samedi 25 janvier 2020

Les chemins de la République


N’ayons pas peur, faisons notre choix, exprimons le en votant et assumons le en arrêtant de nous plaindre.

Trop de femmes et d’hommes politiques se sont brûlés les ailes à l’exercice de la médiatisation. A trop vouloir être populaire, conduit immanquablement à une forme nouvelle de populisme. Il n'est désormais question que de séduire et d’exister dans le bruit médiatique ambiant, bien plus que de défendre des idées. En se précipitant sur les plateaux de télévision pour participer à des émissions de divertissement, en acceptant de bonne grâce d’être moqués, les politiques espèrent se montrer sympathiques au public en se pliant à l’exercice de l’autodérision, ce qui ne contribue malheureusement qu'à rabaisser l’engagement politique au plan de la société du spectacle. 

Un responsable politique doit avant tout être efficace et compétent, nonobstant sa personnalité perçue de façon plus ou moins sympathique et avenante. Une personne en responsabilité politique, forte d’avoir pu susciter de par son engagement, la confiance de ses électeurs, se doit de communiquer pour bien remplir sa mission, mais pas au point d’être médiatiquement connu pour ses choix dans sa vie personnelle, préférences musicales, littéraires ou sportives. Le travail au service de l’action publique, souvent austère et quasi sacerdotal, ne requière pas les talents de comédien ou de clown, les responsables politiques n’appartenant pas pour autant à une classe à part. Ce sont des Français parmi les Français, de toutes les provinces, de tous les métiers et de tous les horizons, chacun venu avec son bagage, sa famille et son histoire, tous sortis du rang pour servir la collectivité et défendre leurs idéaux, sans être rattachés à un syndicat ou une corporation. En république, les serviteurs de l’État et du service du peuple ne font qu’un, agissant au nom des concitoyens, dans le cadre d’un mandat accordé par des électeurs, qui n’attendent pas qu’ils s’inclinent mais qu'ils assument avec lucidité, la prise en charge des affaires de la cité.

Sur ces principes, n’ayons donc pas peur d’établir nos choix, de telle sorte que nous puissions voter pour des lois et non pour des maîtres et encore moins pour des clowns. 

N’ayons pas peur, votons et plus tard, ne nous plaignons pas, car nous n'avons que les hommes et les femmes politiques que nous avons choisis et que par conséquent nous méritons tous, ceux qui ont voté, satisfaits ou regrettant de s’être trompés, ceux qui se sont abstenus et qui s’abstiendront encore sans s’abstenir de commentaires et enfin, ceux qui ont combattus mais qui n’ont pas été assez fort pour obtenir la majorité des suffrages. 

Ne nous plaignons pas, car les élus font ce que nous leur permettons de faire et bien plus encore lorsque nous sommes divisés, comme cet éternel peuple de chefs gaulois, dont Jules César aimait tant vanter la bravoure pour mieux valoriser ses propres victoires.   

En France, chacun estime avoir un droit de tirage sur l’État qui serait donc conduit à tort par d’autres. Chacun a en réserve sa propre solution aux problèmes de l’heure, sauf que dans les reproches que nous adressons à nos politiques, une bonne partie revient interroger nos consciences et nos comportements de citoyens de la société de l’égoïsme sacré, cultivant le chacun pour soi et le rien pour les autres. Notre société subi entre autres dérégulations, les incivilités issues de la même source que celle de l'individualisme et du matérialisme, là où les droits et les devoirs ne sont plus en échanges équilibrés. 

Alors, on fait confiance aux médias, confectionneurs des sondages qui, tout en présentant de vrais résultats dans la plupart des cas, finissent par orienter et impacter l’opinion par l’effet de récurrence des diffusions. Gouverner par les sondages, c’est comme un hypocondriaque qui prend sa température tous les matins, il entretient son inquiétude mais ne se soigne pas pour autant. 

Ainsi, la démocratie d’opinion fait des ravages, débouchant sur des lois de circonstances, démagogiques et émotionnelles, inspirées par les faits divers de l’actualité, une forme de communisme des affects simultanés, sans prise sur le monde réel, avec comme exemple récent, le "Grand Débat national" en guise d'hyper thermomètre.

La démocratie d’opinion va aussi au-devant d’une démocratie des réseaux sociaux, qui n’en est pas une car elle assure la  diffusion  massive d’informations non traitées par des journalistes, non  vérifiées, non triées et qui prennent souvent la forme de lieux communs et d’idées reçues, exprimées avec véhémence et de façon péremptoire, quand elles ne reposent pas purement et simplement sur des fake news, rumeurs et calomnies s’y propageant à la vitesse accélérée. 

Internet a propulsé le café du commerce à l'échelle de la démesure de la mondialisation mais, ce qui est du domaine de la politique de la France ne peut utilement et démocratiquement être débattue qu'au Parlement. Les réseaux sociaux fournissent certes de nouveaux instruments d’expressions et de récoltes d’information, mais pas au point de déconstruire par la cacophonie, les principes fondamentaux d’une société démocratique, fondée sur la représentation et la délibération, la loi ne pouvant être dictée par les réseaux sociaux, dont les acteurs ne représentent in finé qu’eux-mêmes. 

La loi doit être faite par les représentants. Les représentés doivent être prioritairement intéressés plus par les lois que par les représentants. Cela ne dispense pas pour autant ces élus représentants, de prendre en considération les différences d’opinion et de s’en inspirer, dans les règles qui doivent être respectées pour pouvoir légiférer.

Un parlementaire ne peut pas accepter d’être traité comme un commis, que ce soit par son parti ou par ses électeurs, comme il ne peut être l’exécutant servile d’une prétendue volonté générale révélée par les sondages, sous prétexte que les Français voudraient ceci ou rejetteraient cela. Chacun peut s’exprimer en France, mais personne d’autre que celles et ceux qu’ils ont élus n’a le droit de parler en leur nom et qui ne peut être réduit à des chiffres, dictés par un grand corps sondagier anonyme, mû par une mécanique sans âme. Qui mieux qu’un élu pourrait parler au nom de tous ces Français, qui s’expriment jour après jour dans nos permanences et partout où ils se retrouvent dans les manifestations de la vie locale ? Quand discussion il y a, l’exercice s’avère souvent réduit à répondre par oui ou par non à des questions binaires qui ne se poseraient pas spontanément. 

Les troubles apportent toute la complexité des êtres de chair et de sang qui les animent. Ce ne sont pas des « sondés » mais des hommes et des femmes de tout âge et de tout métier, pris dans la trame de leur propre vie, forcément singulière. Ils ne sont pas rangés en catégories socioprofessionnelles, ils s'appellent chacun par leur nom. 

Cependant, un parlementaire ne peut pas être le relais de tout ce qui est contre, de tout ce qui ne veut rien changer. S’il se montre ouvert à tous les vents, prenant au vol les idées les plus contradictoires, se soumettant à la coalition hétéroclite des mécontents et des donneurs de leçons, alors c’est un bouchon flottant à la surface de l’eau, ou une simple courroie de transmission. N’oublions pas les leçons de nos anciens. La Constitution dit que « Tout mandat impératif est nul » et elle a raison. 

De plus en plus, les parlementaires sont sommés de devenir une sorte de miroir des Français. Ils devraient ainsi ressembler à leurs électeurs dans toutes leurs diversités, et chercher à faire ce qu’on leur demande, et non ce qu’eux-mêmes croient juste. Cela peut paraître naturel en démocratie mais il faut se méfier des apparences, car cela peut aussi se révéler dangereux pour l’intérêt général.

D’après des extraits de "Les Chemins de la République"de Philippe Bas 
(Président de la Commission des Lois constitutionnelles du Sénat), 
publié aux éditions Odile Jacob


A Lesparre com’ailleurs, ne nous plaignons pas, 
nous aurons toujours les élus que nous méritons, 
nous serons toujours responsables de nos choix, 

pour ceux qui regrettent aujourd’hui 
de s’être trompés hier,  

pour ceux qui se sont abstenus 
et qui s’abstiendront encore, 

comme pour ceux qui ont combattu 
et qui n’ont pas été assez forts,  

ne nous plaignons pas 
de l’expression de nos faiblesses 
et plutôt que de toujours choisir entre 
ce qui nous arrange et ce qui nous ressemble, 
 n’ayons pas peur de choisir ce qu’il nous faut, 
pour permettre à Lesparre-Médoc  
d’accéder à son destin de Capitale du Médoc, 
avec une politique Agri-Culturelle de la ville,  
pour plus d'autonomie, 
Alimentaire, Economique et Culturelle, 
pour que ses habitants et plus largement 
l’ensemble des médocains,  
ne soient plus stigmatisés et humiliés 
comme des moins que rien.



La notion d’autonomie alimentaire a été un sujet  
discuté au sénat le 12 décembre 2019.



https://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppr18-588.html 


Jean-Pierre Alcouffe pour Autrement La Ville 

  


samedi 11 janvier 2020

AUTREMENT LA VILLE 2020 / Pré-Programme




Lesparre-Médoc, 
Capitale Agri - Culturelle du Médoc

Amorce de programme en 3 points clés

1/ Lesparre - Epicentre 

Notre lien à la terre,
pour une meilleure autonomie alimentaire

Priorité en centre ville aux commerces de bouche et aux produits locaux issus de l'agriculture raisonnée à prix raisonnables

Mail de marché permanent en passage couvert en coeur de ville: regroupement d'échoppes d'offre de produits alimentaires de première nécessité en circuit court

Réhabilitation de l'habitat coordonnée à l'offre commerçante attractive en centre ville 

2/ Lesparre - Mobilité

Notre lien au territoire,
pour une meilleure autonomie énergétique 

Réaménagement du plan de circulation existant et des aires de stationnements, alternativement à un contournement coûteux

Mise en place d'un réseau communal de mini bus électriques en navettes gratuites desservant l'ensemble des secteurs de la commune, Plassan, Conneau, Uch, Canquillac, les Marceaux et Saint Trélody

Optimisation de la couverture numérique haut débit  

3/ Lesparre - La Gare

Notre lien au monde,
pour une réelle identité culturelle

Un à deux aller / retour semi-direct par jour vers la Métropole

Notre Gare valorisée en station contemporaine et attractive

Notre Gare et son quartier optimisés en Pôle d'accueil incontournable pour la ville et son territoire

3 point essentiels et structurants
pour vivre autrement
notre ville au quotidien

Parlons en ensemble
tous les samedis de 9h à 13h
à la permanence du 48 rue JJ Rousseau


Préfiguration des 3 tracets de transport en commun gratuit, 
couvrant le territoire communal
Lesparre-Médoc,
 Capitale Agri - Culturelle du Médoc


SECURITE & ENVIRONNEMENT

Lesparre - Voirie

Remise en état des trottoirs communaux et du réseau voirie

Parcours piétonniers et vélos en circuit continu pour personnes à mobilité réduite. Avec le budget du contournement, on pourrait créer un réseau de pistes cyclables de plus de 200 Km !

Réaménagement de la signalisation adaptée aux parcours piétonniers, vélos, et circuits de minibus électriques gratuits.

Sécurisation de nuit / adaptation de l'éclairage public en fonction du lieu d'implantation.

Sécurisation des entrées et sorties pour l'ensemble des établissements scolaires. 

Optimisation des sens de circulation et places de parkings.

Lesparre - Aménagements 

Déviation de la circulation Poids Lourds via la route des lacs.

Création d'un parking couvert et sécurisé, réservé en priorité aux riverains du centre ville.

Enfouissement des câbles et réseaux résiduels des façades sur rues.

Aménagement paysager des Cours du Général de Gaulle et Cours du Maréchal Leclerc, plantation d'arbres d'une même essence en alignement colonnades allant jusqu'à la Gare.

Appel à projet architectural pour la création d'une fontaine Place Gambetta.

Stabilisation des anciens abattoirs et regroupement des services techniques en un lieu mieux adapté.

Abandon du projet éolien, incompatible avec la charte du PNR 

Lesparre - Sécurité 

Développement du réseau de vidéo surveillance sur l'ensemble du territoire communal: 
Lesparre / Saint Trélody / Plassan / Conneau / Uch / Canquillac / Les Marceaux 

Doublement des effectifs de Police municipale et adaptation des équipements. Formation et armement des Policiers. 

Service de veille / Permanence H24 à porter à l'échelle de la CDC.

Animations   &   équipements culturels 

Les Lesparries 

4 saisons en Médoc, 
4 temps forts depuis Lesparre-Médoc

L'été: Programme des festivités lesparraines du 14 juillet au 15 août, organisées par un comité des fêtes centralisateur de l'ensemble des associations, foire aux vins des 8 appellations du Médoc, foire aux bestiaux, les Médiévales, festival de jazz, super loto, spectacles...
Mise à l'honneur des associations locales, autour du thème annuel des échanges culturels avec une région invitée.

L'automne: L'Aucat, grand repas partagé des fêtes de fin de vendanges, en table commune, rue Gramond à la St Hubert, Saint patron des chasseurs et des forestiers.

L'Hiver: Le Marché de Noël, en coeur de ville, organisé en concertation avec l'ensemble des commerçants.

Le Printemps: La Foire du Médoc, à l'hippodrome de La Bécade, grande fête foraine de Pâques, foire d'exposition des machines agricoles et du matériel de plein air.  

Le Rhizome 

Reconversion de l'ancien centre des impôts en complexe culturel majeur à l'échelle du Médoc:
-Création d'une salle polyvalente 
-Maison des associations 
-Médiathèque
-Ateliers d'activités pluridisciplinaires 
-Espace d'expositions permanentes & lieu de convivialité 
-Salle de conférence & Campus universitaire connecté 

L'offre CIMEMA

Quel film ? Quel cinéma ? A quelle heure ?

Création d'une plateforme numérique en application gratuite, dédiée à l'ensemble des salles de cinéma du Médoc:

Lesparre // Pauillac // Soulac // Hourtin // Carcans // Lacanau // LePian-Médoc


autres volets du programme à venir AUTREMENT LA VILLE / LESPARRE 2020: 
FISCALITE / BUDGET / FINANCES
ECONOMIE / DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE  
ENVIRONNEMENT /
RESEAU ASSOCIATIF & SES BENEVOLES
EQUIPEMENT
TOURISME 
PATRIMOINE  

Bureau de campagne: 48 rue Jean-Jacques Rousseau / 33340 LESPARRE-MEDOC

Jean-Pierre Alcouffe pour ALV 


samedi 28 décembre 2019

Dans 8 ans, j'ai piscine

La piscine de Lesparre 

dans le budget primitif



Dans le budget primitif 2020 de la communauté de communes, voté vendredi, le principal investissement est la piscine à Lesparre.

...l’investissement principal engagé par Médoc Cœur de presqu’île, pour un montant de 7 960 000 euros, porte le nom de centre aquatique de Lesparre. Il s’agit du dossier phare de la mandature qui s’achève.

Un peu plus tard dans la soirée, Charlotte Fargeot, conseillère municipale d’opposition à Lesparre et déléguée communautaire, ne se privait pas de faire observer que « certains maires jouaient leur réélection sur ce dossier piscine »

Si l’équipement ne doit pas être «opérationnel» avant 2022, l’investissement sur la piscine, un équipement qui fait défaut depuis Juin 2014, aura en tout cas été voté avant la fin de la mandature. Un calendrier auquel tenaient les élus. 


Charlotte Fargeot / Autrement La Ville  

Au cours des 6 dernières années du mandat qui s'achève, sans les interventions d’AUTREMENT LA VILLE, le conseil communautaire ne serait qu’une chambre d'enregistrement  bien terne de petits arrangements entre amis.

Comme j’ai pu le rappeler lors de cette réunion, « une CDC est un établissement public de coopération intercommunale (EPCI), regroupant plusieurs communes d’un seul tenant et sans enclave. Elle a pour objet d’associer des communes au sein d’un espace de solidarité, en vue de l’élaboration d’un projet commun de développement et d’aménagement de l’espace … »

Fort de cette définition, il parait donc important que les élus que nous sommes, portent toute leur attention sur la formulation pour en partager le sens des mots. Pour exemple, ce conseil communautaire n’a cessé d’évoquer, suivant que les phases d'évolution s'avéraient plus ou moins atteignables, le projet de "centre aquatique de Lesparre" ou plus simplement "piscine de Lesparre", pouvant laisser croire que la CDC financerait un projet de Lesparre, à Lesparre et surtout pour Lesparre. Ce futur centre aquatique n’est autre que la deuxième piscine de la CDC Cœur de Presqu’île, la première étant à Pauillac. 

Rappelons qu’à peine 6 mois après avoir voté son maintien, il n'aura donc fallu qu'une journée en tout début de mandat pour démolir la piscine Tournesol existante, mais qu'il aura fallu les 6 ans du mandat pour trouver les financements d’une construction à neuf, qui verra le jour peut-être en 2022. 

La construction d’un nouvel équipement voit tout juste sa validation avant les élections municipales, la prochaine mandature devra dès 2021 entamer la rénovation du complexe de Pauillac et vu sous cet angle, la CDC joue pleinement son rôle de mise en œuvre d’un projet de solidarité territoriale.

Sur le chapitre des économies, il serait bon d’en faire également sur les commémorations permanentes dans les éléments de langages:  « ex cœur » et « ex centre » faisant références aux découpages CDC d’avant la loi NOTRE sont en permanence repris et finiraient presque par exprimer une forme de nostalgie parasite de la construction d’un projet commun. 

Cela oblige les élus à la gymnastique permanente du "qui suis-je / où vais-je / d’où viens-je", comme si la fusion présentait une dangerosité nucléaire pour chaque clan.

A quelque échelon que ce soit, les élus sont les représentants des représentés. Nous pouvons exprimer nos désaccords, mais nous sommes avant tout au service de la population, pour aider à la construction d’un territoire commun, matériel et immatériel. Partager les vrais mots au bon moment en leur donnant le même sens serait un bon début.

Sur un autre plan et non des moindres, j’ai suggéré que cette solidarité territoriale fasse son office pour l’aménagement des abords des établissements scolaires du second degré (collège et lycée) sur la commune de Lesparre-Médoc. 

Chaque matin, 1000 élèves entrent en cours et jusque là sans encombre comme par miracle. Bus scolaires, voitures particulières,  piétons et cyclistes se croisent au même endroit en l’espace de 15 minutes. Pour assurer la sécurité de nos enfants, il est indispensable d’aménager l’ensemble du secteur et de repenser la circulation. 

Ces 2 établissements drainent  les élèves de l’ensemble du Nord Médoc, issus d’au moins 2 CDC, Cœur de Presqu’île et Médoc Atlantique. On ne peut imaginer que les 300 000€ de travaux envisagés pour un aménagement indispensable incombent uniquement à Lesparre-Médoc. Si nous sommes sur un territoire commun et sans enclave qui élabore un projet de développement et d’aménagement de l’espace, il n’y a alors aucun obstacle à ce que la CDC finance en partie ces travaux tout en sollicitant Médoc Atlantique qui oublie parfois que ses élèves sont scolarisés sur le territoire Coeur de Presqu'ile. 

L'organisation territoriale à l’échelle de la CDC doit être repensée de telle sorte qu’à la fois chaque commune puisse conserver la singularité de sa représentation, tout en oeuvrant au regroupement et à la mutualisation de la majeure partie des compétences.


Penser le territoire globalement, 
c’est enrichir sa culture, 
son développement économique 
et son rayonnement.

CF Fargeot pour ALV


samedi 14 décembre 2019

Les tournesols de Gironde

4, 3, 2, 1 ? 

Les piscines Tournesol de la Gironde


Quel est le lien entre les Jeux olympiques d'été de 1968 à Mexico 
et les communes girondines de 
Braud-et-Saint-Louis, Cestas, Lesparre-Médoc et Saint-Médard-en-Jalles ?
 Indice : cela concerne la natation. 

Réponse : les étonnantes piscines Tournesol !

Les piscines Tournesol de Braud-et-Saint-Louis (haut) 
et Cestas (bas)


Au départ il y avait donc la prestation décevante de l'équipe française de natation aux JO de 1968. Par conséquent, le secrétariat d'État chargé de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs lança, l'année suivante, un véritable plan d'action national. Baptisé "1000 piscines", le programme servit de cadre et de structure de soutien pour la construction de piscines à un prix abordable, avec pour objectif une plus grande accessibilité à l'apprentissage de la nage.

Au final, la France fut loin du chiffre symbolique des mille piscines, mais le plan facilita quand même  la construction de 600 à 700 structures municipales. Différents modèles de piscines furent proposés aux noms poétiques comme Plein-Ciel, Plein-Soleil, mais les véritables lauréats de cette campagne furent Caneton et, bien sûr, Tournesol. Ce dernier devint le modèle emblématique de cette stratégie des 1000 piscines et, au cours des années 1970 et du début des années 1980, 183 piscines Tournesol furent ainsi construites à travers la France.

Plans d'une piscine Tournesol, source : http://www.archi-wiki.org (contributeur : Lionel Grandadam).


Le curieux design futuriste fut conçu par l'architecte Bernard Schoeller, en collaboration avec l'ingénieur Thémis Constantinidi pour la structure, et avec la société Matra pour le choix des matériaux. Le principe de base fut l'utilisation d'éléments préfabriqués, allant jusqu'aux systèmes de filtration ou de chauffage, les vestiaires et même les toilettes.

La structure circulaire dessinée par Shoeller et Constantinidis était d'un diamètre de 35 mètres, représentant une surface de 1 000 mètres carrés au cœur de laquelle était positionné un bassin de 25 mètres de long. L'ossature de la coupole, haute de six mètres, était formée par 36 arcs métalliques. Entre chaque arc se trouvait un panneau en polyester rigide, dont un sur deux comprenait sept hublots. Plus particulièrement, deux grands segments étaient mobiles et dotés d'un système de rail permettant de les déplacer sur un rayon de 60°. Et voilà la singularité d'une piscine Tournesol : la capacité de se transformer de façon quasi-instantanée de piscine couverte en piscine extérieure (sur 120°) en sachant que, dans la plupart des cas, une zone jardin permettaient aux baigneurs de se prélasser au soleil entre deux plongeons.

Gros plan sur le système de rail /  transition entre piscine couverte et piscine extérieure. 
Photos prises à Cestas.


Suite à l'installation d'un prototype en 1972 à Nangis, à l'est de Paris, un premier modèle de série fut inauguré à Roissy-en-Brie la même année. Ces deux précurseurs n'existent plus aujourd'hui. Ce qui nous amène à la Gironde et ses quatre piscines Tournesol. Trois furent érigées en 1975 à Cestas, à Lesparre-Médoc et à Braud-et-Saint-Louis. La piscine de Saint-Médard-en-Jalles suivit en 1981. Les Tournesol girondines étaient de couleurs différentes : la coupole de Cestas était jaune, celles de Braud-et-Saint-Louis et de Saint-Médard étaient bleues ciel, alors que la piscine de Lesparre était rouge ocre. Que devinrent-elles ? 


Commençons par la piscine de Cestas, qui se porte merveilleusement bien. Elle se situe sur une grande plaine de sports près de l'autoroute A63, donc les nageurs se mélangent facilement aux footballeurs, rugbymen et joueurs de tennis. Si vous souhaitez tester l'installation, le ticket d'entrée n'est que d'1,60€. Le bassin de Braud-et-Saint-Louis est tout aussi opérationnel, mais de nombreuses discussions sont en cours pour que la piscine actuelle soit remplacée par un "centre aquatique" comprenant petits bassins, toboggans, etc. 


Du côté de Braud-et-Saint-Louis dont l'accueil (en haut à gauche),
les vestiaires préfabriquées (en haut à droite)
et, en bas à droite, douches et pédiluve
depuis l'extérieur face à la jonction entre les deux panneaux mobiles.
Si ce scénario se confirmait, ce serait la même situation qu'à Saint-Médard-en-Jalles où, en 2007 après 26 ans d'existence, le lieu fut transformé en espace aquatique. Le nouveau site garda néanmoins le bassin de 25 mètres de son prédécesseur.

Saint-Médard : hier (source : l'ouvrage Saint-Médard-en-Jalles, au fil du temps) et aujourd'hui.
Terminons du côté de Lesparre, où l'air est encore imprégné de particules de polyester suite à la récente démolition de la piscine, considérée jusqu'alors comme une verrue à l'entrée de cette ville médocaine. L'activité de la piscine cessa en juin 2014, bien que le projet d'origine était de la moderniser. C'est avant l'été 2016 que vint l'annonce de la destruction de l'enceinte, et cette mission, qui coûta 70 000 euros à la commune, fut exécutée en août et septembre. Sur place j'ai pu constater qu'il ne reste aucune trace de la piscine, hormis un petit local technique, et la zone est entièrement recouverte de sable. Là-aussi, un projet de centre aquatique inter-communal qui peine tant à prendre forme. 


Lesparre : en haut à droite, l'ancienne piscine (source : www.pss-archi.eu) ; 

photo principale, les travaux de démolition en cours (source : www.sudouest.fr) ; 
en bas à droite, le même point de vue aujourd'hui. 




Si vous avez lu attentivement jusque là, vous aurez compris qu'il ne reste que deux des quatre piscines Tournesol girondines, et l'une d'elles est menacée. C'est bien dommage, même s'il est évident que ces piscines rudimentaires ne semblent plus être de notre temps. Mais ce n'est pas le cas partout ailleurs : loin d'être considérées comme des verrues, de nombreuses piscines Tournesol ont été soigneusement entretenues et sont même labellisés "Patrimoine du XXe siècle". C'est notamment le cas d'une piscine à Marseille, une autre à Carros-le-Neuf, près de Nice, ou encore à Biscarrosse dans le département voisin des Landes. De plus, de nombreux Français restent très attachés à ces OVNI de l'Hexagone, comme le démontrent l'excellent site Architectures de Cartes Postales et le compte Instagram @laffairetournesol.

La piscine de Cestas (Gironde) vue d’en haut le 3 juillet 1987.
 © Crédit photo : Olivar Vincent

Mais la vraie question est : les Français sont-ils devenus plus doués en natation ? Quelques recherches permettent de voir que, suite à l'échec de 1968 il a fallu attendre 1984 et la médaille d'argent remportée par Frédéric Delcourt (200 mètres dos) ainsi que la médaille de bronze de Catherine Poirot (100 mètres brasse). Puis après de nouvelles années difficiles c'est Laure Manaudou qui remporta l'or en 2004 (400 mètres nage libre) suivie quatre ans plus tard par Alain Bernard (or 100 mètres nage libre). Ensuite, c'était au tour de Camille Muffat (or 400 mètres nage libre, 2012), l'équipe relais 4 x 100 mètres (or 2012), Yannick Agnel (or 200 mètres nage libre, 2012) et Florent Manaudou (or 50 mètres nage libre, 2012). Plutôt une belle réussite indirecte pour le plan d'action "1000 piscines", non ?...


  • Localiser sur la carte Invisible Bordeaux :

    • Piscine Tournesol Cestas : 
    • Chemin de Canéjan, Cestas

    • Piscine Tournesol Braud-et-Saint-Louis : 
    • 51 avenue de la République, Braud-et-Saint-Louis

    • Ex Piscine Tournesol Lesparre-Médoc : 
    • 3 avenue du Docteur Benaben, Lesparre-Médoc

    • Ex Piscine Tournesol St Médard : 
    • 116 avenue Anatole-France, Saint-Médard-en-Jalles