lundi 10 avril 2017

Gaffe aux GAFA



Les GAFA sont devenus tellement puissants 
qu’ils sont capables de résister 
à tous les pouvoirs politiques

Les GAFA sont attaqués de toute part mais ni Donald Trump, ni les Européens n’ont les moyens de les contraindre.Les sociétés américaines du digital sont devenues tellement puissantes que les grandes démocraties ne parviennent pas à les réguler. A tel point d’ailleurs que certains chercheurs se demandent pourquoi il faudrait les réguler et limiter leur pouvoir.
Les grandes sociétés mondiales qui sont nées avec la révolution des nouvelles technologies ont toutes moins de 20 ans, pour la plupart. Google est née avec un moteur de recherche particulièrement performant. Facebook n’était au départ qu’un réseau de communication pour des étudiants de Harvard un peu désabusés. Quant à Amazon, c’était une librairie qui vendait des livres par correspondance.
Ces trois entreprises, auxquelles il faudrait ajouter Apple et Microsoft qui est plus ancien et qui a su épouser toutes les mutations technologiques, sont devenues gigantesque et mondiales, avec chacune près de 2 milliards de clients autour du globe, une capitalisation boursière qui varie entre 600 milliards et 1000 milliards de dollars. Elles peuvent donc s’acheter tout et n’importe quoi. Elles sont plus riches que beaucoup d’Etats. Plus riche que la valeur cumulée des constructeurs automobiles ou même que les 2/3 des entreprises du CAC 40.Elles financent des budgets de recherche qui sont beaucoup plus conséquents que les budgets de recherche publique, y compris aux Etats-Unis.
L’avènement de la connectivité va leur donner encore plus de pouvoir. Sans faire de science-fiction, elles peuvent avoir la main sur tous les objets connectés qui vont faire partie de notre vie quotidienne. Sans inquiéter les opinions publiques inutilement, elles peuvent aussi avoir la main sur tous les systèmes d’intelligence artificielle. Les Jeff Bezos et Marc Zuckerberg peuvent déjà se prendre pour des dieux vivants, régnant sur l‘humanité toute entière.
Leur puissance leur permet de travailler dans tous les pays du monde, dans toutes les cultures et tous les langages, ils défient les climats, les continents et les frontières politiques.
A tel point que les grandes démocraties politiques sont assez impuissantes à réguler ou même observer ces grandes entreprises. Alors, elles ne sont pas forcément mues par des sentiments malveillants, mais toutes ont une vision de l’organisation des sociétés qui ne passe pas forcément par les principes de la démocratie.
Les GAFA sont attaquées sur trois fronts, mais sur ces trois fronts, les grands groupes se défendent très bien et paraissent absolument inébranlables.



Le premier front ouvert par les grandes démocraties 
est celui de la protection des libertés individuelles. 




Les GAFA commencent à disposer aujourd’hui d’une masse d’informations sur les données personnelles. Les GAFA ont récupéré tout ce qu’il est possible de savoir sur les hommes et les femmes qui ont, une fois dans leur vie, touché une souris d’ordinateur.



A tel point que ces données (les data) représentent l'essentiel de leur richesse parce qu‘elles sont utilisables par n'importe quel producteur de biens ou de services pour toucher son client actuel ou potentiel. Ils peuvent aussi disposer de données sur les opinions personnelles, religieuses ou politiques, sur la santé et le mode de vie. L’utilisation de toutes ces données peut représenter un risque pour l‘exercice de la liberté individuelle.


L‘Europe s’est insurgée 
et a réussi à imposer des règles 
qui limitent l’utilisation des données personnelles 
à l’autorisation du donneur




C’est la fameuse directive de la RGPD, qui vient d’entrer en vigueur en mai dernier. Cela dit, les Etats européens ne se font pas d’illusion sur la capacité des chercheurs à mettre au point des systèmes de piratage de données à des fins de racket financier ou à des fins terroristes ou politiques.



Donald Trump, qui considère que les GAFA sont plus sensibles aux idées « démocrates » de gauche qu’à ses propres idées plus conservatrices, a décidé de mettre en place un contrôle des contenus au nom de la liberté d’expression. Le président américain considère qu’il est victime de l’ostracisme des réseaux sociaux ou de Google, il demande alors plus de neutralité. Sauf qu’il peut difficilement obtenir quelque chose sur ce dossier sauf à attenter à la liberté d’expression. Le moteur de recherche Google, auquel Trump dénonce son parti pris, fonctionne sur la base d’un algorithme qui a toujours été difficile à percer. D’autant que la notion de neutralité est un concept très complexe.La démarche de Donald Trump est vouée à l’échec, d’autant plus qu’il pourrait être poursuivi lui-même pour atteinte à la liberté d’expression.



Cela dit, le problème mérite d’être étudié quand on voit ce qui se passe en Chine, où les contraintes de la democratie ne sont guère explicites. Les grands de l’industrie digitale chinoise mettent à la disposition du pouvoir les données personnelles qui sont ainsi récupérées et gérées et pas seulement dans un objectif commercial, mais très certainement politique. On parle par exemple des progrès sur la reconnaissance faciale des individus en Chine et utilisés à des fins d’identification ou de reconnaissance des individus.


Le deuxième front est d’ordre fiscal. 

Avec une activité mondiale assez difficile à tracer puisque leurs services et produits sont immatériels, les GAFA sont devenus des maitres de l’optimisation fiscale. On ne paie l’impôt que là où on est obligé de le payer (aux USA par exemple), sinon on ne le paie que là où les taux sont les plus faibles. La comptabilité interne des grands groupes permet de faire circuler les flux financiers et de les détourner par des fiscalités light. L’Europe est en première ligne sur ce dossier puisque des pays comme la France ont proposé de taxer les GAFA sur le chiffre d’affaires réalisé dans le pays où il travaille. Le problème, c’est qu’une taxe sur le chiffre d’affaires est très différente d’une taxe sur les profits. Le problème aussi, c’est qu’en matière fiscale, l’Union européenne a besoin de l’accord unanime de tous les Etats membres. Or aujourd’hui, il y a des pays qui ne voteront jamais une telle disposition fiscale : le Luxembourg, l’Irlande, beaucoup de pays de l’ancien empire de l’Est. Beaucoup de ces pays ont beaucoup à gagner de la non imposition des GAFA.


Le troisième front est celui de la recherche. 

Les GAFA, par leur puissance financière, ont des services de recherche capables de recruter les meilleurs ingénieurs du monde. Amazon, Apple, Google travaillent énormément sur l’intelligence artificielle, les voyages dans l’espace et pas seulement à des fins touristiques, la santé et la lutte contre le vieillissement, les grandes maladies et peut être l’immortalité.

Rien n'interdit cependant de rattacher la quête de l'immortalité à la pulsion naturelle qui anime le vivant sous toutes ses formes. Les croyances en un au-delà introduisent et stimulent la recherche. Les découvertes scientifiques aboutissent peut-être alors par nécessité anticipée face à une menace perçue instinctivement et collectivement dans ce qui caractérise le vivant, sa capacité d'adaptation intégrant l'ultra sensibilité des signaux d'alerte. En ce sens, le transhumanisme répond peut-être à la menace environnementale contemporaine et vient simplement stimuler la recherche de la survie.
   
Ces services de recherche dépassent, et de loin, les moyens publics. Les grandes démocraties essaient donc aujourd’hui de passer des accords de recherche avec les sociétés privées. Au siècle dernier, ce sont les entreprises privées qui avaient besoin des aides publiques à la recherche. Aujourd’hui, c’est l’inverse. La Nasa et le Ministère américain de la défense essaient d’embarquer dans leur programme de recherche les services des GAFA. Une opération qui peut être politiquement très compliquée. Amazon accepte de passer des deals, mais Google refuse. Et si Google refuse, comme Microsoft, Apple et beaucoup d’autres, c’est parce que les grands axes de la recherche publique américaine sont évidemment porteurs d’objectifs militaires. Les grands du digital ne veulent pour l’instant apporter leur savoir et leur moyen au commerce de la guerre.


L'axe fédérateur de la transition numérique reste le Big Data et la monopolisation du stockage des données  concentrée par les GAFA, en perspective de la révolution transhumaniste et d'un eugénisme toléré, annonçant "la mort de la mort", par le passage de la médecine thérapeutique à la médecine augmentative en 4 points:


1° évolution des sciences cognitives 
2° progrès des puces intégrées 
3° évolution du génome modifié 
4° techniques du sécateur d’ADN de la bio chirurgie 

En parallèle, nous serons très prochainement amenés à légiférer sur des formes de régulation de l’économie collaborative pour 3 raisons:


1° maitriser la rapidité de prolifération de toute initiative par l'immédiateté de communication. 
2° dynamiser notre capacité d'adaptation à l’hyper technicité. 
3° intégrer les phénoménologies internationales liées au développement numérique, désintégrant les autorités territoriales, obligeant la suprématie de l'ordre mondial. 




Pour les mégapoles comme pour les petits territoires, 
les perspectives conséquentes du prolongement de la vie
auront à s'inscrire dans les valeurs éthiques, 
héritières du projet Respublica / la chose publique, 
dans le continuum du genre humain, 
celui qui ne considère pas l'homme comme un moyen 
mais comme une fin.
jpa pour ALV

samedi 11 mars 2017

Antispécisme



L'illusion de l'antispécisme ne doit pas occulter le débat sur l'élevage éthique 

La  fourrure  de  la  capuche  de  mon  McMurdo®  est  en  polymère  de  synthèse  chimique.  Je  n’avais  pas  le  choix  à  l'achat.  Pourtant,  je  préfère  le  toucher  des  poils  d’animaux  à  celui  de  cette  fourrure  artificielle,  mais  ce  n’est  pas  politiquement  correct.  Pourquoi ?

Guy-André Pelouze (chirurgien à Perpignan)


L’illusion de l’antispécisme

 Depuis Derrida, des intellectuels veulent imposer des croyances dans tous les domaines. L’antispécisme, sorte d'égalitarisme non plus seulement entre Homo sapiens mais entre tous les êtres vivants, en est l’ultime et plus extravagant avatar. A priori, cette croyance est du domaine de la liberté d’expression. Un cadre qu’elle dépasse quand des individus s’en saisissent pour l’imposer aux autres et instaurer une vision totalitaire du monde, y compris par la violence. Les récentes attaques contre des boucheries ou des détaillants de fourrure en fournissent une illustration.
Détruisons rapidement le vernis scientifique de l’antispécisme. Aucune preuve scientifique ne démontre l’existence de murs étanches entre végétal, animal et humain. Il est irrationnel de croire que cueillir une laitue est une action neutre, sans douleur, mais que par contre faire griller des escargots est un acte immoral. La science récente nous le confirme : les plantes dont on mange une feuille appellent à l’aide en diffusant un message grâce à un neurotransmetteur, le glutamate, que l'on retrouve également dans la douleur humaine. 
Les humains ont toujours utilisé les muscles d’animaux, de poissons, les insectes pour les protéines, les os longs pour la moelle, les cornes pour différents symboles ou créer des sons, la peau velue pour se protéger du froid... Chacun est (pour l’instant) libre de ses choix en la matière, mais avant d’être un choix ce fut une nécessité, ce que démontre l’apparition de certaines carences nutritionnelles chez ceux et celles qui se privent de viande. Aucune caution scientifique ne permet de condamner l’usage des produits animaux. Mais y a-t-il un débat éthique ?

Pour un élevage plus éthique 

Bien évidemment, et la manipulation consiste à le centrer sur l’interdiction d’utilisation des animaux et non sur les conditions de production. Un glissement binaire et culpabilisant qui occulte cette question essentielle, à laquelle nous sommes pourtant en mesure d’apporter des réponses concrètes et réalistes. Il ne fait pas de doute que les animaux ressentent de la douleur en raison de mauvaises conditions d’élevage ou de conditions de mise à mort barbares. C’est un objectif tout à fait accessible d’éviter cette violence, objectif poursuivi par un nombre chaque jour croissant d’entreprises. Nul n’est besoin de vandaliser un magasin de fourrure. A l’inverse, il est utile de contrôler réglementairement les conditions de production, de supprimer les subventions quand elles existent et de s’assurer que les externalités négatives se trouvent dans les coûts. 
Dans ce domaine, un mauvais exemple est vite élevé au rang de généralité grâce à la diffusion épidémique des images dans les tuyaux d’information ; ce qui constitue une réelle question éthique : celle de la détermination de la vérité. Une vérité qui semble davantage pencher du côté de la prise en compte progressive par les industries exploitant les animaux de standards élevés liés à leur bien-être. Paradoxalement, cet élevage responsable joue un rôle favorable en termes de conservation des espèces. La production des crocodiliens pour leur peau, par exemple, permet d’accroître les populations en Louisiane, l’Etat exigeant la réintroduction dans la nature de 50 % des œufs éclos viables. 


L’homme, prédateur par nature 

Est-il envisageable pour les humains de survivre sans prédation du monde vivant ? La réponse est évidemment non. La vie se nourrit de la vie et il est impossible de survivre avec de l’eau et quelques minéraux “naturels”. Pour autant, il n’y a aucune différence entre se nourrir de végétaux et se couvrir de coton ou de lin et manger des animaux ou se protéger du froid avec leur peau : dans les deux cas, il s’agit d’une prédation dans le monde vivant. Croire que l’on va produire de la viande en éprouvette, du gras en laboratoire est une chimère.
L’histoire longue nous aide-t-elle à comprendre ces croyances ? Si des sociétés choisissent de se suicider, c’est déjà arrivé, d’autres survivront car elles ont placé la survie, y compris la reproduction, en tête de leurs priorités et les valeurs morales en second, en accord avec l’évolution des moeurs, pas l’inverse. L’humain n’est pas générateur de tous les maux de la planète, il est programmé pour survivre dans un environnement qui n’est pas devenu moins hostile qu’au paléolithique. Gaia n’est pas gentille, elle est bien souvent cruelle. 
Les sociétés relativement libres où nous vivons permettent à chacun de faire ses choix et il serait dangereux que des groupes d’ayatollahs postmodernes dictent leur façon de vivre aux Français. 

Guy-André Pélouze

lundi 6 février 2017

Euromédocain

Lesparre, gros village de plus de 5000 habitants lui permettant d'accéder au rang de petite ville, parfaitement géocentrée, qualité naturelle majeure lui donnant le statut de Capitale de son territoire péninsulaire et sous-préfecture du département pour la cohésion territoriale, le tout au sein de la plus grande région française.

A quelle valeur nous identifions nous le plus ? quartier, ville, pays, département, région, nation, continent, toutes ces notions n'ont vraiment d'utilité que dans la mesure où elles nous permettent de développer ensemble les singularités d'un peuple et continuer à enrichir le monde de nos différences. 

Identité d’un peuple et son environnement:

A l'heure des préoccupations éthologiques d'une part, pour la reconnaissance des peuples autonomes et de leurs identités intrinsèquement liées aux territoires qu'ils ont occupés bien antérieurement à leurs colonisations et des préoccupations climatiques impactant directement la biodiversité et notre propre équilibre, il est important d'en retenir des prises de conscience applicables à échelle locale et considérer d'un regard nouveau, la pensée qui animait les peuples autonomes: La terre ne nous appartient pas, c'est nous qui appartenons à la terre. 

Les occupants d’un territoire s’accommodent des avantages et des contraintes pour structurer leurs survies, puis transmettre l’acquis des connaissances en progrès prospère pour leur descendance.



C’est l’horizontalité locale de la terre qui doit être nécessairement reliée à une globalité pour ne pas péricliter par la stase. S'élever, se redresser, accéder à la verticalité en gardant les pieds sur terre pour ne pas finir hors sol, c'est ce que chaque peuple, à quelque échelle territoriale que ce soit, se doit de bâtir solidement pour sa survie en offrant aux futures générations de meilleures conditions de vie. Horizontalité et verticalité s'assemblent alors dans un modèle de société développé en épaisseur temporelle d'une civilisation capable d'intégrer les phénomènes de chaque époque avec notamment l'évolution des idées par l'accès à la connaissance et le rapport de chacun au spirituel, soit tout ce qui nous dépasse.
     

Identité d’un peuple dans son rapport à son temps:


L’identité n’est pas tant celle à laquelle nous prétendons mais plutôt celle que l’autre nous reconnaît. L’autre étant par essence différent, les identités ne sont reconnues que dans leur rapport agissant à leur temps, à leur époque, leur lien au monde et aux opportunités ou menaces qui se présentent depuis le grand autre. 


Une époque exprime la verticalité de la pensée agissante, la volonté globalisante et expansive de la poussée de la vie pour elle même, qui doit être raisonnée et adaptée à chaque environnement local pour ne pas sombrer dans la "démocrature".

L’identité d’un peuple nait donc comme le feu, en frottant deux essences d’arbres différents, son rapport à son environnement confronté à son rapport à son temps.

En MEDOC comme ailleurs, Il n’y a pas d’identité d’un peuple sans culture, il n'y a pas de culture sans le rapport à la terre qui nous nourrie.

Le MEDOC a un destin à révéler tôt ou tard et chaque époque propose plus ou moins opportunément des enjeux particuliers, dans la confrontation entre son origine et l’hyper actualité.

En ce début de XXI° siècle, il s’agit d’assembler l’identité agriculturelle fortement menacée et la transition numérique en expansion, sur un territoire vierge à forte valeur symbolique, en exemplarité pilote d’une Europe forte de l’expérience des guerres et de l’histoire des idées.   

Le régionalisme obéi, à une échelle maltusienne moindre, au même paradigme que le nationalisme.

Il s’agit de réunir sous une bannière commune, des populations rassurées par le partage solidaire de valeurs identitaires à défendre et rattachées à leur territoire, à leur pays qui en son temps, a sécurisé les anciens en leur permettant de devenir paysans sédentaires.

Dans le monde marchand globalisé, le nationalisme s’exprime aujourd’hui principalement en caricature édulcorée notamment lors des grandes manifestations sportives de masse avec le foot-ball comme figure de proue.

C’est l’occasion pour les différentes populations des pays participants de "sortir les drapeaux", la question du retour des nations et du nationalisme occupant alors les débats politiques​.


Le nationalisme oscille entre "nationalisme c'est la guerre” et "nationalisme le replis” comme garantie de démocratie et du vivre ensemble. Aujourd’hui, le pouvoir des multinationales et les enjeux relatifs à la mondialisation s’invitent à la table en déstabilisant l’électorat.
Nous touchons au tabou essentiel des sciences politiques depuis les années 1960. La démocratie est toujours incarnée, depuis l’Antiquité, dans une cité et à l’époque moderne, dans des communautés nationales. 


En franchissant les limites d’une cité, une démocratie sans territoire lisible n’existe pas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a pas de démocratie européenne puisqu’il n’y a pas de territoire européen stabilisé et qu’en conséquence, il n’existe pas de nation européenne.

S’il n’existe pas de démocratie moderne en dehors de la nation, il existe en revanche des nations sans démocratie. Le nationalisme moderne est la forme collective que prend l’émancipation individuelle. La modernité n’a pas produit que des individus épris de démocratie.

Il serait faux, pour autant, d’affirmer que les nationalismes sont responsables de la Première Guerre mondiale. Cette formule a justifié toutes les attaques déconstructivistes contre les nations, après 1945, au nom de la lutte contre le nationalisme.

La Première Guerre mondiale naît du choc entre quatre volontés de conflit non maîtrisables: l’incapacité de Vienne à contenir le bellicisme de Budapest au sein de la monarchie austro-hongroise, conjointement à la volonté du régime tsariste russe, d’effacer la honte de la défaite de 1905 contre le Japon et enfin, le fatalisme du gouvernement et de l’armée allemande qui préfèrent en découdre immédiatement plutôt que de laisser France et Russie se réarmer un peu plus, le tout dans un mélange de haine de l’Autriche catholique et de revanchisme post-1870, largement partagé au sein des milieux dirigeants de la IIIè République. 


En 1914, les peuples partent en guerre par patriotisme, pour défendre la nation. Le nationalisme est surtout le fait de classes urbaines moyennes et supérieures. A l’époque, partout en Europe, ce qui était chic, ce n’était pas d’être bobo mais d’être nationaliste.

La nation est une structuration en pis aller et comme en toute chose, dangereuse si on la magnifie excessivement. La région peut avoir une résonance plus incarnée si l’on tient compte des pays qui la constituent de leurs exceptions paysannes.

L’émergence de la transition numérique doit être instruite en miroir de ce qui nous reste du monde agri-culturel, patrimoine mondial de l’humanité. 


Bien comprise et aimée avec justesse, toute organisation sociale se doit d'être une maison accueillante qui abrite une culture, des moeurs, une histoire, un destin venant révéler un peuple qui en a besoin, pour désirer un devenir meilleur, vivre paisiblement en s’attachant à des singularités exprimant son existence. Mal comprise, transformée en religion, idolatrée, la nation devient fauteur de guerres comme celles que le XX° siècle a subies, ce pourquoi la doxa du politiquement correct préfère parler de patriotisme, bien qu’il ne s’agisse pas tout à fait de la même chose.

Entre elles, les entités politiques se comparent et se concurrencent toujours et la concurrence peut prendre diverses formes. Les Grecs, habitant des cités qui se faisaient la guerre en permanence, avaient pensé que des jeux inter-cités pourraient établir une saine concurrence qui servirait éventuellement d’exutoire. C’est bien là où nous en sommes aujourd’hui. 

Mieux vaut la concurrence dans les stades que sur les champs de bataille entend-on souvent. Est-ce à dire que les politiques ne feraient alors qu’exacerber les volontés des peuples à en découdre, comme s’ils étaient des prestataires pervers basculant tout à tour et suivant leurs intérêts, entre verticalité de l’autorité visionnaire et responsable ou horizontalité de la raison du peuple ségolinisé du genre “ dites moi ce que vous voulez et je le ferai …”  Sur cette question, Lesparre aurait de quoi attraper le tournis, entre un peuple en déculturation progressive qui peine à s’exprimer, ne sachant plus ce qu’il veut et un Maire qui en profite pour guiraudiser du genre “ dites moi ce que vous voulez et je ferai ce que je veux …"   

Le problème réel reste que ni le Maire ni les Lesparrains ne le perçoivent réellement, sauf à dénoncer parfois certaines conséquences du problème. On peut difficilement soigner une maladie non diagnostiquée.On ne peut générer le sentiment d’appartenance à un peuple qu’avec une politique culturelle claire et capable d’être synthétisée en une phrase, un slogan non réducteur d’une ADN compréhensible par tous.

Quand le Maire, enfant du Pays déclare en conseil municipal qu’il n’aime pas le mot Paysan, nous avons accès au symptôme de la maladie par le mal à dire, le sentiment de honte que seuls les humiliés peuvent maquiller d’orgueil.

A Lesparre comme dans la plupart des villes à la campagne, nous sommes encore dans un schéma postmoderne du Ni Ni, ni une ville avec les avantages de son urbanité, ni une campagne fière de son monde paysan. A part les forces contraires de certains, rien ne s’oppose à l’assemblage heureux de cette source dichotomique. La prospérité dépend de la capacité d’un peuple à trouver sa force dans son ADN confrontée à sa contemporanéité. 

Qu’il s’agisse de nationalisme ou de régionalisme, il est nettement préférable que le mouvement opérant privilégie les valeurs démocratiques quand on sait qu’à terme, le nationalisme pour sa part, reste destructeur de la démocratie et de ses évolutions. 
Durant et après la première guerre mondiale, les nations qui ont la pratique la plus ancienne de la liberté, sont celles qui résistent le mieux à la poussée autoritaire, qu’elle soit fasciste ou communiste. Le nationalisme repose sur l’idée qu’il est absolument nécessaire d’unir le peuple contre un ennemi commun révélé, à chercher ou imaginaire. Le bouc émissaire, c’est aussi vieux que l’humanité. Bismarck le sait bien quand il unit l’Allemagne d’abord contre des ennemis extérieurs (Danemark, Autriche, France) puis contre des ennemis intérieurs (catholiques dans les années 1870 puis socialistes dans les années 1880). Mais ce faisant, Bismarck a empêché ce qui était le déploiement normal du sentiment national moderne: le parlementarisme et la démocratie. Bismarck est bien le père du nazisme dans la mesure où il a empêché le sentiment national allemand, conservateur ou libéral, de se déployer naturellement. La rencontre entre le bismarckisme et la Première Guerre mondiale enfante la bête immonde. 
Si le nationalisme est in finé l'instrumentalisation machiavélique du sentiment d'appartenance nationale et du patriotisme, faut-il en changeant d'échelle, appliquer la même analyse au régionalisme qui viendrait alors coloniser le sentiment d'attachement à une région ?

Il y a t-il un mot adapté à la région à poser à la place de Patriotisme ? Le Paysannisme …..??? et que l’on soit agriculteur ou pas, il y a certainement un vocable à trouver comme véhicule pour cette reconnaissance nécessaire envers tous ceux qui pourraient s'y reconnaitre, lorsqu’ils refusent peu à peu de pousser le caddie de leurs misères, tous ceux qui savent que privilégier le circuit court c’est entretenir leur santé tout en entretenant l’identité locale, la transmission du savoir, le lien entre les êtres, la résistance à la dérégulation par l’hyper consommation, tous ceux qui découvrent que le prix de la liberté c’est de pouvoir se passer des services offerts, tous ceux qui savent que si c’est gratuit, c’est qu’ils sont eux mêmes le produit ...
   
Nation, “natus” en latin, renvoie à la naissance, à l’origine. La nation, si elle n’est pas éduquée, est susceptible de tous les emballements, comme une bande d’enfants sauvages livrés à eux-mêmes. La patrie, le patriotisme, renvoient au “pater”, père en latin, donc à l’éducation, à la civilisation, à la transmission. Rousseau est le père du nationalisme moderne et il n’est pas étonnant qu’il ait pensé faux en matière d’éducation. Le nationalisme, dans l’Europe moderne, est souvent venu perturber la croissance naturelle, éduquée, d’un attachement patriotique qui s’exprimait à la fois par une dynastie incarnant la souveraineté et par un parlement organisant la liberté.

Pour qu’il puisse y avoir démocratie, il faut nourrir l’intérêt envers quelque chose en commun. On n’est citoyen que pour s’occuper d’un bien commun, appartenant à une entité. Cependant celle-ci n’est pas forcément une nation. Ce peut être une région, un pays, une ville, un quartier, un immeuble, un concept, une idée… 

Les limites du territoire du nationalisme sont les défis qu'il peut ou ne peut pas soulever dans le monde contemporain. Le danger serait plutôt aujourd’hui une volonté de gommer les entités, nationales et plus particulièrement régionales car plus proche de la terre, pour prétendre faire de nous de purs « citoyens du monde ». Un être humain se construit grâce à un environnement stimulateur de références sensorielles intimes. La vocation d’un gouvernant, à quelque échelle que ce soit, consiste à travailler au maintien et à l’épanouissement du bien commun. In finé, le bien commun devient majoritairement du patrimoine immatériel, vecteur de lien par l’imaginaire collectif en partage. 

Il n’y a rien de honteux, rien d’extrémiste, à avouer sa préférence un peu chauvine pour un territoire qui nous a construit, à condition évidemment que ce ne soit pas la caution pour le replis et le rejet des autres. L’attachement subjectif à son territoire, qu’il soit d’origine ou de choix, doit permettre l’élévation à l’universel, résultante de la somme de ses différences.

Livré à elle-même et sans apport régénérant, toute construction identitaire s’épuise et conduit aux dégâts considérables du chaos comme au XX° siècle avec les dérives version fasciste ou communiste.

La question, pour notre monde est de savoir si nous allons faire réémerger des patriotismes utiles à la croissance et à l’équilibre des corps sociaux. 

A ce stade … il ne s’agit pas de l’enthousiasme éphémère accompagnant une Coupe du monde de football, comme lorsque la jeunesse sur les Champs-Elysées, galvanisée par la victoire de la France en 1998, a laissé la place quelques temps après à des Marseillaises sifflées avant le coup d’envoi des matches.

La question, c’est de savoir comment bâtir une Europe forte de transmissions du patrimoine culturel complexe, de l’héritage politique pluriel, du goût pour le maintien des identités des peuples par le progrès de l’éducation. C’est le soft power culturel capable de résister à l’individualisme absolu qui a lui même succédé aux excès du nationalisme de droite ou de gauche.


Les années qui arrivent doivent permettre à l’Europe projetée depuis mille ans de s’advenir par la reconnaissance des peuples, pour que chaque individu puisse placer naturellement devant son identité agri-culturelle, le préfixe EURO, pour la survie indispensable du corps social. 

A l’échelle de notre ville de Lesparre-Médoc, il serait souhaitable qu’indépendamment d'une perspective EUROMEDOCAINE, il soit possible d’accéder à minima au talent nécessaire à cette ambition, ne serait-ce qu'en rendant visible ce qui réuni les 52 communes du Médoc, non pas avec seulement 52 fois l'église au milieu du village, mais 52 clochers dans les arbres d'un seul territoire, un futur Parc Naturel de Région pour l'intérêt envers la nature et l'environnement d'une part et un Pays Médoc pour ceux qui l'occupent culturellement et civilationnellement comme un Pays occupé par des Paysans, en charge d'assurer l'autonomie alimentaire de son peuple. 

Ici Com'ailleurs et peut-être Ici Plus qu'ailleurs, comme pour tout autre territoire matériel ou immatériel, le Médoc ne peut exister que dans son rapport agri-culturel entre l'homme et son territoire.



  
Le talent c’est être de son temps, 
le génie c’est inventer son temps.

jpa pour ALV 

mardi 3 janvier 2017

Le MEDOC dans tous ses états


Le MEDOC / Eléments de diagnostic



Synthèse:  
Atouts / Faiblesses / Opportunités / Menaces  
• Un territoire presqu’îlien avec une forte identité et des contrastes sociaux et économiques importants.
• Un territoire de projet qui ne joue pas toujours collectif, ce qui peut freiner les dynamiques à l’oeuvre tant sur le plan économique, social que culturel, malgré un pays et un futur parc naturel régional (PNR) pour le MEDOC.
• Un territoire pluriel géographiquement organisé autour du littoral forestier et de l’estuaire viticole avec un poids croissant de la Métropole sur la partie Sud du MEDOC, qui n’est pas sans conséquence sur le vivre ensemble.
• Un territoire marqué par une diversité des filières économiques en mutation : agriculture, viticulture, aquaculture, sylviculture, tourisme, industrie des composites, réseau de TPE et de PME. Le MEDOC enregistre le plus grand nombre de création de PME / TPE de la Gironde. Toutefois, de très fortes inégalités existent et provoquent des tensions sociales.
• Un territoire attractif par son capital patrimonial et paysager qui est une source de richesse à développer par une organisation adaptée et une vision partagée. C’est l’un des enjeux du futur PNR.

.Parcours de vie
Un territoire dont les indicateurs de précarité sont élevés sur le secteur Lesparre et Pauillac,
précarité due à certaines caractéristiques (saisonnalité, enclavement géographique…). Pour
autant, le MEDOC peut s’appuyer sur un fort potentiel de développement économique, social, touristique et culturel (attractivité démographique, potentiel touristique, richesse
environnementale…), sur une dynamique de projets (contrat local de santé, PNR…) et sur
des acteurs très impliqués dans le domaine social.
Le MEDOC peine encore, faute des moyens, à corriger une inéquité territoriale particulièrement sensible dans certains domaines : santé, enfance, insertion…

Vivre ensemble
Un territoire riche de ressources patrimoniales propices à une vie locale dynamique et à
un référentiel commun qu’il convient de mieux organiser et valoriser.
Une offre culturelle et associative présente mais pas fédérée autour d’une politique
commune médoquine.
Un environnement favorable au développement de pratiques sportives mais qui se heurte
au manque de ressources associatives.
La nécessité d’aller vers un « territoire de vie » qui organise l’accueil de populations
nouvelles, l’accueil de saisonniers et des populations sédentaires (certaines en fragilité).

Capacité de développement
Un territoire accessible pour les populations nouvelles qui viennent de l’agglomération
(en raison des prix abordables du foncier et de l’immobilier en 2ème et 3ème couronne
notamment), mais où la dynamique démographique se fait au détriment du tissu urbain et
de l’armature historique des centres bourgs (dont le rôle structurant est à conforter) mais
aussi des espaces naturels et agricoles.
Ce modèle de développement, lorsqu’il n’est pas planifié, rend difficile l’accès au logement
des personnes vulnérables et génère des besoins nouveaux en services, difficilement
satisfaits.
Conséquence de sa géographie et de sa faible densité, le MEDOC est le territoire où
la mobilité est la plus forte. Pour autant, il est confronté à des problématiques de
déplacements internes, mais également externes en raison de l’augmentation des
déplacements pendulaires avec l’agglomération.

Économie
Les difficultés de mobilisation de projets d’implantations industrielles ne doivent pas cacher
l’existence de PME liées à la haute technologie et d’implantations de nombreuses TPE.Une mobilisation des acteurs économiques et politiques est en cours pour redynamiser l’avant-port du Verdon d’une part et créer une zone d’équilibre économique autour des composites à Lesparre d’autre part...
L’économie reste toutefois sous forte influence de la saisonnalité pour deux de ses principales filières : la viticulture et le tourisme.
Les conséquences du recul du trait de côte doivent amener à une diversification de l’offre touristique (oenotourisme, itinérance, tourisme fluvial…) et à une relocalisation des activités sur le littoral. Les espaces et paysages préservés sont des atouts à valoriser.
Il existe en MEDOC, un fort potentiel de développement et d’accueil touristique à professionnaliser. L’agriculture, richesse traditionnelle du Médoc, est confrontée à plusieurs difficultés : déprise agricole, crise d’une certaine viticulture familiale, difficultés d’adaptation du massif forestier, manque d’intérêt des jeunes pour les métiers agricoles. Mais d‘anciennes activités semblent renaître grâce à la qualité des ressources environnementales et à des innovations : gemmage, ostréiculture.
Mais l’émergence d’une dynamique collective à travers le projet de PNR est en cours (attractivité du patrimoine naturel, historique, des paysages) à laquelle il est impératif d’adjoindre une volonté de développement économique.

Qualité de vie
Une vigilance est de mise sur la consommation d’espace par l’urbanisation au détriment de certains paysages identitaires (perte des pâturages, disparition des haies et des canaux, marais et zones humides comblés, forêt « grignotée »), sans organisation générale et sans maîtrise des interfaces entre les parties naturelles, agricoles, forestières et bâties. Des formes urbaines et une architecture qui se banalisent (faisant peu référence à l’architecture
locale), des lotissements et des zones d’activités se multiplient.
Les espaces naturels sont de grandes étendues, peu fragmentées et à très forte valeur patrimoniale et paysagère : cordon dunaire, forêt dunaire, grands lacs, Estuaire de la Gironde, mattes et palus, marais estuariens, grande forêt de pins maritimes sur le plateau.
Mais le changement climatique fragilise les espaces littoraux (montée des eaux), la forêt (risque accru de tempêtes) et l’estuaire (augmentation de la température de l’eau).
Une ressource en eau disponible en quantité mais fragile :
• risque de dégradation des nappes souterraines par intrusion d’eau marine en bordure de l’estuaire.
• pressions qualitatives au Sud-Est du MEDOC (région d’Arsac) : domaine minéralisé (problème de dépassement des seuils règlementaires en fluor, forte teneur en
fer…).
• pression quantitative dans le Sud-MEDOC, qui connaît un afflux constant d’habitants : les besoins futurs sont supérieurs à la capacité de production en eau potable.
Sur l’eau comme sur la gestion des déchets, une politique coordonnée à l’échelle du MEDOC serait nécessaire.

Le MEDOC / Les enjeux


Promouvoir le territoire autour d’une gouvernance partagée
Malgré un fort sentiment identitaire, la multipolarité des gouvernances freine l’émergence d’une stratégie globale de territoire. Il conviendrait de mettre davantage en synergie et en valeur les initiatives et ressources locales et d’accompagner le portage et la réalisation des projets. Il serait nécessaire de favoriser l’émergence d’actions porteuses de cohésion sociale, économique, de qualité de vie… en mettant les habitants au coeur du projet territorial

Rompre l’isolement géographique & 
Soutenir les actions socio-économiques : 
"s’adapter au MEDOC"
Il existe encore un isolement géographique et social sur la partie Nord de la presqu’île.
L’accès aux droits fondamentaux est déterminant.
Un accent particulier doit être mis sur les jeunes. La jeunesse médoquine se trouve confrontée à un paradoxe : une volonté de rester sur un territoire dont elle a une image
positive, tout en étant consciente du manque de ressources pour son avenir.
• Garantir l’accès aux droits fondamentaux : santé, éducation, culture…
• Garantir une accessibilité de tous aux services publics : préserver la proximité.
• Lutter contre la précarité : insérer, impliquer, former. Contribuer à forger un autre regard sur les ressources du territoire pour développer de nouvelles activités économiques.
• Garantir un accompagnement professionnel.
• Garantir l’accessibilité par les transports, notamment sur les réseaux transversaux en grand déficit.
• Faire du numérique un enjeu de rapprochement économique, social, culturel et territorial

Le MEDOC territoire de vie et de citoyenneté, ouvert à tous: 
"Mettre en réseau"
Il y a lieu de penser autrement et collectivement la création et l’utilisation des équipements pour mieux animer le territoire.
• Mailler le territoire en équipements de vie adaptés: tiers-lieux, médiathèques, équipements sportifs, couverture numérique…
• Favoriser la dynamique associative par les échanges et la coordination entre acteurs et le soutien aux projets associatifs.
• Renforcer la citoyenneté : promouvoir une politique de médiation, y compris numérique, en fédérant les acteurs du vivre ensemble (éducatifs, culturels, sportifs...).

Maîtriser l’espace : 
"la richesse du MEDOC, c’est lui-même"
L’enjeu sur ce territoire repose sur :
• Un équilibre entre l’organisation d’un développement raisonné de l’urbanisation et le respect de la protection des richesses et des ressources patrimoniales (naturelles et culturelles).
• La revitalisation des bourgs ruraux autour de services, d’emplois et d’équipements.
• La préservation et la valorisation des espaces. Le PNR est une opportunité.
• L’élaboration d’une politique touristique comme vecteur économique: structurer les acteurs du tourisme autour de la destination et de la marque MEDOC.
• Penser la ressource en eau dans une logique de solidarité départementale

Le MEDOC territoire d’initiatives : 
l’exigence de la formation / 
l’opportunité de l’Économie sociale et solidaire / 
la transition numérique /
Le MEDOC doit devenir un territoire d’excellence et d’innovation et s’ouvrir aux initiatives
structurantes afin de renforcer la notion du vivre ensemble et son attractivité.
• Faire de la formation un enjeu majeur.
• Développer de nouveaux partenariats avec le monde de l’entreprise pour revaloriser certaines filières.
• Poser l'économie sociale et solidaire comme la matrice des futurs projets et inventer des accompagnements avec les parties prenantes de l’économie.
• Choisir le MEDOC comme un territoire pilote en matière de numérique (e-territoire), tant pour faciliter l'accès des habitants aux services (ex.: e.santé, télétravail, ...) que pour faciliter son attractivité, susciter des projets innovants, attirer de jeunes entrepreneurs...  faciliter son des entrepreneurs, revaloriser et moderniser la saisonnalité par l'accueil, l'échange et la formation.

Le MEDOC / Les leviers



Un territoire à promouvoir 
autour d’une gouvernance partagée

AVEC LES LEVIERS :
• Par la nécessité de renforcer la mise en réseau, de fédérer les acteurs, tant les collectivités institutionnelles que les autres (privés, associatifs…), revalorisant son image, ses actions et ses habitants.
• Par la mise en place du PNR.
• Par la mise à disposition d’une ingénierie et d’un accompagnement à la maîtrise d’oeuvre urbaine et rurale : aide à la mutualisation, accompagnement de la structuration intercommunale (fusion/regroupement) et du transfert des compétences.

Rompre l’isolement géographique, 
soutenir les actions socio-économiques : 
« s’adapter au MEDOC »

AVEC LES LEVIERS :
• Par une nouvelle offre d’accueil des professionnels de santé (mode d’exercice regroupé / projet santé territoire, e-santé).
• Par l’émergence d’équipements faisant lien : santé, médiathèque, culture, transport, sport…
• Par des liens à vivre « vers et par » l’estuaire : gestion des bacs Le Verdon / Royan et Lamarque / Blaye - accès au bassin d’emplois des territoires voisins (traversée vers et depuis la Charente maritime et la rive droite girondine).
• Par la nécessité d’élever le niveau et l’offre éducatifs.
• Par la mise en place, sur le MEDOC, de formations professionnelles adaptées aux besoins du territoire (tourisme, bois, viticulture, sport…).
• Par l’accès au numérique.
• Par une offre de transport adaptée aux besoins spécifiques des populations captives et complémentaire à l’offre structurante répondant aux besoins de déplacements pendulaires vers la métropole et à l’intérieur du territoire.
• En accentuant la présence des services départementaux dans les collèges (information, mise en réseau avec les associations…).
• Par l’accompagnement des collectivités et des associations dans la définition et la mise en oeuvre des politiques dédiées à la jeunesse.

Faire du MEDOC un territoire 
de vie et de citoyenneté, ouvert à tous. 
Mettre en réseau

AVEC LES LEVIERS :
• Par la co-construction, avec les parties prenantes, de projets de développement artistique et culturel de territoire susceptibles d’alimenter les parcours éducatifs et citoyens des enfants et des jeunes.
• Par la structuration du tissu associatif et des projets fédérateurs.
• Par un développement de l’accès à une pratique sportive plus large en s’appuyant sur le Plan départemental des espaces et sites d’itinérance axé sur le développement maîtrisé des sports de nature.
• Par le soutien aux actions permettant de compenser la pénurie en piscine (rénovation, création de piscines intercommunales, conventions avec les structures privées…).
• Par l’ouverture des équipements sportifs des collèges à la vie locale, en concertation avec l’ensemble des acteurs potentiels.

Maîtriser l’espace : 
La richesse du MEDOC, c’est lui-même

AVEC LES LEVIERS :
• Par des formes urbaines durables, l’aménagement des bourgs…
• Par un équilibre spatial pensé dans son ensemble (habitat / déplacement & infrastructure / activité économique / assainissement / gestion des déchets / préservation des ressources / inondations / …).
• Par la mise en place d’outils de planification foncière de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, de réserves foncières, par une action sur les dents creuses et en faveur de la diversification des habitats. Ce levier est conditionné par la mise en place d'une stratégie de planification spatiale au niveau intercommunal.
• Par l’accompagnement des petites communes qui voient leur population fortement augmenter pour améliorer le vivre ensemble.
• Par un accès à une eau de qualité à tous les Médocains.
• Par la mise en place de ressources en eau de substitution, accessibles à tous les Girondins.
• Par la mise en place d’outils de gestion agro-environnementaux, et de gestion hydraulique des marais et zones humides.
• Par la mise en place d’une gouvernance concertée des nombreux acteurs de protection de l’environnement de ce territoire.

Le MEDOC territoire d’initiatives : 
l’exigence de la formation, 
l’opportunité de l’Économie sociale et solidaire 
et la transition numérique

AVEC LES LEVIERS :
• Par un territoire à dynamiser du point de vue économique qui peut devenir le laboratoire de la lutte contre la précarité en pensant un projet associant les besoins sociaux, les besoins de services publics et l’accueil d’entreprises, mais aussi les infrastructures de transport.
• Par l’ESS, clé de voûte d’une économie à privilégier : création expérimentale d’un fond de soutien à l’ESS pour accompagner les projets innovants dans tous les domaines : agriculture, culture, tourisme, patrimoine, ressources naturelles...
• Par le tourisme à promouvoir :
- Appuyer la structuration et la professionnalisation des offices du tourisme.
- Développer l’industrie touristique en sortant de la « monoculture balnéaire » par la mise en tourisme de tout le territoire.
- Développer de nouvelles formes de tourismes (fluvial, sportif, nature, santé, culturel, oenotourisme…).
- Accompagner en structurant la saisonnalité d’accueil et de formation.
- Soutenir une action branding « destination MEDOC ».
• Par le développement de l’économie circulaire et des circuits courts en agriculture, en forêt.
• Par la relance de certaines pratiques historiques (gemmage, ostréiculture…).
• Par des relations plus étroites à tisser avec le GPMB / Grand Port Maritime de Bordeaux.