samedi 2 février 2019

Plaidoyer / Domaine de Nodris


Monsieur le Président de la Communauté de Commune 
Médoc Coeur de Presqu’île, 
Mesdames les Conseillères, Messieurs les Conseillers, 




Par ma voix et au nom du groupe ALV "Autrement La Ville", je viens humblement vous interroger sur les décisions que nous aurons à prendre prochainement, engageant nos votes, en tant que représentants de nos concitoyens représentés, dans le contexte républicain et démocratique de nos institutions. Ce plaidoyer est d’autant plus motivé, qu’il s’inscrit dans les prises de conscience qui nous animent tous en cet épisode majeur de notre histoire française que nous vivons en direct. 

Suite au compte rendu N° 18 de la réunion informelle du conseil communautaire du 10 décembre 2018, permettez que nous reprenions point par point ce qui est énoncé, à propos du projet d’acquisition du Domaine de Nodris et des objectifs politiques proposés dans le cadre de l’élaboration du projet culturel et artistique communautaire:


Soutenir, Valoriser, Promouvoir et Développer l’existant:

actions “Projecteurs” / 

Quels exemples ont été élaborés pour soutenir cette formule? 

En quoi le site de Nodris serait-il particulièrement vecteur de ces actions? 

actions de rayonnement communautaire / 

De quelle nature de rayonnement est-il question? 

Rayonnement des événements ou rayonnement de l’identité MEDOC? 

Quels exemples ont été évoqués pour soutenir cette formule?

apport de nouvelles propositions / 

Pourquoi réduire l’esprit d'innovation aux contraintes d'un lieu, là où une réflexion menée librement dans le contexte d’une commission, serait probablement plus fructifiante pour un projet culturel d’envergure?

mutualiser les équipements techniques / 

En quoi le choix de ce lieu favorise t-il plus qu’ailleurs cette pratique de bon sens?


Favoriser la cohérence et la lisibilité:  

création d’un outil de suivi partagé / 

Quelle qualité particulière du Domaine de Nodris soutien cette ambition? 

aider à l’élargissement du réseau des acteurs / 

En quoi ce lieu peut-il plus qu’ailleurs aider à cette action en rhizome? 


 Agir pour l’égalité d’accès:

rapprocher les publics les plus éloignés / 

De quel éloignement parle-t-on? 

Celui qui ne peut être résolu que par des déplacements en voiture?
                                                                                                                                                        Personne ne pouvant s’y rendre en circulation douce ou en transport en commun, la pluralité des publics ne sera donc pas particulièrement rapprochée à cet endroit. 

pluralité des formes et des genres / 

Il serait peut-être plus judicieux de définir en priorité l'identité forte du projet. 

L’ associer dans un second temps à un lieu, impliquera en temps utiles, la pluralité des formes et des genres.

travailler sur la mobilité 

Si telle est l'intention, pourquoi choisir l’isolement? 

Pourquoi ne pas être en synergie avec la ville et se renforcer réciproquement? 

veiller à l’accessibilité financière 

Cet engagement n'aura que la vertu de chercher à compenser les frais individuellement subis par des visiteurs accédant à un lieu isolé. 


Eveiller et Former:

favoriser l'ouverture culturelle et l'esprit critique /

En quoi cette formule serait-elle soutenable à Nodris plus qu’ailleurs?

favoriser la pratique de tous /
                                                                                                                                                    Une fois de plus, pour qu’un lieu suscite l’intérêt du plus grand nombre, encore faut-il qu’il soit rendu accessible par la pluralité des moyens d'accès. 

accompagner les parcours artistiques et culturels / 

Par quels accompagnants? 

Forcément, des intervenants qui s’y déplaceront … uniquement en voiture … ce qui nous éloigne des perspectives de transition environnementale, de fluidité des déplacements pour d’éventuels intervenants, pouvant venir notamment de Bordeaux et directement par le rail. 

formation aux différents métiers d’action culturelle et artistique / 

L’éloignement de la gare sera un handicap en temps et argent pour les stagiaires d’ici ou d’ailleurs, comme pour les formateurs. 


Contribuer à l’attractivité du MEDOC:

favoriser le rayonnement élargi 

Plus on élargit l’ambition du rayonnement, plus la pluralité des moyens d’accès est indispensable, l’unique accessibilité par réseau routier ne pouvant prétendre à satisfaire le rayonnement élargi. 

soutenir les projets innovants / 

En quoi ce lieu peut-il motiver les projets novateurs plus qu’ailleurs?

L’innovation est une question de stimulation entre des personnes échangeant sur des sujets communs, avant d’être une recherche d’espace disponible. 

rechercher l’identité culturelle et artistique du territoire / 

Il serait donc bon de commencer par ce travail là, à l’économie, simplement par le croisement des connaissances et des analyses raisonnées envers le territoire. 

Il n’y a donc pas besoin de s’imposer les contraintes d'un lieu pour cela. 

Ce n’est pas le décor qui fait le film, mais le scénario qui conditionne le choix d'un décor adéquat, comme le vin est fait dans l’ombre par le maître de chais. 

Le flacon porte l’étiquette du Château mais ce n’est pas la qualité bâtie du Château qui fait le vin. 

Autres réactions A.L.V. sur les commentaires du compte rendu n°18:

Si le projet consiste à prétendre à une vitrine du territoire, le premier travail consiste alors à établir un cahier des charges. Les diversités du territoire, en analyses pluridisciplinaires croisées, induiront le choix d’un responsable du projet culturel. Celui-ci serait alors en responsabilité de la recherche du lieu, géo-stratégiquement le plus adapté au projet. Les questions sur les prêts, locations, prestations et mutualisation de matériel sont en ce sens trop anticipées. Le lieu, celui-ci ou un autre, destiné à porter haut l’identité du Médocdoit être déterminé en fonction du projet établi. 

S’il doit être réellement question d’identité, 

il faut donc que l’ensemble des médocains de toute condition, 

puisse s'y reconnaitre, en partage avec des visiteurs de tout horizon,

découvrant une identité culturelle avérée, patrimoine commun où tout le monde 

peut y apprendre un peu plus sur soi et sur son rapport à l’autre.

Comment un festival de Reggae peut-il avoir sa place dans l'ambition d’une identité culturelle du MEDOC? Si nous ne voulons pas créer de polémique avec l’ensemble des arguments à charge et à décharge, il serait préférable de ne pas s’appuyer sur une manifestation éphémère. La pérennisation du festival pourrait donner au lieu son identité prédominante, les autres activités ou actions devenant alors bien accessoires au cours de l’année, en comparaison à une forte affluence sur 3 jours pour l'organisateur locataire...qui bénéficierait par ailleurs d’une option d’achat à 15 ans? ... obligeant donc au préalable à un débat d’intérêt général en parfaite transparence.

En revanche, lorsqu’il s’agit de s’interroger sur l’accueil des enfants, la réponse n’est qu'un nouvel aveu d’inexistence de projet puisque je cite: "Tout dépend du projet culturel”.

Quant aux prospectives d’exploitation qui nous sont présentées, je vous fais grâce de l’indécence des chiffres quels qu’ils soient, puisqu’ils ne sont en rien vérifiés par la moindre contre expertise. 

Dans la période actuelle caractérisée par la perte de confiance des citoyens envers leurs institutions et leurs représentants, j’en appelle à la raison en replaçant les investissements pour lesquels nous avons la responsabilité de décision et qui doit aujourd’hui plus encore, obéir à l'ordre des priorités.

Depuis la fermeture puis la destruction précipitée de la piscine Patrimoniale de Lesparre, nous ne remplissons plus le contrat régalien du programme des 1000 piscines, engagé sous la présidence du Général de Gaulle, consistant sur tout le territoire, à donner accès à l’apprentissage de la nage à l’ensemble des enfants de la république. Je vous rappelle qu’en Avril 2013, la ville et la CDC avaient voté la remise en état de l’existant, nécessitant un an de fermeture, décision remise en cause juste après l’échéance électorale de 2014, provoquant la fermeture définitive au profit d'un projet de parc aquatique, dont l’inauguration était promise pour janvier 2018. A ce jour, les travaux ne sont toujours pas engagés et depuis bientôt 5 ans, une génération d’enfants a été privée d'un service public de base, impactant de fait l’ensemble des familles.

Si l’on rajoute à cette priorité de piscine, la priorité du dossier de réhabilitation de la Gendarmerie, j’aurai du mal à croire chères et chers collègues, à l’heure où la violence sociale s’exprime en actes violents envers la République, que la majorité de nos votes persiste avec la frénésie qui semble s'être invitée dans le projet Nodris.

Chères et chers collègues, j’aurai du mal à croire que nous puissions collectivement réduire notre ambition pour le Médoc, à une simple acquisition immobilière prématurée, quand le projet culturel communautaire reste encore à définir, dans l’intérêt du rayonnement de notre territoire. 


Bien cordialement à toutes et à tous.

Charlotte Fargeot & le groupe "Autrement La Ville”

 
 
Charlotte Fargeot pour ALV







mercredi 23 janvier 2019

Tourne en rond / Avec ou sans rond point

Le développement urbain 

gelé pour au moins un an


Publié le  par Georges Rigal.







Pour la zone d’équilibre il y a eu une enquête publique pour une expropriation. Il a annoncé : « Nous avons eu un rapport à charge catastrophique. Je rappelle quand même que ce dossier était monté en partenariat avec les services de la sous-préfecture… C’est relativement très grave d’en arriver là. C’est un projet avec 150 à 200 emplois dans quelques années… On va continuer à se battre mais la situation est assez compliquée ».

Pour la piscine, « nous avons travaillé pour monter un projet qui est sorti au point de vue subventions nationales premier ou deuxième d’Aquitaine et ce n’est pas passé. Nous ne comprenons pas tout. Cette piscine, il est impensable qu’elle ne se fasse pas. Les financements on va aller les rechercher. C’est une déception de fin d’année assez forte ». 

Débat républicain 

Il en est venu à la situation nationale en expliquant que les maires ont la responsabilité d’organiser le débat républicain. Ils ne sont pas dans l’obligation d’en être les initiateurs, mais sont invités fortement à les favoriser. Il est également fortement recommandé qu’il y ait un médiateur pour animer ces débats, ce n’est pas le maire qui le fera. Une liste est disponible au niveau de l’association des maires de Gironde pour ceux qui en feront la demande.





A l'heure du débat participatif par la mise en place du RIC, il est bon de rappeler que les fissures qui apparaissent ne sont que les conséquences des bonnes vieilles pratiques de démocratures locales, de ceux qui ont décidé au nom de la collectivité et à nos frais, de mettre en oeuvre en priorité une entrée de ville censée la rendre plus désirable, sans pour autant s'inquiéter de la désertification chronique de son centre, les mêmes que ceux qui ont décidé de détruire précipitamment la piscine municipale à caractère patrimonial, en promettant son remplacement par un parc aquatique, sans se garantir de l'obtention du budget pour sa réalisation, les mêmes que ceux qui ont instrumentalisé l’ancien Palais de Justice, seul bâtiment d'autorité républicaine du nord Médoc en le réquisitionnant dans un geste liberticide en garage à associations, opportunément en période pré-électorale, les mêmes que ceux qui espèrent vivement que les anciens abattoirs subiront prochainement une grande tempête, pour qu’ils puissent s’écrouler définitivement et qu’ils disparaissent naturellement du paysage patrimonial local, les mêmes que ceux qui auront réussi à revendre péniblement les bâtiments de la congrégation au tiers du prix acheté 8 ans auparavant, les mêmes enfin qui s’apprêtent à faire acquérir par la CDC, le domaine de Nodris pour stériliser la culture du Médoc en la réduisant à feu doux une fois l'an à un pèlerinage jamaïcain … 

Ici comme ailleurs et peut-être parfois plus qu'ailleurs, le déconstructivisme touche à sa fin faute de moyens, les territoires dits périphériques font le constat amer des illusions perdues, des promesses non tenues de l’hyperconsumérisme et de la fin de l'état Papa. 

Nous allons devoir réinventer ensemble ce que nous avons égaré négligemment en chemin, le bon sens des valeurs élémentaires héritières de l’interdépendance locale humanisante. 

Par la nécessité d'autonomisation alimentaire, 
les territoires qui le pourront, 

ceux qui disposeront encore de leurs terres, 
vont de nouveau accéder à l'essentiel:

redevenir

BATISSEURS DE LEUR HISTOIRE

EN CULTIVANT LEURS RACINES. 


A l’heure où l’on fera les procès des casseurs des dernières semaines, il serait bon de considérer sur un autre plan, nos responsabilités en ayant collectivement cautionné sur le temps long et sous toutes les bannières, les déconstructeurs de nos territoires matériels et immatériels, ceux qui ont pourtant été élus pour les défendre et non pour les brader à vil prix, en zones de déséquilibre dont on ne saura plus que faire dès demain matin.

jpa pour ALV 


lundi 7 janvier 2019

Rond Point / Théâtre de la ville





Qui a dit que Lesparre n'avait pas 
d'offre culturelle innovante ?

Le nouveau Théâtre de la Ville semble désormais installé à la sortie sur la route d'Hourtin, une sorte de scène ouverte qui a pour l'instant le mérite de s'inscrire en toute discrétion dans le paysage ... 

Nous sommes bien en Médoc Landescòt, cette création profite donc de l'intelligence de la tonne du chasseur ... sans que personne ne s'en étonne. 


Les fervents défenseurs de la zone de la Maillarde, zone dite d’équilibre, dont l’objectif   vertueux affiché serait d’apporter l'offre et la diversification de l’emploi au coeur du Médoc, ne semblent pas intégrer dans leurs insistances, les tendances émergeantes des transitions environnementales, économiques, numériques et par conséquent sociétales de notre époque, sauf à considérer que le Rond Point de la Maillarde serait une sorte d'oeuvre en installation contemporaine, préfigurant par anticipation du mouvement des gilets jaunes.

Comme toute création artistique, ce rond point ne sert à rien, ne dessert aucune autre autre route que celle qu'il entrave et sur laquelle il a atterri, ce pourquoi aucun gilet jaune ne souhaite jusque là le profaner pour y organiser son barbecue du samedi. 

Qui a décidé de ce rond point de la Maillarde, qui l'a payé et à quoi sert-il ? 

Ne serait-il donc qu'une discrète introduction anticipatrice d'un contournement fort controversé, passant opportunément par une zone d'équilibre bien bancale, le tout pouvant guider naturellement les pèlerins du Nord MEDOC en motricité à 4 roues, en les invitant "à l'insu de leur plein grès", à venir communier au temple local de la consommation, en évitant soigneusement la ville et ses risques épidémiologiques.   

N'oublions pas que la France a le record du monde du nombre de ronds-points. Le mouvement des gilets jaunes leur a enfin donné une utilité et une dimension humaine en permettant de reconstruire du lien social. 



Faut-il pour autant consacrer entre 300.000 et 1 million d'euros pour chaque rond-point et dépenser quelque chose comme 20 milliards ?
  

Certes il faut favoriser l'emploi et très particulièrement pour les jeunes générations, mais pas à n'importe quel prix, pas au point de reproduire les modèles éculés de la grande distribution et de sa fabrique de travailleurs pauvres. Il est donc plus important de se soucier de la formation et de l'accès aux qualifications, avant de parler d'emplois pour des jeunes médocains qui doivent se former idéalement en Médoc et s'il le faut ailleurs, dans l'espoir qu'ils puissent revenir avec des projets.


Il est peu probable que le Médoc devienne la terre d’industrie qu'elle n'a jamais été. Ce n'est ni dans son ADN, ni dans son infrastructure et ce n'est plus dans l'air du temps. Une terre capable de développer son attractivité dans quelque domaine que ce soit, envoi son signal  depuis l'identité de la ville phare, susceptible d'offrir les services élémentaires qu'attendent les nouveaux urbains en quête d'un nouvel horizon. Bien qu'étant géographiquement légitime, Lesparre reste faiblement attractive, sans politique culturelle identifiable, sans centre ville désirable, sans offre de parc locatif normé, .... La haute technologie pourrait très bien s'inviter dans la vie en Médoc, au sein de ses générosités naturelles et diverses, encore faudra t-il être capable d'accueillir de nouveaux résidents et partager certains codes culturels et sociologiques que le monde interconnecté génère. 



Pour revenir à la zone d’équilibre, les questions essentielles concernent pour l'instant la gestion du foncier au bénéfice de la société installée sur le site de la Maillarde, Epsilon Composite et ses éventuels sous-traitants actuels ou à venir. Cette entreprise a cependant déjà les moyens fonciers de se développer. Préempter de surcroit 12 ha de terres agricoles, en bordure d’une zone Natura 2000 et des zones résidentielles de Lande-Basse, Juran, soit boisées, soit en zone humide, voire les deux, présente une complexité de sensibilités, paradoxales et distordantes des préoccupations environnementales de premiers plans, auxquelles le secteur de la Maillarde est en droit de prétendre.
  

Le projet de développement de la zone de Belloc et d'une pépinière d'entreprise, s'impose comme l'alternative venant alors remplir sa véritable fonction d'équilibre. La CDC s'appuie sur l'hypothétique création de 150 à 200 emplois d'ici quelques années pour déjà légitimer la création d'une crèche sur la zone de la Maillarde, alors que Belloc serait tout autant indiquée et certainement mieux distribuée. B. Guiraud étant prêt à céder 30 ha à Belloc pour Flying Wales, entreprise en création aux espérances évaporées, la place disponible existe donc. Quid du rond point de la Maillarde? installation rituelle du tourne en rond? Colin maillard, avec ou sans bandeau?







S'il s'agit de perspectives industrielles 

à nourrir pour le Médoc, 
ne prenons pas les risques 
liés à la fragilité de la sous-traitance.



Soyons accueillants 

envers la haute qualification qui, 
décidant de ses implantations 
avec les instances régionales et nationales, 
sont toutefois déjà programmées, 
ailleurs qu'à Lesparre 
et ailleurs qu'en Médoc.

ICI PAS COM'AILLEURS

jpa pour ALV 



vendredi 21 décembre 2018

Landescòt & Ribeyron ...Virtù & Fortuna





"Le pouvoir gouverne toujours 
comme les gouvernés gouverneraient 
s’ils avaient le pouvoir" 
(Jean Giono)


Deux poids deux mesures, entre légitimité et arbitraire, quand le mode de scrutin déséquilibre de manière caricaturale la représentation nationale et quand les politiques de discriminations positives mettent à mal un élitisme républicain qui ne fait fond que sur les « capacités », les « vertus » et les « talents » (art. 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen)

Deux poids deux mesures, entre légitimité et arbitraire, en termes de fiscalité, directe ou indirecte.

Deux poids deux mesures, entre légitimité et arbitraire, dans les sanctions des violations de l’ordre républicain, face aux contrôles ou face aux juges.

Deux poids deux mesures, entre légitimité et arbitraire, l’adaptation aux circonstances, comme pour Virtù & Fortuna... 


Si l’on persiste à croire que la République n'est pas l’anarchie, c’est de l’application déséquilibrée d’une même contrainte légale que naît ici un sentiment d’illégitimité, sinon de la norme, au moins du pouvoir chargé de l’appliquer, et par voie de conséquences, un refus d’obéissance ou un soutien à ceux qui osent ce refus. 

Quand un pouvoir se sent menacé par les citoyens qui ne croient plus en lui, il réprime plus sévèrement et perd plus encore la confiance des citoyens qui doutaient, sans pour autant en fidéliser d’autres. 

L'arbitraire peut alors consacrer tous ses moyens à détruire l’ouvrage, en s'attaquant à la base de tout avantage : la durée, dans laquelle s'est invité au fil du temps, l'amélioration par l'affinage. 
L'idée d'illégalité, d'instabilité, accompagne nécessairement tout ce qui n'a pas été pris en compte et qui viendra tôt ou tard l'exprimer par la violence portée si nécessaire à son paroxysme, pour qu'il ne soit plus possible de rétrograder, ce qui pourrait devenir le plus grand risque du conflit actuel. 

Nous vivons depuis des années dans une République à démocratie limitée, par la conviction, chez beaucoup de représentants du monde dirigeant, que le monde est devenu beaucoup trop complexe pour être dépendant de décisions populaires. Le monde, se pensant débarrassé du communisme, est désormais porté par le communisme des affects simultanés dans l'extraordinaire prolifération de l'information, devenu beaucoup trop complexe pour les dirigeants eux-mêmes. 

Les défis planétaires, instrumentalisés en mantras de la pensée unique par la boucle de l'information globalisée, sont suffisamment couverts pour prendre localement les bonnes décisions, là où il s'avère impossible de prendre une seule bonne décision au niveau global, souvent hors sol et très loin du terrain. Le sentiment général d’impuissance et d'insécurité, nourri peu à peu le désir de survie pour des individus préférant décider pour eux-mêmes et par eux-mêmes. 

Depuis plusieurs décennies, le monde dirigeant impose des solutions dites globales en écrasant de fait les dynamiques locales. Les citoyens ordinaires ayant désormais suffisamment d'informations à disposition, peuvent s'organiser rapidement en temps réel par les réseaux. Le monde dirigeant s'obstine à penser qu'il s'agit là d'une aberration et regarde de haut cette France des pays et des terroirs où certaines analyses par l'observation ont plus de bon sens que dans bien des instances de décisions, parisiennes, bruxelloises ou washingtoniennes. 

Le principe même de notre monde en ryzhome 
oblige désormais à penser 
le remaillage des territoires connectés 
comme expansion du savoir 
par croisement des connaissances.

Les tenants de la République à démocratie limitée ont complètement perdu l'habitude des grands débats politiques. Il est grand temps de comprendre qu’élire c’est ne pas voter pendant un certain temps. Il est grand temps d’accéder à plus de démocratie en votant pour des lois au lieu d’élire des maîtres. Etre dirigeant ne doit plus se limiter à rencontrer ses semblables dans des aréopages internationaux et n'être soudainement à l'écoute de son propre peuple qu’au moment des élections. 

La plupart des élus locaux n’échappent pas à la règle en prenant pour exemple leurs grands modèles instaurés plus particulièrement depuis l’aire mitterrandienne par des candidats à la présidence de la République qui rusent avec le peuple, au service des ambitions globalistes de marchandisation du monde, tout en revêtant des panoplies politiquement présentables et donnant à l’électorat l’illusion de décider. L'actuel président se trouve en fonction au moment de rupture prévisible où le système de République à démocratie limitée est à bout de souffle.
Notre histoire politique a marqué le monde par la révolution de 1789, l’accès au meilleur-être de tous ayant muté pour le bien-être de chacun, par la généralisation de la culture réduite au culte de la consommation. Chaque classe sociale aspire à acquérir les biens et les pratiques de la classe qui lui est immédiatement supérieure et à s’éloigner de la classe qui lui est inférieure, en empruntant les marqueurs du consumérisme comme monte-charge social.

En parallèle de l’évolution de la consommation, on assiste à celle de la distribution, de la boutique à l’hyper marché en passant par le Grand Magasin, à l’apparition de la vente à crédit en ligne, parallèlement à l'accélération des modes de production, de l’artisanat à la production de masse standardisée.
Si le clivage "France périphérique" contre "France d'en haut” surprend les globalistes, c'est qu'ils se sont eux même intoxiqués au point de ne plus sentir d’où vient le vent. L’ampleur de ce mouvement de société vient de très loin et provoque un statu quo qui ne donne pas obligatoirement de direction fédératrice. La verticalité et l’horizontalité ont besoin d’oeuvrer non pas en fusion mais en interdépendance par une forme transversale instruite équitablement de part et d’autre.
Ici Com’ ailleurs
et peut-être ici plus qu’ailleurs, 
le double Médoc, 
celui du Médoc Ribeyron 
et 
celui du Médoc Landescòt
doit s’enrichir des différences qui les opposent 
et du territoire qui les uni malgré eux. 

C’est un long travail pluridisciplinaire 
qui reste indispensable à la reconnaissance 
de l’identité légitime du Médoc, 
ne pouvant aboutir 
que par une volonté commune de la puissance des représentés 
et non par les décisions arbitraires du pouvoir des représentants. 
      

jpa pour ALV 

samedi 1 décembre 2018

Ici com' ailleurs ... le pouvoir d'achat


    
Ici com' ailleurs, 
avec les excès de la mondialisation, 
nous avons produit la France des Gilets jaunes 
et l’Occident des populistes.

immanence sociale 
contre
transcendance environnementale, 

fin du mois contre fin du monde


Le mouvement des gilets jaunes est in fine la manifestation d’une crise beaucoup plus conséquente qu’une simple crise économique, c'est une crise politique. Les perdants des excès de la mondialisation demandent des comptes à l’élite des pays occidentaux, à bout de souffle et à cours de réponses face au sentiment de panique exprimé dans la résurgence des mouvements populistes, en Europe et dans le monde.

La grande victoire de Donald Trump repose sur le paradoxe d’un milliardaire porte parole des perdants de la mondialisation. Bien qu'ayant créé une richesse globale jamais égalée, la mondialisation a répandu une forme de pandémie pour laquelle les perdants eux-mêmes, en acceptant de devenir des consommateurs, ont été à la fois la cible et le moteur.



La société se doit d’être défendue 
et protégée par ses élites. 

La Chine ne s’est pas toute seule autoproclamée en nouvel atelier industriel mondial sans l’autorisation du monde occidental. Nous en payons donc le prix par la perte de nos savoirs faire et le désenchantement de nos populations en déculturation chronique et engendrée par un demi siècle de consommation dérégulée. 

L’heure de la révolution numérique va ouvrir l’accès au développement par le digital, là où le secteur était encore réservé à une certaine catégorie. Numérique et mondialisation se sont mutuellement nourris en tenant une partie de la population à l’écart de l’accès à la richesse par la liberté d’entreprendre. Erasmus, carte de crédit et téléphone portable ont donné à des millions d’étudiants européens l’accès à cette capacité de s’inviter à la table de l’innovation, là où l’argent et la finance ne sont ni tabous ni obsessions. 



Aujourd’hui, les associations, les ONG, les groupes de solidarité conçoivent leurs développements en fonction de leurs capacités à accéder aux services financiers et ce, sur le même plan que l’accès à l’eau potable, aux réseaux de couverture numérique ou à l’énergie. 



Dès le début des années 80, les dérives de la mondialisation liées à celles de la finance ont proliféré avec l’accélération de la consommation via l’Organisation mondiale du commerce et le Fonds monétaire international. Suppression des douanes et privatisations des services publics se sont peu à peu imposées comme marqueurs du libre échange, gage d’un monde pacifié selon l'effet naturel défini par Montesquieu, celui du commerce apportant la paix. 



Depuis la fin des 70, le libéralisme a produit à la fois de plus en plus d’exclus et de plus en plus de dégâts environnementaux. Les parallèles de proliférations de pertes de lien social et d'équilibre écologique s'opposent aujourd’hui en hors phase. Le libéralisme dérégulé aura donc contenu la menace de guerres des uns contre les autres pour nous exposer aujourd’hui aux dangers d’un chaos de guerre de tous contre tous avec comme toile de fond, la menace environnementale. 



Egoïsme et prédation nous caractérisent un peu plus au fur et à mesure de nos évolutions sociétales. Le libre échange à l'excès devient la cause fondamentale de nos difficultés, ne servant jamais le bien commun mais les intérêts de particuliers en quête individuelle de puissance compulsive. Le libre échange reste étranger au temps long des notions humanistes qui ne peuvent cautionner "la politique du pas cher" au prix de l’exploitation humaine comme matière première, sous seul prétexte pseudo vertueux de réduire la pauvreté dans les pays émergeants. En conséquence, les emplois disparaissent en Europe et avec eux, la capacité d'autonomie par transmission du savoir faire, sans que pour autant, l’augmentation des profits de certains ne reviennent en investissements et recherche et développement. Ces profits mutent donc en activités purement spéculatives.



Pour le monde anglo-saxon et états-unien, fondateur du libéralisme, les crispations en retours de bâton d’un monde périphérique ont parlé par les urnes avec le Brexit et l’élection de Donald Trump. Finance spéculative en dérive vers finance illicite, reproduit à l’échelle de notre temps, le modèle des transgressions entre envie et avarice liées à l’argent. De “Off Shore” à “Paradis fiscaux”, la finance internationale reste hors sol de la régulation pendant que la colère des grands perdants du libre échange s'entend depuis la fenêtre d’improbables outsiders disposés à capter leurs déceptions de voir le rêve de la consommation ad vitam, s'achever pour cause de menace environnementale. 











LE POUVOIR D'ACHAT 




Il serait grand temps d’analyser l’élément de langage omniprésent et prédominant dans les discours de tous bords: le pouvoir d’achat. La boucle semble bouclée quand ce que revendiquent les uns n'est que la conséquence de ce que les autres ont toujours voulu: passer de la condition humaine à celle de consommateur, là où il y a peu, il était encore question de choisir un métier qui donne la confiance en soi et doit permettre de gagner sa vie honorablement par le fruit de son travail, il est aujourd'hui question d'accélérer et d'évaluer directement le pouvoir d'acheter avec les revenus d'un emploi quel qu'il soit. 

Ce pouvoir d'acheter le "tout tout de suite et pas cher" s'exerce dans les temples de la consommation, ces nouvelles cathédrales qui ont proliféré au nom d'une modernité déconstructiviste, en fausses villes périphériques de nos villes transmillénaires aujourd'hui prises en état de siège. Ce modèle de colonisation culturelle par l'hyperconsommation mondialisée transite vers la nouvelle dimension globalisée du e.commerce, dont les acteurs tirent les vrais avantages économiques par la défiscalisation organisée à très grande échelle. Les cathédrales du pouvoir d'achat ont fait leur temps d'évangélisation et vont laisser la place à la virtualisation compulsive généralisée du pouvoir d'acheter en un clic sans conscience, dans un monde globalisé en camps de consommation, controlé par l'hyper puissance de quelques dirigeants hors sol, le cercle des hyper riches inaccessibles qui ne reversent rien aux pays qu'ils avilissent, ceux qu'il ne faut pas confondre avec ces petits riches visibles et à portée de main.


Le gilet jaune est passé de l'obligation d'être dans le coffre de la voiture, invisible et préventif, à une lisibilité uniforme pour les déshérités d'une mondialisation heureuse, sur fond de monochromie étoilée et cousue main. Il aura fallu plusieurs guerres mondiales pour faire triompher cette grande OPA sur le genre humain, avec plusieurs décennies de portée à ébullition des pseudos vertus de la consommation comme principe de dépendance addictive et permanente, dans l'application d'une fiscalité indirecte et perverse envers ceux qui n'ont rien et qui à leur insu, obéissent à l'ordre de s'identifier, en choisissant au nom de la sécurité, le gilet jaune parce que c'est plus pratique que la ceinture.


  



Face à la lente augmentation des salaires, le galop du pouvoir d’achat vient imposer la dictature du pas cher par l’ouverture des marchés envers ceux qui pratiquent dans leur coin ce qui nous apparait comme l’indécence des salaires. Notre culpabilité est vite contenue lorsque les produits intègrent la grande distribution, qui devient à son tour une fabrique de travailleurs pauvres, qui peinent à accéder entre autre au logement, pendant que l’immobilier prospère sereinement des avantages de sa valeur refuge. Plutôt que d'augmenter les salaires permettant le choix de vie, la finance internationale a rendu le crédit accessible à taux bas pour promouvoir l'illusion bourgeoise de la propriété au prix du crédit à vie.    



L’interdépendance des économies ne permet plus l’isolationnisme d’un territoire pouvant entrainer des effets dommageables immédiats sur ses voisins. Comme pour l’OPEP, un nouvel ordre économique mondial doit s’imposer autour de la question du prix juste, en préservant à la fois l’emploi et les ressources naturelles, le social et l’écologie venant encadrer des conditions de vie plus décentes et plus conscientes en responsabilités pour les populations actuelles et futures. 



La dignité humaine considérant équitablement chaque individu, ne passe pas par l’individualisme. Nos héritages civilisationnels proviennent des interdépendances qui obligeaient à l’expérience de la pacification, là où la tyrannie du marché a pris le pouvoir mondial qui va s'étendre à la santé, l'éducation, la police, les services...
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L’hyperconsommation nous a habitué au "tout tout de suite", à acheter un prix avant d’acheter le produit d'un savoir faire, reléguant l’esprit de solidarité à la religion cathodique et à une gestion par ONG interposée. 

Au nom de l'égalité, on demande plus de libertés individuelles en souhaitant qu'elles puissent s'inscrire dans l'histoire de la Liberté et la continuité d'intérêt pour le grand autre, la force de l'humanité par l'altruisme et l'interdépendance.




Ici com'ailleurs, 
l’égoïsme généralisé 
touche peut-être 
un nouveau point de Peter, 
une grande partie des classes sociales, 
impactées en consommateurs, 
réclament paradoxalement 
protection et solidarité.


 jpa pour ALV