lundi 15 janvier 2018

Calme déconstruction de la ville



La pensée désenchantée s’accorde souvent et à quelqu’échelle que ce soit, autour du constat d'un monde tenté par l’expérience du chaos, comme s’il lui fallait passer par l'épreuve révolutionnaire pour se réinventer au prix fort.

Il ne s’agit là que des conséquences d’un trop long refoulement collectif, accompagnant le manque de courage politique de la part des instances dirigeantes des dernières décennies, participant à l’accélération aveugle d’une économie bodybuldée par le "tout tout de suite" et la dictature du pas cher. On n'est jamais assez riche pour acheter pas cher.

Il nous reste aujourd’hui les ruines de l'héritage de la noblesse du monde et des territoires perdus de la république, déconstruits par le libéralisme culturel. 

Si l'on reste à l’échelle de la ville de Lesparre-Médoc qui nous lie, nous pouvons remarquer quelques épisodes marquants qui affirment bien la politique moderniste et déconstructiviste menée, qui aura forcément une résonance dans le destin de la ville et dont les décideurs devront entre autres endosser :   


la responsabilité d'avoir reconverti,
l’ancien Palais de Justice,
seul bâtiment d’autorité symbolique
républicaine du Médoc,
en centre d’animation faute d’avoir pu recruter
un dirigeant pour un centre culturel potentiel ...

adresser de fait un message liberticide, 
depuis la voix de la justice locale 
mutée en voix de comédie ...

limiter l'hypothèse culturelle du CALM 
à un espace ostentatoire, 
inapproprié et répulsif pour la jeunesse, 
comme si l'écho d'une sentence 
pouvait encore se faire entendre ... 

s'amuser d'un acronyme 
sursignifiant la somnolence installée, 
en dévaluant un bâtiment répertorié et 
potentiellement classable 
au répertoire des monuments historiques, 
rare édifice architectural dont la ville dispose 
en majesté capable de transmettre 
transgénérationnellement, 
les valeurs fondamentales et 
républicaines du maintien de notre société, … 







La.responsabilité d'avoir installé 
Brice de Nice à la place de Molière, 
dans l'étrange chassé-croisé 
des mots qui, la nuit, 
traversent la rue sans regarder, 
pour prendre leurs retraites, 
comme ce Palais de Justice 
dépourvu de robe et d'Hermine, 
allant en face se rhabiller 
en Palais du Costume, 
pendant que Molière 
en mal d'imaginaire, 
quitte 24 images secondes 
pour venir se reposer au CALM,
donner son nom en salle d'audience 
et psalmodier Tartuffe en boucle à qui voudra bien l'entendre dans un peu d'épaisseur culturelle...




L'ancien Tribunal sera ambitionné en Centre Culturel 
pour être finalement Calmé en Centre d'animation



La responsabilité de n’avoir pris
aucune décision pour le maintien
de l’équilibre fonctionnel essentiel
du coeur de ville et
de sa rue principale commerçante,
atomisée comme ailleurs
par une trop grande distribution,
en L ou C majuscule qui,
au lieu de nous vendre
un produit au prix juste,
nous vend juste un prix, ...


La responsabilité d'avoir laissé 
délibérément à l’abandon, 
pendant plusieurs décennies, 
les abattoirs de la ville 
dans un dessein malveillant 
d’obsolescence programmée,
en faisant le jeu des lobbies 
centralisateurs sur Bazas, 
là où on nous parle 
de protection animale 
tout en favorisant 
le stress de son transport indigne et, 
par delà, la disparition programmée 
de la filière des éleveurs, …




Toutes ces actions d’un point de vu global, convergent et participent à la perte de l’identité locale du peuple médocain qui peu à peu, obéit comme ailleurs, aux ordres de la consommation en achetant majoritairement des produits industrialisés.

Bien d’autres faits participent de cette lente déconstruction, conduite par les responsables politiques successifs qui n’ont souvent même pas conscience d’être eux mêmes instrumentalisés, puisque eux aussi poussent le jacaddy.



Retenons pour exemple:

le plaisir non contenu de ceux qui ont fait disparaitre d’un coup de pelle mécanique, 

la piscine Tournesol 
en un touché-coulé expéditif, 
sans accorder le moindre intérêt 
aux dossiers 
de réflexion patrimoniale 
et de reconversion potentielle 
qui leur avaient été soumis, 
préférant hacher menu 
et jeter dans la benne à ordures,
plutôt que d’inviter 
quelques municipalités françaises 
détentrices de cet objet 
iconique du XX°,
celles qui maintiennent encore 
l'entretien de leur piscine Tournesol, 
à venir récupérer certaines pièces                                                                                              et faire d'un geste éco responsable, un élément de communication.




La notion patrimoniale locale semble animée par des critères de sélection parfois bien antérieurs à 1905, là où maintenir, certes de façon juste et légitime, mais tout de même sous couvert d’une certaine caution morale et d’un zeste de culpabilité cultuelle, des églises désormais inoffensives, il s’agit aujourd’hui d’ouvrir comme à chaque époque, le champs des sensibilités envers le patrimoine matériel en le rendant indissociable du patrimoine immatériel.

 Dans notre époque autobagnolée, où la moindre 2CV camionnette suscitera toutes les attentions et les convoitises de ses enfants mal grandis, il s’agit de nourrir l’effort de compréhension et de perception collective à porter sur ce qui pourrait devenir utile à la construction de ceux qui ne sont pas encore nés.



En leur temps, 100% des parisiens souhaitaient que la tour Eiffel soit démolie, 140 ans après, la valeur symbolique de l’édifice fait consensus, indépendamment de savoir si c’est beau pour les uns ou laid pour les autres, avec souvent le bon gout des uns comme dégout des autres. Les valeurs patrimoniales s'anticipent toujours en résistance face aux pulsions existentielles modernistes.



La culture n’a que faire des subjectivités préférentielles d’une éphémère expression esthétique, et ne doit répondre à l’homme que lorsqu’il se demande ce qu’il fait sur terre.   


Ici comme ailleurs, les peuples se sont humiliés eux mêmes en adhérant à la dictature sourde du commerce dérégulé. La technique de lente déculturation qui prend comme cheval de Troie, l’animation synesthésique maquillée du vernis culturel, abouti immanquablement à la confusion des genres entre Culture et Animation, ce que ALV s'évertue à dénoncer depuis longtemps.



La politique culturelle est l’expression même du courage politique au présent.

Notre présent en MEDOC comme ailleurs et peut-être plus qu'ailleurs, 
passe par l’expression de l’EXCEPTION AGRI-CULTURELLE, 
vecteur d’identité, de conscience commune, de lien social, de santé publique, 
de résistance solidaire et de source d'autonomie face à la colonisation globalisée 
et ses deux armes de destruction massive, étalées sur deux siècles: 

le sucre au XIX° et le pétrole au XX°.
  


"Chaque génération se croit vouée à refaire le monde, 
la mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas, 
mais sa tâche est peut être plus grande, 
elle consiste à empêcher que le monde se défasse." 

Albert Camus / discours du prix Nobel 1957 



jpa pour ALV 









mardi 2 janvier 2018

On a le temps qu'on fait




 Le village mondial en 5 catégories sociales 

Pain quotidien, un pour Riches et un pour Pauvres avec au milieu, une fine tranche de classe moyenne de "gens bons",  tel est le triptyque de la société dans laquelle on nous demande de nous situer. Passer seulement d'une perception de 3 à 5 catégories, permettrait de décrypter plus clairement la dérive des plaques économiques allant jusqu'aux fusions par remembrement, comme dans la gestion d'un méta parcellaire foncier. 

Les pauvres sont aujourd'hui de deux catégories: Pauvres et Tavailleurs pauvres, ceux qui n'ont rien d'autre que ce que l'on veut bien leur donner et ceux qui n'ont plus l'espoir de s'élever par le fruit de leur travail. Dans ces deux cas, ceux qui n'ont rien et ceux qui n'accèdent plus à rien, finissent par avoir le sentiment commun de n'être rien.

Les riches sont aussi de deux catégories: Riches aisés et Très Riches, ceux qui vivent confortablement en prospérant ou à minima en se maintenant & ceux qui ont été propulsés par le souffle de la démesure exponentielle, créant une poignée d'individus, une centaine tout au plus, possédant plus de la moitié des richesses de la terre.

Au centre  de notre société, entre doubles riches et doubles pauvres, il y a donc ceux de la classe moyenne, ceux qu'il n'y a pas si longtemps encore, occupaient pour la plupart la position des "presque riches aisés", quand il n'y avait pas encore de travailleurs pauvres. A force de supporter la surcharge, ceux de la classe moyenne sont en passe d'être déclassés en "presque travailleurs pauvres", pendant que les riches aisés dévissent à leur tour en une nouvelle classe moyenne informe, sauf pour quelques uns accédant in extrémis au cercle de plus en plus rétréci des très très riches, qui s'enrichissent un peu plus par la défiscalisation institutionnalisée à l'échelle internationale.



La démographie mondiale galopante participe de ces accélérations du progrès, provoquant des  mouvements sociaux, culturels, migratoires, qui viennent interroger la politique internationale dans la gestion et la répartition des richesses, sauf à ce que les très riches aient déjà pu acheter le pouvoir par la puissance de l'argent, ce qui serait loin d'être une nouveauté. 

Face à ce constat, il faut donc se préparer à ce que ces phénomènes génèrent des très riches de moins en moins nombreux mais de plus en plus riches, pendant qu'il y aura de plus en plus de pauvres quant à eux de plus en plus pauvres, la classe moyenne n'étant plus qu'un sas de décompression, une salle d'attente du désenchantement.


Quelques chiffres pour la France:

37,4 Millions de foyers fiscaux dont 17,1 Millions imposables.

6500 personnes très riches (revenus mensuels à partir de 50 K€ avec un patrimoine immobilier de plusieurs millions d’€uros).
343 000 foyers assujettis à l’ISF pour 5,2 Milliards d’€uros de recettes sur les 230 Milliards de budget nécessaire au fonctionnement de l’Etat.

Quelques chiffres pour Lesparre-Médoc:

Evolution sur une décennie de la dette de la ville par habitant: 
264 € en 2007 et 1051 € en 2017 (858 € en moyenne nationale)


Dette locale multipliée par 4 en 10 ans 
pour une ville en régression chronique. 



Faute de politique de ville murement engagée, l'errance sociétale s'installe par le manque d'identité locale et creuse le déficit faute de ressort économique face aux charges fixes et à la baisse de qualité du cadre de vie.   


                  ON A LE TEMPS QU'ON FAIT 

Dans la dévaluation des classes, le Tribunal du goût de l'impensée dominante participe de l'acculturation, venant déconstruire en quelques décennies ce que d'autres ont bâti sur plusieurs siècles. Il faut donc aller vite en agissant pour que ça se voit, là où Bergson nous conseille d'agir en homme de pensée et de penser en homme d'action.

Nous vivons dans la société du spectacle où on aime changer car le changement divertit. La continuité ennuie et nécessite des efforts d'entretien partagé pour être évolutive. Pour se divertir, on jettera aujourd’hui ce que l’on adorait hier, en étant prêt demain, à aimer ce que l’on prétend détester aujourd’hui. 



La société du spectacle prolifère par la consommation et le marketing. Pour vendre il faut séduire, captiver, retenir l’attention sans effort, en proposant sans cesse des produits nouveaux et cela vaut pour la politique comme pour la culture. Afin d’être innovants et vendeurs, donc éligibles, les politiques n'ont aucun problème pour défendre une idée aujourd’hui contre laquelle ils étaient hier. 

René Girard explique que tout mythe 
sert à cacher la violence. 

Avec la nouveauté et le progrès c’est le cas. On est fasciné par la nouveauté, la modernité, parce qu'elle permet d’être violent envers le passé d’une façon civilisée. La nouveauté rend souvent aveugle des champs de perspectives que l'innovation révèle.  


À la Révolution Française, ceux qui ont voulu prendre le pouvoir et dominer le monde se sont cachés derrière le mythe de la Révolution et du changement. Ils se sont présentés comme les amis du genre humain, désireux de changer le monde pour améliorer la condition humaine. En réalité, assoiffés de pouvoir et de domination, ils ont montré leur vrai visage avec la Terreur. 

Ce qui vaut pour la Révolution, vaut pour la nouveauté et l'accélération d'un progrès moderniste qui n'a de cesse que de déconstruire le monde tel qu'il est dans l'expression de sa contemporanéité, chaque époque se devant d'être le maillon d'un continuum, au bénéfice d'une vie meilleure pour ceux qui suivront. 





L'art n'échappe pas à la règle, surtout depuis qu'il est dissocié de sa substantifique quête du sacré. Ceux qui veulent prendre le pouvoir et dominer le monde, créent jusqu'à être connus et reconnus puis se présentent comme les amis du nouveau, l'oeuvre devenant l'arme de la violence civilisée. L’art devient alors de plus en plus provoquant, de plus en plus destructeur, de plus en plus déconstruit, au point de vider l’art de l’art lui-même, de sa fonction de transmission comme témoin sur le temps long. Bien sûr, tout cela se fait au nom de la création et de la nouveauté en imposant par la doxa, la géniâââlitude pour tout le monde. 



Idem pour le progrès. Pour prendre le pouvoir, on annonce le progrès et pour justifier le progrès, on invente un concept commode : celui de destruction créatrice, concept forgé par Schumpeter. Le progrès permet comme le nouveau, la violence civilisée, car il est impossible d'être contre, sous peine d'être taxé de régression et d’archaïsme. On se tait, on subit, la violence civilisée le sait et elle en use en fabriquant un monde de faux blasés, les àquabonnistes, fatigués par le bruit des propagandes, nous remisant à l'écart du merveilleux qui animait notamment la capacité d'abstraction au Médiéval



Pour être blasé, encore faut-il avoir un certain sens de l’ennui, pour que l'absolu délivré du sujet puisse accéder aux conclusions que la logique ne peut atteindre. 

Le monde ballotté par le nouveau dans l'accélération du progrès ne peut donc pas être blasé, il est juste hagard en ne comprenant plus ce qu’il vit, peut-être parce qu'il n'est plus nourri.



Dans quelques temps, 
quand les esprits contraires seront atones, 
le Médoc Mémoire du Monde 
offrira comme une rareté ce qui a toujours été.

On viendra en fin de terres, 
assister entre autre à de grands concerts de Mahon, 
où la justesse du bruit blanc, 
 régénère les sens et grandi l’âme des vivants … 

écoute, écoute … 
dans le silence de la mer … 
il y a comme un balancement … 
qui met le coeur à l’heure ...


jpa pour ALV 

samedi 16 décembre 2017

Le printemps en Hiver





Le printemps en hiver, 
c’est agréable, 
mais catastrophique pour la nature. 


Depuis plusieurs années, 
le printemps devient de plus en plus précoce, 
avec des températures bien au-delà 
des normes de saisons.

Si c'est agréable pour les vacanciers, 
des scientifiques arguent que 
c'est un désastre pour la nature.

La plupart de nos techniques agricoles ont été élaborées dans la 2e moitié du XXe siècle, lorsque le climat était relativement stable. Il y avait bien entendu des années exceptionnelles, mais elles étaient par nature rares. Là, avec les effets du changement climatique, on cumule années après années les records, à chaque saison. 

Ce printemps sera, paraît-il « le plus chaud depuis 1899 ». On sait que les scientifiques restent réticents à attribuer au seul dérèglement climatique la survenue d'un événement météo extrême quel qu'il soit, mais, quand même, quelle succession depuis 10 ans !

Au mois de février, la Nature se remet rapidement en mouvement, la faune et la flore sortent de leur mode d'hibernation et rentrent en phase active, et les fleurs poussent partout. Mais si nous ne sommes qu’en février, bien entendu, on risque d’avoir des gelées, peut-être sévères, en mars et avril, qui vont tuer le processus. Résultat : on aura bien eu des fleurs, mais peut-être pas de fruits !

Autre possibilité : il n’y a pas de gel du tout, et finalement le pouvoir assainissant de ce gel disparaît, celui qui en quelque sorte « remet les compteurs à zéro » chaque année. Et, dans ce cas-là, on aura une prolifération très préoccupante de parasites et autres prédateurs. Si ça se trouve, pour sauver les récoltes, on devra alors abuser des herbicides, insecticides et fongicides ; l’agriculture « chimique » si décriée va redémarrer de plus belle partout où elle le pourra, et la bio aura, elle, de mauvais rendements !

Les équilibres naturels sont très sensibles ; quid de la floraison avancée de 2 ou 3 semaines et de leurs pollinisateurs s'ils ne sont pas encore nés ou en activité ? Si la précocité de la floraison modifie les signaux qu’envoient les fleurs pour attirer leurs insectes attitrés (couleurs, odeurs, etc.), là aussi, on aura plein de fleurs mais peu de fruits !

Et les agriculteurs vont avoir également des problèmes de main d’œuvre, les ouvriers saisonniers n'étant pas encore arrivés pour effectuer les travaux de taille des arbres fruitiers par exemple.

D’une manière générale, il faut bien se rendre compte qu’en matière agricole, le mauvais temps, c’est quand le même temps dure longtemps. La pluie n’est pas mauvaise en soi, le soleil non plus, mais en période intermédiaire comme celle de la fin de l’hiver, un mois de pluie non-stop ou un mois de soleil non-stop, c’est dans les deux cas une catastrophe !

Et le temps de mai en février, ça veut également dire que les pollens vont commencer à pulluler bien plus tôt que d’habitude. Les 20 % de français qui sont allergiques aux pollens risquent de payer cher ces températures au-dessus des moyennes de saison.

Lorsqu'on voit arriver des grues cendrées et autres oiseaux migrateurs, à une date complètement inhabituelle, rien de prouve que cela se passe sans dommage et que certains déséquilibres majeurs n’apparaissent dans la chaine alimentaire ! Au bout de quelques années d’hivers chauds d’ailleurs, certaines espèces deviennent partisanes du moindre effort et cessent purement et simplement de migrer et deviennent sédentaires. On a même observé des migrations en sens inverse !

Côté abeilles, les ruches se réveillent et les reines commencent à pondre. Les apiculteurs leur donnent du sucre pour aider à passer l’étape, car s’il y a trop de larves à prendre en charge et pas assez d’abeilles pour le faire, elles peuvent s’épuiser et mourir. Si la reine a commencé à pondre trop tôt, elle peut également s’épuiser à la tâche et sa longévité peut être raccourcie.

Le changement climatique favorise les espèces invasives qui sont souvent plus aptes à modifier en tant que de besoin leur date de germination, de floraison et de fructification. Les espèces moins flexibles, et singulièrement les variétés sélectionnées pour leur grande productivité, sont en général plus rigides, plus fragiles et moins flexibles ; elles peuvent décliner, parfois jusqu'à l'extinction.

Certaines espèces exotiques pourraient ainsi bénéficier des nouvelles conditions climatiques et de la disparition des espèces natives, pour devenir envahissantes alors qu’elles ne l’étaient pas auparavant. Par exemple, on a vu depuis 2014, que la production européenne d’huile d'olive (qui représente 73 % du total mondial) est extrêmement menacée par des attaques bactériennes et d’insectes parasites favorisées par une succession d'été chauds et humides. 


De même, des arbres qu’on croyait durablement installés et emblématiques dans leurs régions, comme les palmiers de la Côte-d’Azur ou les platanes de Midi-Pyrénées commencent à subir les attaques dévastatrices du charançon rouge tropical ou du chancre coloré. Le buis lui-même, qui ornait les jardins « à la française » depuis des siècles, est carrément menacé par la pyrale, tandis que la chenille processionnaire du pin qui cause de sévères dégâts aux résineux et des problèmes allergiques pour l’homme ne cesse de remonter vers le nord.

La carpocapse de la pomme passe de deux à trois générations par an dans le sud-est, la troisième génération étant rendue possible par l’augmentation de 25 % du nombre de jours où la température dépasse les 10°. L’encre du chêne profite largement de la diminution du froid hivernal. La maladie de Lyme, dont on découvre qu’elle provoque des dégâts considérables dans la population, ne cesse de s’étendre avec la prolifération de la tique.

Côté élevage, des maladies tropicales commencent à se développer dans nos contrées autrefois tempérées, par exemple la fièvre catarrhale ovine, la peste équine, la fièvre de la vallée du Rift, la fièvre du Nil occidental, la leishmaniose, la leptospirose, etc.

Et ne parlons pas des risques de voir les invasions de criquets se répandre au nord de la Méditerranée, avec les désastres écologiques que provoquent ces nuages de dizaines de millions d’insectes qui peuvent parcourir 200 Km en une journée, dévastant la flore naturelle et les champs cultivés. L’histoire nous relate nombre d’invasions de ce type en Europe, et il n’y a pas de raisons que nous en soyons durablement épargnés.

B. Parmentier 

samedi 11 novembre 2017

Edouard, épicier de la république




59 minutes de l'histoire française 
de la Grande Distribution 
et de ses conséquences.


Cliquez sur le lien: 



jpa pour ALV  

samedi 7 octobre 2017

Mythe de la surpopulation


Ce shéma nous permet de replacer notre comtemporanéité, bien plus près de l'homme préhistorique que de celui qui nous succèdera bientôt, celui que nous ne pouvons imaginer même en rêve, notre seule responsabilité consistant à ne pas céder à la pulsion destructrice envers ce qui nous a été donné et que nous nous devons de transmettre à ceux que nous ne connaitrons pas, afin que le génie humain puisse poursuivre son destin.


DECROISSANCE DEMOGRAPHIQUE 

Pourquoi le choc démographique qui nous menace pourrait bien être totalement différent de ce à quoi vous vous attendez

John Ibbitson et Darrell Bricker remettent en question l’hypothèse d’une croissance exponentielle de la population.

Empty Planet (Planète Vide) explique que l’enjeu dans un avenir pas si lointain ne sera pas la surpopulation de la planète, prévue notamment par l’ONU, mais sa sous-population. Phantasmes ou réalités ? 

Permettez-moi de dire que je n’ai pas attendu le livre de John Ibbitson et Darrell Bricker pour expliquer que l’hypothèse d’une croissance exponentielle est un mythe. Ainsi, la fécondité moyenne dans le monde a baissé de moitié de 1950 à aujourd’hui, précisément de 5 enfants par femme à 2,4 en 2018. Le taux de croissance de la population a diminué dans des proportions semblables depuis son maximum atteint à la fin des années 1960. En réalité, la population dans le monde connaît une décélération conforme à la logique du processus dit de la transition démographique

Toutefois, il est vrai que le nombre d’habitants sur terre continue d’augmenter, surtout là où la transition démographique n’est pas terminée et pour une autre raison, l’augmentation de l’espérance de vie. Cette dernière, encore à moins de 46 ans en 1950 en moyenne mondiale, a atteint 72 ans en 2018 et permet à chaque humain de rester en moyenne plus longtemps locataire sur notre planète.

La troisième raison de l’augmentation de la population mondiale tient aux effets d’inertie des logiques démographiques. Scientifiquement, cela signifie qu’il faut prendre en compte l’évolution démographique cachée dans la composition par sexe et par âge, ce qu’on appelle la pyramide des âges. 

Concrètement, il peut arriver qu’un pays, comme la Chine actuellement, enregistre une croissance démographique naturelle, donc un excédent des naissances sur les décès, en dépit d’une fécondité très abaissée en raison de sa pyramide des âges héritée lui donnant (encore) une proportion relativement élevée de femmes en âge de féconder. 

Mais aucun effet d’inertie n’est éternel et il arrive donc une période où il ne s’exerce plus. Alors les décès deviennent plus élevés que les naissances. Ceci s’est constaté dans la trajectoire démographique des dernières décennies au Japon ou en Allemagne. En Chine, cela va probablement se constater dans les années 2030 lorsque sa population diminuera puisque sa croissance actuelle n’est due qu’à l’inertie démographique.

Quant au terme de « surpopulation », il n’a aucune valeur scientifique. En effet, une surpopulation supposerait une population qui n’arrive pas à satisfaire ses besoins élémentaires en termes d’alimentation ou sanitaires. Or, si cela arrivait, la mortalité augmenterait, engendrant une contraction démographique. 

Quoi qu’il en soit, raisonner sur le chiffre global du nombre d’habitants sur terre n’a aucun sens. Ce qui compte, c’est la réalité démographique des différents territoires de la planète et elle est fondamentalement diversifiée. 

Par exemple, la Roumanie et le Tchad semblent peser de façon identique dans la population du monde, comptant chacun une quinzaine de millions d’habitants en 2018. Mais la superficie de l’un est de 238 000 km2 et celle de l’autre de 1 284 000 km2, y compris il est vrai, des parties désertiques. 

Le Tchad connaît une croissance démographique triple de la moyenne mondiale alors que la Roumanie est en dépeuplement sous le double effet d’un excédent des décès sur les naissances et d’un solde migratoire négatif. Autrement dit, le monde se caractérise principalement par une forte fragmentation démographique. 

Pour évaluer l'effet de la baisse de la fécondité dans les années à venir, il est probable que la fécondité moyenne dans le monde continue à baisser mais de façon fort inégale, en raison de la poursuite de sa diminution dans différents pays comme l’Inde. Il n’est pas impossible qu’elle remonte dans d’autres pays en fonction de leurs conditions propres ou par suite d’un niveau devenu très bas. 

Toutefois, le nombre des naissances ne dépend pas que la fécondité ; il s’explique aussi par le nombre de femmes en âge de procréer et par l’espérance de vie à la naissance. Par exemple, même si la fécondité doublait en Allemagne, le nombre de naissance ne croîtrait pas dans des proportions semblables car le nombre de femmes en âge de procréer est en diminution, sauf arrivées migratoires massives. Autre exemple, la population des États-Unis serait aujourd’hui légèrement plus nombreuse si ce pays n’avait pas enregistré ces dernières années une baisse de l’espérance de vie sous l’effet de la consommation de drogues ainsi que la surmortalité due à des taux élevés d’obésité. La population de l’Arabie saoudite pourrait augmenter beaucoup plus si l’espérance de vie des femmes s’y accroissait notablement, ce qui supposerait de faire baisser leur taux d’obésité qui touche aujourd’hui 44 % d’entre elles. 

En fait, l’avenir n’est pas écrit et certains facteurs peuvent stimuler l’accroissement futur de la population : une alimentation suffisante et équilibrée, des réseaux sanitaires et un meilleur respect des règles d’hygiène, des technologies favorables au développement durable et à un environnement moins pollué, des relations géopolitiques écartant toute guerre meurtrière. A l’inverse, la population peut stagner, voire baisser, sous l’effet de facteurs opposés : sous-alimentation ou mal-alimentation mortifères, insuffisance sanitaire et hygiénique limitant les taux de survie, épidémies inattendues, sur-pollution mortifère, conflits géopolitiques meurtriers. 

Les populations les plus concernées par une baisse de la population sont celles qui connaissant déjà un excédent des décès sur les naissances : les pays baltes et la Finlande en Europe septentrionale, l’Allemagne en Europe occidentale, la Biélorussie, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et l’Ukraine en Europe orientale, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, le Portugal et la Serbie en Europe méridionale, le Japon en Asie orientale, Porto Rico dans les Caraïbes.

Les pays dont la croissance actuelle n’est due qu’à l’inertie démographique, faute d’une fécondité suffisante, pourraient finir par enregistrer davantage de décès que de naissances : Autriche, Slovaquie, Chine, Corée du Sud, Taïwan, Thaïlande, Arménie, Cuba… La France pourrait à terme rejoindre cette liste de pays si sa fécondité continue son orientation à la baisse entamée depuis 2015, sous l’effet du rabotage de sa politique familiale.

Pour considérer le futur démographique, il faut bien entendu ajouter à l’examen de la natalité et de la mortalité les flux migratoires, ce qui explique par exemple que la Guadeloupe et la Martinique connaissent désormais aussi une diminution de leur population, alors que l’inertie démographique leur permet encore de bénéficier d’un excédent des naissances sur les décès.

J-F Dumont



lundi 25 septembre 2017

EDITO de Septembre 2017

Le conseil municipal s’est réuni le 12 septembre dernier en AG extraordinaire pour réagir à la suite des conséquences de l’ouragan Irma ayant affecté quelques jours auparavant nos concitoyens des Antilles.
Les catastrophes naturelles et les évènements hors normes viennent généralement nous interroger sur ce qui constitue l’essence même de la condition humaine: la solidarité.
Sur ce plan, on peut espérer que l’évolution de nos sociétés puisse tendre peu à peu vers un consensus.
Faut-il pour autant céder à la doxa en considérant le temps de réflexion comme non éthique et confondre urgence et précipitation façon Charity Business?
Les plus de 100 Millards de dégâts dans leur ensemble causés sur le parcours d'Irma ne représentent-ils pas eux aussi une forme de tsunami en valeur d’échelle, lorsqu’on sollicite les collectivités locales avant même que ne soit établi le moindre plan de structuration des secours par l’Etat lui même, qui doit la protection des biens et personnes tout autant aux territoires d’outre mer qu’à la métropole?
Quelles ont été les mesures prises par anticipation lorsque la naissance de l’ouragan a été établie par les météorologues et les climatologues?
30% de l’augmentation globale du niveau de la mer sur 100 ans sont attribués à la vente des produits de 90 multinationales. Est-il normal de continuer à exempter ces compagnies de toute responsabilité dans leurs activités, pour des profits exonérés des conséquences et assumées par nos sociétés? De combien de temps disposons-nous avant d’être contraints à faire supporter la facture à ceux qui se trouveront malencontreusement sur les trajectoires des ouragans ou victimes de tout autre dérèglement climatique du à la persistance et à la progression des activités dérégulées?
Les pays émergeants ont désormais eux aussi les moyens de s’y adonner sans scrupule, forts de considérer dans l’exemple des pays occidentaux, l’histoire de l’industrialisation voire de la colonisation comme faisant jurisprudence pour s’autoriser à leur tour une hyper industrialisation décomplexée.
A ce stade de réflexion, c’est l’Etat Régalien Français qui se retrouve sous jacent menacé, et ce n’est pas en allégeant les consciences par l’obole vertueuse d’un village qu’on éradiquera les pratiques dévastatrices de quelques uns.
Charité bien ordonnée commence par soi même, et souhaitons ensemble que si notre ville a soudainement le sentiment d’être partie constituante du monde globalisé, puisse t-elle alors avoir l’ambition politique d’accueillir quelques projets novateurs et éco soutenables, susceptibles de la sortir de sa léthargie systémique.
                    cf pour ALV