérêt des jeunes pour les métiers agricoles. Mais d‘anciennes activités semblent renaître grâce à la qualité des ressources environnementales et à des innovations : gemmage, ostréiculture.
Mais l’émergence d’une dynamique collective à travers le projet de PNR est en cours (attractivité du patrimoine naturel, historique, des paysages) à laquelle il est impératif d’adjoindre une volonté de développement économique.

Qualité de vie
Une vigilance est de mise sur la consommation d’espace par l’urbanisation au détriment de certains paysages identitaires (perte des pâturages, disparition des haies et des canaux, marais et zones humides comblés, forêt « grignotée »), sans organisation générale et sans maîtrise des interfaces entre les parties naturelles, agricoles, forestières et bâties. Des formes urbaines et une architecture qui se banalisent (faisant peu référence à l’architecture
locale), des lotissements et des zones d’activités se multiplient.
Les espaces naturels sont de grandes étendues, peu fragmentées et à très forte valeur patrimoniale et paysagère : cordon dunaire, forêt dunaire, grands lacs, Estuaire de la Gironde, mattes et palus, marais estuariens, grande forêt de pins maritimes sur le plateau.
Mais le changement climatique fragilise les espaces littoraux (montée des eaux), la forêt (risque accru de tempêtes) et l’estuaire (augmentation de la température de l’eau).
Une ressource en eau disponible en quantité mais fragile :
• risque de dégradation des nappes souterraines par intrusion d’eau marine en bordure de l’estuaire.
• pressions qualitatives au Sud-Est du MEDOC (région d’Arsac) : domaine minéralisé (problème de dépassement des seuils règlementaires en fluor, forte teneur en
fer…).
• pression quantitative dans le Sud-MEDOC, qui connaît un afflux constant d’habitants : les besoins futurs sont supérieurs à la capacité de production en eau potable.
Sur l’eau comme sur la gestion des déchets, une politique coordonnée à l’échelle du MEDOC serait nécessaire.

Le MEDOC / Les enjeux


Promouvoir le territoire autour d’une gouvernance partagée
Malgré un fort sentiment identitaire, la multipolarité des gouvernances freine l’émergence d’une stratégie globale de territoire. Il conviendrait de mettre davantage en synergie et en valeur les initiatives et ressources locales et d’accompagner le portage et la réalisation des projets. Il serait nécessaire de favoriser l’émergence d’actions porteuses de cohésion sociale, économique, de qualité de vie… en mettant les habitants au coeur du projet territorial

Rompre l’isolement géographique & 
Soutenir les actions socio-économiques : 
"s’adapter au MEDOC"
Il existe encore un isolement géographique et social sur la partie Nord de la presqu’île.
L’accès aux droits fondamentaux est déterminant.
Un accent particulier doit être mis sur les jeunes. La jeunesse médoquine se trouve confrontée à un paradoxe : une volonté de rester sur un territoire dont elle a une image
positive, tout en étant consciente du manque de ressources pour son avenir.
• Garantir l’accès aux droits fondamentaux : santé, éducation, culture…
• Garantir une accessibilité de tous aux services publics : préserver la proximité.
• Lutter contre la précarité : insérer, impliquer, former. Contribuer à forger un autre regard sur les ressources du territoire pour développer de nouvelles activités économiques.
• Garantir un accompagnement professionnel.
• Garantir l’accessibilité par les transports, notamment sur les réseaux transversaux en grand déficit.
• Faire du numérique un enjeu de rapprochement économique, social, culturel et territorial

Le MEDOC territoire de vie et de citoyenneté, ouvert à tous: 
"Mettre en réseau"
Il y a lieu de penser autrement et collectivement la création et l’utilisation des équipements pour mieux animer le territoire.
• Mailler le territoire en équipements de vie adaptés: tiers-lieux, médiathèques, équipements sportifs, couverture numérique…
• Favoriser la dynamique associative par les échanges et la coordination entre acteurs et le soutien aux projets associatifs.
• Renforcer la citoyenneté : promouvoir une politique de médiation, y compris numérique, en fédérant les acteurs du vivre ensemble (éducatifs, culturels, sportifs...).

Maîtriser l’espace : 
"la richesse du MEDOC, c’est lui-même"
L’enjeu sur ce territoire repose sur :
• Un équilibre entre l’organisation d’un développement raisonné de l’urbanisation et le respect de la protection des richesses et des ressources patrimoniales (naturelles et culturelles).
• La revitalisation des bourgs ruraux autour de services, d’emplois et d’équipements.
• La préservation et la valorisation des espaces. Le PNR est une opportunité.
• L’élaboration d’une politique touristique comme vecteur économique: structurer les acteurs du tourisme autour de la destination et de la marque MEDOC.
• Penser la ressource en eau dans une logique de solidarité départementale

Le MEDOC territoire d’initiatives : 
l’exigence de la formation / 
l’opportunité de l’Économie sociale et solidaire / 
la transition numérique /
Le MEDOC doit devenir un territoire d’excellence et d’innovation et s’ouvrir aux initiatives
structurantes afin de renforcer la notion du vivre ensemble et son attractivité.
• Faire de la formation un enjeu majeur.
• Développer de nouveaux partenariats avec le monde de l’entreprise pour revaloriser certaines filières.
• Poser l'économie sociale et solidaire comme la matrice des futurs projets et inventer des accompagnements avec les parties prenantes de l’économie.
• Choisir le MEDOC comme un territoire pilote en matière de numérique (e-territoire), tant pour faciliter l'accès des habitants aux services (ex.: e.santé, télétravail, ...) que pour faciliter son attractivité, susciter des projets innovants, attirer de jeunes entrepreneurs...  faciliter son des entrepreneurs, revaloriser et moderniser la saisonnalité par l'accueil, l'échange et la formation.

Le MEDOC / Les leviers



Un territoire à promouvoir 
autour d’une gouvernance partagée

AVEC LES LEVIERS :
• Par la nécessité de renforcer la mise en réseau, de fédérer les acteurs, tant les collectivités institutionnelles que les autres (privés, associatifs…), revalorisant son image, ses actions et ses habitants.
• Par la mise en place du PNR.
• Par la mise à disposition d’une ingénierie et d’un accompagnement à la maîtrise d’oeuvre urbaine et rurale : aide à la mutualisation, accompagnement de la structuration intercommunale (fusion/regroupement) et du transfert des compétences.

Rompre l’isolement géographique, 
soutenir les actions socio-économiques : 
« s’adapter au MEDOC »

AVEC LES LEVIERS :
• Par une nouvelle offre d’accueil des professionnels de santé (mode d’exercice regroupé / projet santé territoire, e-santé).
• Par l’émergence d’équipements faisant lien : santé, médiathèque, culture, transport, sport…
• Par des liens à vivre « vers et par » l’estuaire : gestion des bacs Le Verdon / Royan et Lamarque / Blaye - accès au bassin d’emplois des territoires voisins (traversée vers et depuis la Charente maritime et la rive droite girondine).
• Par la nécessité d’élever le niveau et l’offre éducatifs.
• Par la mise en place, sur le MEDOC, de formations professionnelles adaptées aux besoins du territoire (tourisme, bois, viticulture, sport…).
• Par l’accès au numérique.
• Par une offre de transport adaptée aux besoins spécifiques des populations captives et complémentaire à l’offre structurante répondant aux besoins de déplacements pendulaires vers la métropole et à l’intérieur du territoire.
• En accentuant la présence des services départementaux dans les collèges (information, mise en réseau avec les associations…).
• Par l’accompagnement des collectivités et des associations dans la définition et la mise en oeuvre des politiques dédiées à la jeunesse.

Faire du MEDOC un territoire 
de vie et de citoyenneté, ouvert à tous. 
Mettre en réseau

AVEC LES LEVIERS :
• Par la co-construction, avec les parties prenantes, de projets de développement artistique et culturel de territoire susceptibles d’alimenter les parcours éducatifs et citoyens des enfants et des jeunes.
• Par la structuration du tissu associatif et des projets fédérateurs.
• Par un développement de l’accès à une pratique sportive plus large en s’appuyant sur le Plan départemental des espaces et sites d’itinérance axé sur le développement maîtrisé des sports de nature.
• Par le soutien aux actions permettant de compenser la pénurie en piscine (rénovation, création de piscines intercommunales, conventions avec les structures privées…).
• Par l’ouverture des équipements sportifs des collèges à la vie locale, en concertation avec l’ensemble des acteurs potentiels.

Maîtriser l’espace : 
La richesse du MEDOC, c’est lui-même

AVEC LES LEVIERS :
• Par des formes urbaines durables, l’aménagement des bourgs…
• Par un équilibre spatial pensé dans son ensemble (habitat / déplacement & infrastructure / activité économique / assainissement / gestion des déchets / préservation des ressources / inondations / …).
• Par la mise en place d’outils de planification foncière de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, de réserves foncières, par une action sur les dents creuses et en faveur de la diversification des habitats. Ce levier est conditionné par la mise en place d'une stratégie de planification spatiale au niveau intercommunal.
• Par l’accompagnement des petites communes qui voient leur population fortement augmenter pour améliorer le vivre ensemble.
• Par un accès à une eau de qualité à tous les Médocains.
• Par la mise en place de ressources en eau de substitution, accessibles à tous les Girondins.
• Par la mise en place d’outils de gestion agro-environnementaux, et de gestion hydraulique des marais et zones humides.
• Par la mise en place d’une gouvernance concertée des nombreux acteurs de protection de l’environnement de ce territoire.

Le MEDOC territoire d’initiatives : 
l’exigence de la formation, 
l’opportunité de l’Économie sociale et solidaire 
et la transition numérique

AVEC LES LEVIERS :
• Par un territoire à dynamiser du point de vue économique qui peut devenir le laboratoire de la lutte contre la précarité en pensant un projet associant les besoins sociaux, les besoins de services publics et l’accueil d’entreprises, mais aussi les infrastructures de transport.
• Par l’ESS, clé de voûte d’une économie à privilégier : création expérimentale d’un fond de soutien à l’ESS pour accompagner les projets innovants dans tous les domaines : agriculture, culture, tourisme, patrimoine, ressources naturelles...
• Par le tourisme à promouvoir :
- Appuyer la structuration et la professionnalisation des offices du tourisme.
- Développer l’industrie touristique en sortant de la « monoculture balnéaire » par la mise en tourisme de tout le territoire.
- Développer de nouvelles formes de tourismes (fluvial, sportif, nature, santé, culturel, oenotourisme…).
- Accompagner en structurant la saisonnalité d’accueil et de formation.
- Soutenir une action branding « destination MEDOC ».
• Par le développement de l’économie circulaire et des circuits courts en agriculture, en forêt.
• Par la relance de certaines pratiques historiques (gemmage, ostréiculture…).
• Par des relations plus étroites à tisser avec le GPMB / Grand Port Maritime de Bordeaux. 





samedi 17 décembre 2016

La piscine prend un coup





Baisse du coût de la piscine, 
la piscine prend un coup 
et ce n'est pas le premier.

Le coup de grâce a été donné en août, 
dans un acte de destruction du bien public, 
paradoxalement 
sans aucune certitude du budget nécessaire 
au projet imbéciprétencieux de Parc aquatique.

Ici, on agit d'abord et on réfléchi après ... 


jpa pour ALV 







Baisse du coût de la piscine 
(extrait de l'article paru dans le Sud-Ouest du 14.12.16)

Le projet a fait l’objet d’une première étude réalisée par le cabinet Adoc, qui avait été accueilli sans grand enthousiasme par un précédent Conseil, notamment en raison de son coût jugé trop élevé (notre édition du 26 octobre 2016). 

Il avait donc été demandé au bureau d’études de revoir sa copie en faisant des économies là où c’était possible, sans toutefois sacrifier à la qualité. La seconde mouture, présentée lundi soir, faisait apparaître une baisse de 900 000 euros par rapport à une fourchette d’origine dont l’estimation haute se situait aux environs de 6 millions d’euros.

Cette baisse a pu être obtenue par un « compactage » qui a diminué la surface d’accueil et les plages de repos sans toucher à l’essence du projet qui reste établi autour d’un bassin de 25 mètres et d’un second bassin d’apprentissage. 

« Je voudrais qu’on valide ce projet, disait le président, afin qu’on puisse avancer et présenter le dossier pour obtenir des subventions ».

Car, pour l’instant, les éventuelles subventions ne sont pas intégrées au chiffrage. Jean-Brice Henry ajoutait d’ailleurs : « Il est important de savoir quelles aides on peut avoir, quitte à redéfinir le projet ensuite. Notre engagement n’est pas définitif, on pourra toujours réfléchir au fil des étapes ».


La décision de bâtir ce centre aquatique et le choix du projet ont été arrêtés en concertation avec les futurs partenaires de la CdC Centre Médoc. Le dernier conseil communautaire l’a quant à lui adopté à l’unanimité.



samedi 5 novembre 2016

Piscine ... des hauts débats




le projet de centre aquatique en débat



Publié le 
Mis à jour  par JULIEN LESTAGE.
L’ancienne piscine de Lesparre, de type Tournesol, a été rasée l’été dernier. PHOTO J. L.

Lors du prochain conseil, les élus communautaires devront se prononcer sur l’étude de faisabilité d’un centre aquatique.

Depuis le mois de juin 2014, date de fermeture de la piscine intercommunale de Lesparre, les usagers du bassin patientent. Lors de la fermeture de cette piscine Tournesol, il avait bien été question d’un projet de rénovation de la structure existante, dont l’étude a duré deux ans. Mais le dossier a finalement été abandonné par la Communauté de communes (CdC) Cœur du Médoc. Au mois de juillet dernier, les Lesparrains ont même pu assister à la démolition de ce qui ne ressemblait plus qu’à une « carcasse » abandonnée.
Pour autant, le projet de construction d’une nouvelle piscine reste une ambition portée par la CdC Cœur du Médoc et son président Jean-Brice Henry. Le sujet sera abordé lors du prochain conseil communautaire. La réunion, qui est ouverte au public, se tiendra à Lesparre, lundi, dans le salon d’honneur de la mairie (1).

La présentation de l‘étude

Lors de ce conseil communautaire, il sera présenté aux élus les conclusions d’une étude de faisabilité réalisée par le cabinet Adoc. Il avait été désigné par Cœur du Médoc après un appel d’offres. Dans le détail, le cabinet estime « viable la réalisation d’un Centre Aquatique pour le territoire médocain ».
L’étude met en scène deux scénarios possibles. Le premier prévoit un bassin de 25 mètres avec quatre couloirs, un bassin petite enfance, un espace hammam et un espace solarium extérieur. Le deuxième scénario intègre les équipements du scénario 1, plus un bassin détente-apprentissage. Dans les deux « formules », les options d’un toboggan et de jeux extérieurs peuvent être retenues.
Le projet du scénario 1 est évalué 5,98 millions d’euros, le projet 2 à 7,13 millions d’euros. Les options sont chiffrées à 360 000 euros pour le toboggan et à 330 000 euros pour l‘aire de jeu extérieur.
L’investissement de ce qui est appelé « Centre Aquatique » sera porté par la CdC Cœur du Médoc, qui devra aussi faire appel à des subventions. Une estimation de la fréquentation a été réalisée par le cabinet Adoc. Elle annonce 56 500 entrées pour l’option 1, et 68 000 entrées pour l’option 2. Toboggan et aire de jeux extérieurs ont été intégrés dans l’attractivité.

Le coût de l’exploitation…

Dans son étude, Adoc revient aussi la charge résiduelle d’exploitation : « Elle s’échelonnerait de 351 000 euros à 372 000 euros par an selon les scénarios et les options ». Lundi prochain, les délégués communautaires devront donc débattre sur ce dossier, commenter les chiffres et autoriser ou pas le président Jean-Brice Henry à poursuivre le projet.
Contacté hier, Jean-Brice Henry ne cachait pas que cette charge résiduelle d’exploitation était élevée et qu’il faudrait certainement revoir l’étude. Enfin, sur un plan plus politique, alors que les CdC Cœur du Médoc et Centre Médoc doivent fusionner en début d’année, il semble difficile qu’un tel projet puisse être adopté sans un minimum de concertation entre l’exécutif des deux CdC. Sur le plan financier, il engage l’avenir. Il faut aussi noter que dans ce dossier aucun calendrier n’a été précisé. Il est sûrement question de prudence.