mardi 13 octobre 2015

L'éolien entre terre & mer

L'éolien sur terre, c'est de la folie, 
l'éolien en mer c'est de la folie furieuse.


par Bernard Durand, 
géochimiste des combustibles fossiles,
ex-directeur de la division Géologie-Géochimie de l'IFPEN,  
ex-directeur de l'ENS de Géologie. 










Débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). 
Ce dispositif aura comme conséquences le développement au forceps de l’électricité éolienne en France.

Le débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) bat son plein. Cette PPE, on l’a vu très clairement au cours du débat, aura comme conséquences, le développement au forceps de l’électricité éolienne en France. Car on nous l‘a sans arrêt répété, quelle que puisse être la valeur des arguments des opposants qui se sont manifestés, la loi (Loi sur la transition énergétique et la croissance verte, LTECV) est la loi, et elle sera appliquée telle quelle, aussi irrationnelle et contradictoire qu’elle puisse être ! Pourquoi un débat alors ? 

Résumons ce qu'au cours de ce débat ont dit d'un tel développement de très nombreux ingénieurs et scientifiques connaissant bien la question, comme par exemple des membres des groupes "Energie" de l'Académie des Sciences et de l'Académie des Technologies, cela sans que leurs mises en grade aient semble-t-il le moins du monde ébranlé les "convictions" de la puissance publique.

La République, on le vérifie de plus en plus en ce moment, n'a pas besoin de savants, tout comme ses élus, elle sait, un point c'est tout ...

Les arguments des ingénieurs et scientifiques

- il n’y a aucun besoin en France d’électricité éolienne, car chacun, sauf quand les lignes électriques sont détruites par le vent, est déjà correctement approvisionné. Et on en aura encore moins besoin si comme le voudrait notre gouvernement, notre consommation d’électricité doit diminuer.

D’autre part l’électricité éolienne ne peut : - ni faire diminuer significativement les émissions de CO2 de notre production d'électricité, car celle-ci n'en émet déjà que très peu (La France est dans ce domaine le champion des grands pays industrialisés), grâce à nos réacteurs nucléaires et à nos centrales hydroélectriques.ni permettre par elle-même de fermer des réacteurs nucléaires, car ceux-ci sont pilotables, c’est-à-dire gouvernés par la volonté humaine et non seulement par la météo, comme l’est l’éolien. Il est donc indispensable d’en conserver la puissance totale pour faire face aux jours sans vent, bien plus nombreux qu’on ne le dit, et cela à l’échelle de l’Europe toute entière. 


Pour fermer des réacteurs nucléaires, il faudrait pour l’essentiel les remplacer par d’autres centrales pilotables, à gaz ou à charbon comme en Allemagne, et donc augmenter nos émissions de CO2 et notre pollution atmosphérique.

Même si son prix à la production diminuait encore avec le temps, son développement en France, comme d’ailleurs celui du solaire photovoltaïque, n’en ferait pas moins inévitablement beaucoup augmenter le prix de l’électricité pour les ménages, comme cela est déjà depuis longtemps le cas en Allemagne, et comme cela a commencé en France dès la mise en œuvre du programme éolien du Grenelle de l’Environnement de 2007*. 
En effet, la nécessité de conserver la même puissance totale de centrales pilotables pour faire face aux jours sans vent en Europe, fait que la puissance installée d’éolien (et de solaire PV) s’ajoute à celle des centrales pilotables et ne peut pas la remplacer. 


Il y a donc double investissement pour produire la même quantité d’électricité. Cela restera le cas tant que l’on ne saura pas stocker d’énormes quantités d’électricité, ce qui n’arrivera peut-être jamais.                                                                                                                 
Et si stockage il y a un jour, son prix s’ajoutera à celui de l’éolien.                                                         
Il faut construire des lignes électriques supplémentaires, et renforcer le réseau électrique pour résister aux énormes variations de puissance de l’électricité éolienne, plus grandes encore que celles de la vitesse du vent. Et il faut même subventionner les centrales pilotables : en effet, elles doivent partager la production d’électricité française avec l’éolien (et aussi le solaire PV). 
Elles deviennent donc beaucoup moins rentables, faute d’une production suffisante, et sans ces subventions elles devraient mettre la clef sous la porte, alors même qu’elles sont indispensables.
Tout cela a un coût, qui s’ajoute au coût de production. Mais les médias sont muets à ce sujet.

Une électricité en fait non renouvelable et incapable d’assurer la sécurité électrique d’une nation

Contrairement à la croyance « populaire », si le vent est renouvelable, l’électricité éolienne ne l’est pas puisqu’elle ne peut être utilisée sans le soutien de centrales pilotables utilisant des énergies non renouvelables (principalement combustibles fossiles en Allemagne, et énergie nucléaire en France). La fin de ces énergies non renouvelable signifiera aussi la fin de l’éolien. Elle ne peut donc à elle seule, ni garantir la consommation d’électricité, ni la sécurité à long terme de l’approvisionnement électrique, que ce soit en France ou ailleurs en Europe.
Pour les mêmes raisons elle ne peut à elle seule assurer l’autonomie électrique d’un territoire ou d’une région, ni a fortiori son autonomie énergétique, puisque l’électricité ne représente qu’environ 25 % des besoins énergétiques d’une communauté.

Une énergie antisociale

Le développement des électricité intermittentes est antisocial, car leur mécanisme de financement par des taxes sur la consommation d’électricité et maintenant sur celle de carburants appauvrit les pauvres pour enrichir les riches.
L’importance de la place qui est nécessaire à l’éolien pour produire des quantités significatives d’électricité fait que son développement entraînera l’inhabitabilité de surfaces très importantes, des conflits d’usages et d’intérêts croissants, des destructions de l’environnement et la défiguration des paysages ruraux de régions entières.

Un mensonge d’Etat

Ces observations contrastent fortement avec son image idyllique actuellement imposée avec insistance par tous les moyens d’information, qui véhiculent jour après jour ce qui ressemble fort à un mensonge d’Etat.

Nos élus, préoccupés à juste titre par l’amélioration du quotidien de leurs administrés, sont motivés exclusivement par les subventions qui leur sont octroyées par les promoteurs, sans réaliser qu’ils entraînent ainsi notre pays dans une impasse, celle justement où vient de se fourvoyer l’Allemagne. Et les subventions en question sont en fait payées par leurs électeurs, qui commencent seulement à le réaliser.
Notre gouvernement en la matière se conduit également de manière irresponsable, en s’accrochant malgré tous les avertissements donnés par les milieux scientifiques à une loi, la Loi pour la Transition Energétique et la Croissance Verte (LTECV), dont les objectifs affichés sont irréalistes et contradictoires. C’est de l’autisme ...

La folie éolienne

Oui, c’est de la folie, l’éolien en mer, c’est même de la folie furieuse ! 
Comment qualifier autrement le fait de payer des sommes astronomiques, bien supérieures à celle de l’EPR à production d’électricité équivalente*, pour produire une électricité inutile, et même inutilisable sans le soutien de centrales pilotables, et en même temps dégrader l’environnement dans des zones Natura 2000, ou dans des parcs naturels marins qui devraient être des sanctuaires environnementaux. 


Le plus scandaleux est que cela se fait avec le soutien des grandes ONG qui se réclament de la défense de l’environnement : FNE, WWF, Greenpeace. De plus, les 2/3 des sommes dépensées iront à l’étranger. Il n’y aura pratiquement pas d’emplois permanents en France, et même les installateurs viendront en majorité de l’étranger **.


Tout cela contribuera à la déconsidération de l’action publique dans notre pays, mais aussi à élargir le fossé qui se crée actuellement en France entre les milieux politiques et les milieux scientifiques. 



Mais surtout, persister dans cette voie, c’est dépenser des fortunes pour quelque chose qui ne sert à rien, dégrade l’environnement, et met en danger le système électrique français et européen, alors qu’il y a d’énormes besoins ailleurs. 

Il est grand temps de se ressaisir !

Bernard Durand / Géochimiste des combustibles fossiles  

* Voir 

** Voir 


Depuis 2013, Lesparre-Médoc 
semble devenir une zone de convoitise susceptible de recevoir 
un projet de parc éolien terrestre  
dont beaucoup d'autres ne veulent pas. 

Le groupe Autrement La Ville 
s'opposera fermement 
à ce genre de projet 
faussement vertueux 
et qui instrumentalise 
la préoccupation environnementale. 
   
jpa pour ALV 







lundi 21 septembre 2015

L'éolien offshore


Les éoliennes offshore sont conçues pour fonctionner sur le même principe que les éoliennes terrestres en conditions extrêmes.


Elles utilisent l'énergie du vent pour la transformer en électricité. La différence entre une éolienne traditionnelle et une éolienne offshore, est que ces dernières résistent à des conditions difficiles. Elles peuvent aussi bien être ancrées au fond de la mer que fixées au sol.

Elles sont équipées pour résister à des vents très forts ainsi qu'à la corrosionPar rapport au terrestre, l'éolien marin possède un atout de taille, la mer étant plane, les vents rencontrent peu d'obstacles. Ils sont donc plus soutenus, plus réguliers et moins turbulents que sur terre. Ainsi, à puissance égale, une éolienne offshore peut produire jusqu'à 2 fois plus d'électricité qu'une éolienne terrestre. 

En revanche, une éolienne offshore coûte encore 30 à 50% plus cher qu'une éolienne terrestre. L'installation, la maintenance et les réparations prennent plus de temps. Elles sont également plus compliquées, donc plus coûteuses.

En outre, l'installation d'éoliennes offshores nécessite de mettre en place un raccordement électrique entre la terre et le parc d'éoliennes.


Implanter un parc éolien en mer risque toujours de perturber les écosystèmes marins. Les éoliennes offshores peuvent être implantées sous la mer. Elles sont alors équipées de capteurs spécifiques qui permettent de contrôler leur fonctionnement. Elles comportent des systèmes permettant de contrôler et réguler l'humidité et la température, pour enrayer la corrosion interne.

Les équipements sont situés dans la nacelle, partie à l'arrière de l'hélice qui régit le fonctionnement de l'éolienne et également dans la tour tige, qui tient l'hélice et la nacelle. Deux grues hydrauliques dans la nacelle, servent  aux opérations de manutention.  

Depuis plusieurs décennies, tout projet éolien suscite les débats entre ceux qui soutiennent et ceux qui s' opposent à ce modèle de récupération d'énergie. 

A l'heure de la transition environnementale et de la lutte contre le réchauffement climatique, il faut s'attendre à vivre très prochainement la polémique en Médoc, notre territoire étant particulièrement convoité pour son exposition atlantique.

 jpa pour ALV 

lundi 17 août 2015

L'éolien Urbain à taille humaine

Les bâtiments à énergie positive, 
une réflexion à mener made in France 
pour un marché d'actualité. 


Des petites éoliennes à taille humaine, 
sur le toit des bâtiments, 
C'est le pari de la start-up lilloise Unéole.


Après avoir défiguré l'environnement paysager de nos campagnes, les moulins à vent de la démesure pourraient s'adapter en ville à taille humaine. 

Le fondateur d'UnéoleQuentin Dubrulle, propose à la citadelle d'Arras dans le Pas-de-Calais, une nouvelle génération d'éoliennes

La start-up vient de mettre au point une machine urbaine, design et silencieuse. De taille modeste (3 mètres de hauteur sur 2 de largeur), elle se pose facilement sur les toits plats des bâtiments. Quant à son axe de rotation, il est vertical pour mieux capter les vents tourbillonnants en ville. Petit plus: la conception made in France et les matériaux écolos. Les pales sont en composite à base de fibre de lin, une plante endémique des Flandres, la structure en aluminium recyclé vient de Dunkerque et 95 % des fournisseurs se situent dans les Hauts-de-France.

Construire l'éolienne de ville 
la moins chère du monde

Dans la foulée, il intègre Le village by CA, la pépinière de start-up du Crédit agricole, à Lille, et recrute huit personnes pour construire la première version de l'éolienne. Les vents lui sont favorables et l'entreprise, labellisée French Tech par Bpifrance, collectionne vite les trophées. 

A LESPARRE COM'AILLEURS
rien n'interdit d'étudier localement toute alternative, 
prioritairement alimentaire et énergétique,
visant  à plus d'autonomie,
et donc à plus d'économie, 
face aux pressions lobbystiques, 
qui proposeront toujours 
de nous rendre dépendants à vil prix.

jpa pour ALV  

lundi 13 juillet 2015

Les hauts liens entre paysages & territoires


Les effets indésirables et catastrophiques des éoliennes sur nos paysages, 
nos territoires et nos monuments historiques


Pierre Dumont et Denis de Kergolay se sont intéressés au développement de l'énergie éolienne en France. Ils viennent de publier "Eoliennes : chronique d'un naufrage annoncé" aux éditions François Bourin. Ils abordent notamment dans cet ouvrage l'opposition croissante de la part des riverains contre les éoliennes qui menacent leur environnement et leur santé. De plus en plus de citoyens sont en effet révoltés par le saccage de leurs paysages et le gaspillage des deniers publics. 

Pierre Dumont 

Chef d’entreprise, société familiale bicentenaire, elle-même engagée dans d’autres énergies renouvelables. 

Fermement engagé depuis de nombreuses années, dans un combat acharné pour préserver des éoliennes, les sites emblématiques du pays de George Sand et de la Vallée des Peintres, entre Bas-Berry et Creuse.



Le choc est brutal lorsque l’on constate l’indifférence de nos dirigeants de tous bords face à la question de la destruction des paysages. À entendre les responsables politiques discourir à l’envi sur les atouts de la France et évoquer, en tête de liste, ses paysages et la beauté et l’authenticité de ses territoires, on ne peut qu’être pris de vertige devant cette contradiction flagrante : ceux-là mêmes qui mettent en avant la diversité des paysages français et le capital qu’ils représentent pour notre industrie touristique sont aussi les promoteurs de l’énergie éolienne, et donc les fossoyeurs de ce capital naturel, culturel et économique. 
Le silence assourdissant, sur cette question essentielle, des ministres de la Culture qui se sont succédés depuis l’élection de François Hollande en 2012, est stupéfiant ! Sauf à considérer que les paysages et les monuments de la France ne font pas partie de notre culture… Pourtant, selon la Convention européenne du paysage ratifiée par la France en 2006, « le paysage non seulement constitue une composante essentielle du bien-être individuel et social, mais il est aussi l’expression de la diversité du patrimoine naturel et culturel des populations, tout comme le fondement même de leur identité ». 


Le choc est brutal lorsque l’on constate l’indifférence de nos dirigeants de tous bords face à la question de la destruction des paysages. À entendre les responsables politiques discourir à l’envi sur les atouts de la France et évoquer, en tête de liste, ses paysages et la beauté et l’authenticité de ses territoires, on ne peut qu’être pris de vertige devant cette contradiction flagrante : ceux-là mêmes qui mettent en avant la diversité des paysages français et le capital qu’ils représentent pour notre industrie touristique sont aussi les promoteurs de l’énergie éolienne, et donc les fossoyeurs de ce capital naturel, culturel et économique. Le silence assourdissant, sur cette question essentielle, des ministres de la Culture qui se sont succédés depuis l’élection de François Hollande en 2012, est stupéfiant ! Sauf à considérer que les paysages et les monuments de la France ne font pas partie de notre culture… Pourtant, selon la Convention européenne du paysage ratifiée par la France en 2006, « le paysage non seulement constitue une composante essentielle du bien-être individuel et social, mais il est aussi l’expression de la diversité du patrimoine naturel et culturel des populations, tout comme le fondement même de leur identité ». Récemment, une commission a été constituée pour remplir la mission d’évaluation et de propositions visant à sauvegarder les monuments et les sites de la France. Mais, au même moment, le déploiement du plan de prolifération des éoliennes terrestres est envisagé par le ministre de la Cohésion des territoires, avec un projet de loi permettant aux maires de s’affranchir de l’avis des architectes des bâtiments de France, derniers remparts contre la destruction du patrimoine bâti. Quand on présente l’objection que ces éoliennes ont pour effet d’altérer nos paysages, nos sites et nos monuments historiques, on se heurte à plusieurs types de réponses. La première est le déni. On vous fait valoir que les considérations de protection du paysage sont déjà prises en compte. Les promoteurs insistent sur le cadre réglementaire qu’ils estiment déjà très contraignant : la distance de cinq cents mètres entre une éolienne et les habitations, l’enquête publique, les avis des différentes administrations… Le deuxième type de réponse, c’est la reconnaissance partielle… En privé, certains, dans les cercles du pouvoir, ont l’honnêteté de ne pas nier l’impact des éoliennes sur les paysages, les sites et les monuments. Mais ils utilisent l’argument archi-usé de la résignation : « On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs… » Toutes proportions gardées, c’est l’argument que l’un des auteurs de ce livre se voyait déjà opposer, quand, diplomate à Bangkok en 1977, il entendait des membres éminents du Quai d’Orsay et des personnalités politiques lui répondre, lorsqu’il les alertait sur le génocide qui se déroulait au Cambodge, à quelques kilomètres de là : « C’est logique, c’est une révolution. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. » Plus tard, un rescapé de ce génocide, Pin Yathay, a donné comme titre à son témoignage, L’Utopie meurtrière… Donc, puisque l’objectif prioritaire de la transition énergétique est de « sauver la planète », tant pis s’il doit y avoir quelques dégâts collatéraux… Cette indifférence à l’égard de nos paysages, de nos sites et monuments, bref de tout ce qui fait l’identité de la France, est une expression du cynisme et de l’inculture. 

Au nom de la modernité, nous avons déjà défiguré les abords de nos villes, 
truffés de zones commerciales certes utiles, 
mais pour lesquelles aucun effort d’intégration n’a jamais été fait, 
contrairement à d’autres pays d’Europe, comme l’Angleterre. 

Et nous nous acheminons tranquillement 
vers un massacre du même type dans nos campagnes.


L'essor des éoliennes en France, 
destructrices du patrimoine 
et de notre potentiel touristique, 
n’obéit à aucune logique 
climatique ou économique. 

Il donne lieu à des montages financiers 
souvent opaques
qui ne profitent qu’à un petit nombre d’initiés, 
alors que c’est l’ensemble des Français qui, 
par leurs impôts et les taxes 
perçues sur les factures d’électricité, 
supportent le coût insensé 
de cette politique irresponsable. 


Dès 2008, Valéry Giscard d’Estaing dénonçait, à propos de l’éolien, « un gaspillage inacceptable des fonds publics, un discours officiel trompeur, un “business” souvent douteux ». Déjà, tout était dit ! Rappelons la duperie financière sur laquelle est fondée et prospère l’énergie éolienne en France. À l’origine du « système » figure l’obligation faite à EDF d’acheter l’électricité éolienne à un prix très supérieur au prix du marché.

Ce dispositif était le prix à payer pour convaincre les opérateurs de se lancer dans l’aventure. Sans lui, il n’y aurait pas d’éoliennes en France.
A la suite de recours d’opposants auprès de la Cour de justice de l’Union européenne, la France fut contrainte d’abandonner ce modèle de subvention. Mais qu’à cela ne tienne : il suffit de le remplacer par un autre système de soutien. 
Ainsi, désormais, les producteurs d’électricité d’origine éolienne doivent vendre eux-mêmes leur énergie sur le marché de gros, mais perçoivent une prime dans le cas où la différence entre le tarif de référence et le prix du marché est positive. Dans le cas où cette différence est négative, ce qui n’arrive évidemment jamais, ils sont censés reverser le surplus perçu. La décision de la Cour de justice de l’Union européenne a donc été contournée. L’attrait financier pour le promoteur reste le même.
Cette obligation d’achat est renforcée par la loi NOME (Nouvelle organisation des marchés de l’électricité) du 7 décembre 2010, qui oblige EDF à revendre à ses concurrents 25 % de sa production à 42 euros le MWh alors qu’elle est contrainte de l’acheter 85 euros aux producteurs éoliens. 
Depuis lors, un arrêté a fixé le tarif de référence pour l’éolien terrestre à 82 euros le MWh pour les dix premières années du contrat, ce tarif variant selon la durée annuelle de fonctionnement pour les cinq années suivantes. Ce dispositif s’applique aux installations comprenant au maximum six éoliennes de moins de trois MW chacune. Au-delà, le niveau de rémunération est déterminé par une mise en concurrence dans le cadre d’un appel d’offres. Dans la pratique, les promoteurs se sont immédiatement adaptés à cette « contrainte » apparente, en développant des parcs de six éoliennes maximum – juste en deçà du seuil de l’appel d’offres –, favorisant le mitage du territoire. Alors que le prix de gros de l’électricité en France est passé de 60 euros le MWh en 2011 à 35 euros le MWh …
Ce système est à ce point tentant qu’il est à l’origine de la « bulle » de l’éolien qui s’est créée au milieu des années 2000 lorsque, sous la pression des États, les grands producteurs d’énergie ont commencé à s’intéresser aux énergies renouvelables. 
De grandes institutions telles que le Crédit Agricole, la Caisse des Dépôts, Engie, EDF Énergies Nouvelles, mais aussi des entreprises étrangères, comme Ikea ou Abo Wind, ont développé des filiales spécialisées dans la promotion éolienne. 
D’où l’« écumage » systématique du territoire français, commune après commune, par des prospecteurs à l’affût du moindre terrain disponible. 
Comme nous le confiait récemment un avocat sollicité par des opposants aux éoliennes, « il est difficile de s’opposer aux éoliennes. Il y a trop d’argent à gagner »

Mais il y a aussi les perdants du système : ceux qui le financent– à leur insu –, à savoir  les ménages français et tous les consommateurs d’électricité.

Extrait de  "Eoliennes : chronique d'un naufrage annoncé"
de Pierre Dumont et Denis de Kergorlay, aux éditions François Bourin


Toute perspective de projet de parc éolien en Médoc 
serait une initiative préjudiciable aux diversités du territoire, vignoble / pinède / mattes / lacs / estuaire / océan / ruralité, 
à faire éclore dans un équilibre d'identité culturelle complexe.

Il y va de la responsabilité de nos élus 
à mener une politique soutenable et responsable 
au delà de leurs mandats en résistant aux maigres appâts 
qui peineront à couvrir les frais de démantèlement 
en fin d'exploitation
jpa pour ALV 

mercredi 10 juin 2015

Le chant du MEDOC



Médoc n'est pas Médoc, pour celui qui a su, 
du regard se noyer dans l'océan des règes,
Margaux, Pauillac et les terroirs de tous les saints, 
pour les siècles enchanteurs des palais du monde entier.

De la forêt aux lacs, 
à l'abri d'une tonne, 
de la rivière aux mattes, dansez les chavirants, 
peuple du Landescòt, peuple du Ribeyron, 
comme unis dans l'aucat du travail partagé.

Sur les pas d'Aliénor, 
remonter la Lévade,
jusqu'en Pointe de Grave et revoir Cordouan,
apprendre des marais, l'hésitation profonde,
de l'entre terre et eau, origine du monde.


          C'est le chant du Médoc, d'Atlantique Gascogne,
          balancé par le vent de la valse à un temps,
          l'oraison encore nue, de l'homme du temps jadis,
          en couchant le soleil dans son grand lit d'orient,

          des amants mappemonde enfantent dans l'espoir,
          l'infini d'eau de là, inondé de lumière,
          c'est le chant du Médoc, c'est l'âme de mon père,
          allant de passe en jalle sur la terre sous le ciel,
          pour l'enfant qui viendra et tous ceux qui suivront ...

Des douleurs de la terre, 
jailli sang de la vigne,
Notre Dame fin des terres d'extrême Occitanie,
dans la prière enfouie, tous les ducs d'Aquitaine,
arpentent les chemins vers la course aux nuages.

Quand la nuit déshabille 
le silence du chais,
que nectar de l'année se révèle en secret,
pour argent de la côte, dès lors tous les hantomes,
dévoilent la part des anges pour embarquer leurs âmes.

Peuples des Méduli, 
peuples d'entre deux eaux, 
en terre de mémoire d'une vigne oubliée,
à l'honneur d'une tour de plus de mille ans d'âge, 
et témoin de l'histoire de grand et petit monde.

          Nous serons le Mahon, 
quand nous n'serons plus là,
          nous serons le Mahon, de loin nous leur dirons,

          Medòc es pas Medòc, 
aitan qué n'as pas vis,
          nous serons le Mahon, au loin nous porterons, 

          Medòc es pas Medòc, 
tant que n'es pas bengut,
          nous serons le Mahon, c'est le chant du Médoc.


contactjepial@gmail.com

prononciations spécifiques:

ribeyoun pour ribeyron
aoucat pour aucat
hantoumes pour hantomes
mahoun pour mahon

mercredi 27 mai 2015

CRISE CHARLIDENTITAIRE - tribune libre du Com' Lesparre médoc de Mai 2015




Suite à la parution de notre tribune libre tout récemment éditée dans le numéro 22 du bulletin d’informations municipales Com’ Lesparre-Médoc de mai 2015, nous postons donc comme annoncé, une version plus libre et plus étendue du texte qui a suscité dans le même numéro, ce qui n’a du échapper à personne, quelques réactions de forme de la part de Monsieur le Maire.
Tout cela resterait pour le moins très interactif et innovant, pour peu que celui-ci ne se réserve à l’évidence, l’avantage suprématique de ne parler qu’après avoir eu connaissance des discours des autres avant l’envoi à l’imprimeur.

Nous faisions donc le constat qu’un an après les élections municipales qui ont conduit à la réélection d’un enfant du pays, d'autres enfants du pays se sont fait élire à leur tour, aux dernières élections départementales.
Comment soutenir encore le vieil adage qui consiste à croire que nul n’est prophète en son pays?
Souhaitons que ce dernier résultat de scrutin permette aux apparatchiks locaux, à l’identité si légitimement auto proclamée, une remise en question de leur aveuglement politique.

Si par identité on entend et selon la définition, «critères permanents et fondamentaux attribués à quelqu’un, à un groupe ou à quelque chose, qui font son individualité, sa singularité, son caractère unique», ce n’est pour notre ville, pas tant de l’identité des êtres qui la régissent dont il doit s’agir, mais bien de l’identité de la ville elle même.

Il n’échappe plus désormais à personne que nous sommes tous peu à peu menacés par l’uniformisation au service d’une mondialisation en marche, guidée principalement par la loi des parts de marché et de l’hyper consommation de masse.

Le seul rempart résistant par nature à cette mécanique proliférante est tout ce qui constitue par essence l’exception culturelle d’un groupe d’individus, si petit soit-il, pour peu que cette identité révélée ne soit pas confondue avec des us et coutumes rétrogrades, signes de replis sur soi et marginalisation masqués parfois en mentalités, mais bien des singularités authentiquement structurées par une intelligence reconnue en marche, transmissible et constituante du patrimoine commun de l’humanité.

A ce titre, si nous parlons aujourd’hui d’identité européenne, fruit des rencontres des civilisations de l’Inde et de Babylone, c’est bien de la diversité des identités qui la constitue dont il s’agit, tout comme une identité nationale profite aussi de la somme des identités régionales, les régions elles mêmes étant le contenant des identités des pays-terroirs, eux mêmes encore réceptacles d’identités plus ou moins marquées des villes et villages qui en font parti.

A  quelque échelle que ce soit, c’est d’un territoire pacifié auquel nous nous référons avec comme compréhension, ses limites physiques pour y explorer ensemble des valeurs en partage.
Contrairement à l’univers qui est un infini sans bord et pour lequel il est par conséquent impossible d’en définir le milieu, les territoires ont donc des limites grâce auxquelles on peut en déterminer le centre référent et construire autour une identité matérielle et immatérielle.

Concernant le territoire médocain qui a l’avantage d’être naturellement défini par l’eau de la rivière et celle de l’océan, la complexité de n’être pas totalement un territoire insulaire, mais bien la forme hybride rattachée à la «presqu’île» ou au «pas tout à fait continent» c’est selon, contient les éléments essentiels à fouiller pour son épanouissement et sa valorisation.


Ce territoire étant parfaitement identifiable, en définir son centre se manifeste tout aussi naturellement et Lesparre-Médoc s’impose comme la position géo centrée la plus légitime, notamment par son équidistance des deux rives et son rayonnement en proximité des vignes, des marais, de la lande et de la côte.
Probablement que cette géographie a conditionné son histoire et son passé de grande Seigneurie médiévale.

Ce pays Médoc, médium aqua, a donc une identité naturelle qui a besoin d’être portée et représentée dignement en son centre, là où géographie et histoire témoignent généreusement du génie du lieu lui même.

Sur ces principes, deux époques émergent du patrimoine bâti:
- la tour de l’Honneur, vestige du prestige de la Seigneurie au XIV°.
- la parure monumentale des bâtiments du XIX°, structuration urbanistique symbolique des valeurs républicaines et de la civilisation chrétienne.    

Sauf cas exceptionnel, une identité de ville ne pouvant être exclusivement réduite à l’intérêt pour son patrimoine, ces deux lignes patrimoniales présentent toutefois une dichotomie politique pré et post révolutionnaire que nous aurons l’occasion de développer par ailleurs comme une des constituantes de la culture locale.

Mais, pour l’heure, Lesparre-Médoc doit réintéger les valeurs d’échelles qui la légitimisent: 
- urbaines pour une ville de plus de 5000 habitants
- administratives pour une sous-préfecture et chef lieu de canton
- identitaires et culturelles pour une capitale symbolique du Pays Médoc

L’exercice consiste bien à poser 3 fois la question lorsqu’une décision doit être prise, l’intérêt étant de satisfaire autant que possible les 3 dimensions constitutives d’une identité forte.

Le pays Médoc ne sortira de son enclavement que par la force fédératrice d’un centre identitaire, tout comme son centre ne sera viable que par l’épanouissement du Médoc et la mise en valeur de ses diversités, identités du Pays et de sa Capitale étant intrinsèquement liées.  
   
Force est de constater qu’en la matière, certains signes de la déconstruction de l’identité de Lesparre-Médoc entreprise depuis fort longtemps, apparaissent désormais aux yeux de tous.

Bien qu’une identité de ville ne puisse se réduire à son indispensable cœur de ville, la rue principale continue cependant de se vider peu à peu de son indispensable offre commerçante, face à quoi rien ni personne ne semble réagir.

Bien que les animations en période estivale s’imposent, Lesparre-Médoc peut-elle contenir son identité à l’image d’une foire? Un événement, une animation, quelle qu’en soit l’image qui s’en dégage, ne peut se substituer à l’identité pérenne de la ville.    

Mr le Maire estime qu’un avenir est à construire ensemble, mais sur quel terrain d’identité de ville compte t-il nous réunir et de quelle façon?
La communication et l’information restent en la matière, les incontournables du processus.

Prenons comme exemple, les travaux de réfections à venir de la rue E. Marcou: L’ensemble des riverains en ont-ils été seulement informés?

Bien que le patrimoine ne puisse à lui seul incarner l’identité d’une ville, si un projet tel que celui d’une hypothétique reconversion des anciens abattoirs devait aboutir, à quelle identité de ville ferait-il référence ? Pour l’heure, les tergiversations sur le sujet perdurent.

Il y a un an, un enfant du pays nous parlait d’une ville à la campagne. La campagne a une identité naturellement acquise et bien présente à l’entour, là où la ville a une identité à construire et à entretenir pour une image singulière et désirable à divulguer auprès de ceux dont la ville a besoin, ceux qui pourraient souhaiter s’y installer pour y vivre, y travailler, y consommer, s’y distraire et surtout entreprendre.

Lesparre-Médoc souffre d’un réel déficit d’identité, creusé depuis trop longtemps, notamment par une politique de déconstruction des valeurs républicaines.

Le recentrage autour d’une seule idée générale, visionnaire, solide et moteur dans tous les domaines avec l’emploi en priorité, doit s’imposer comme liant identitaire de cette ville.

Quelles que soient pour certains les améliorations visibles résultantes des mesurettes en pis aller d’une politique de rustines, elles n’ont dans le temps pas plus d’effet que toutes celles qui ont été menées depuis plusieurs décennies et ce n’est pas en améliorant la bougie qu’on invente l’électricité.
Plus que de promesses, c’est d’une réelle projection de synthèse locale, servant les intérêts du territoire médocain dans son ensemble dont Lesparre-Médoc a besoin, applicable à court, moyen et long terme, pour être lisible et intelligible depuis les fenêtres du monde en marche.

Les résonnances de l’après Charlie obligent d’autant plus une vision locale instruite d’une prise de conscience des territoires perdus de la république, notamment ceux de l’enseignement et de l’éducation qui ont été les marqueurs là encore, d’une hybridation plus que d’une rupture, entre laïcité et religion dominante.

Là où une religion quelle qu’elle soit, nous dicte la frontière entre bien et mal, l’enseignement laïque se doit de nous équiper intellectuellement pour distinguer l’interstice entre ce qui est bon et ce qui est mauvais, pour soi certes, mais surtout dans notre rapport construit envers et avec les autres.

S’il faut rendre à César, ne faudrait-il pas reconnaître culturellement, en tant que républicains et démocrates, que les origines de nos valeurs communes, utiles au vivre ensemble en Médoc comme ailleurs, sont issues des fondamentaux de notre civilisation chrétienne, que l’on soit croyant, agnostique ou athée ?

Toujours en résonnances de l’après Charlie, plus que de considérer ce qu’Emmanuel Todd qualifie de Catholiques zombis, il est préfèrable tant qu’à faire, d’élargir l’image à une forme civilisationnellement alzheimerisée de Chrétiens zombis à ranimer culturellement.

En ce sens, il ne s’agit plus de diviser et de sombrer dans l’essentialisation entre «Je suis Charlie» et «Je ne suis pas Charlie» mais de rassembler autour des valeurs émergeantes ici ou ailleurs, de la question de l’identité :
«Mais qui est donc Charlie ?».

jpa pour ALV