samedi 1 septembre 2018

LE CONTOUR ME MENT


ALV soutiendra l'ensemble des mouvements locaux 
qui s'opposeront au projet de contournement de la ville.

Depuis 4 ans, ALV propose en conseil municipal mais en vain, 
de créer une commission capable d'établir 
une analyse du système viaire existant de Lesparre-Médoc, 
en vue de son optimisation à adapter aux utilisations d'aujourd'hui, 
à raisonner dans l'intérêt général d'un territoire 
capable d'anticiper sur son devenir,
avant toute ambition démesurée d'un contournement.


QUAND ON VEUT TUER SON CHIEN, ON DIT QU'IL A LA RAGE.  


Les arguments avancés le 23 avril dernier par Jean-Luc Gleyze, Président du Conseil départemental de Gironde et Alain Renard, vice Président chargé de la préservation de l'environnement, gestion des risques et des ressources et des infrastructures routières lors du premier comité de pilotage en présence des élus concernés, pour défendre, à l'heure des restrictions budgétaires, ce projet à 35 M€ qui sera forcément copieusement dépassé, sont des arguments repris dans les 5 points qui suivent et qui ne tiennent pas. 

1/ Favoriser le développement économique local // 
Ce qui revient à dire, persister dans l'économie artificielle et subclaquante de l'hyper consommation mondialisée par le "tout bagnole", en spoliant plus encore les locaux de ce qui leur reste d'identité agriculturelle et commerçante, les transformant peu à peu et comme ailleurs, en pousseurs de caddies vers la dictature du Pas Cher. Il s'agit donc de contourner définitivement la ville par une route menant directement à la fausse ville.
(voir notre post ALV du 6.02.17 - Euromédocain -) 

2/ Favoriser l'activité touristique // 
Avant de penser à recevoir des touristes, pensons à nous reconstruire pour les accueillir, à susciter la désidérabilité envers l'identité d'un peuple en osmose avec son territoire, pensons à créer les équipements nécessaires pour l'accueil plutôt que de penser à une route en impasse d'offre.
(voir notre post ALV du 5.06.17 - Tourisme or not tourisme -)

3/ Réduire le trafic traversant les agglomérations // 
Avec ce contournement, on ne réduit pas le trafic, on le déplace et on le canalise en emportant avec, le potentiel de fréquentation de la ville qui en manque cruellement. C'est l'effet Glyphosate, pour tuer l'herbe on détruit l'éco système.
(voir notre post ALV du 2.07.18 - Action Coeur de Ville -)

4/ Diminuer la pollution et réduire les nuisances sonores pour l'amélioration du cadre de vie des riverains // 
Là aussi on ne diminue rien, on déplace la pollution en tous genres vers un environnement naturel qu'on nous a persuadé de sacraliser en votant dernièrement pour son classement PNR. La principale amélioration souhaitable du cadre de vie pour des riverains, c'est qu'ils se rencontrent , qu'ils se parlent, qu'ils aient des endroits pour échanger et faire l'expérience de la pacification.
Le fameux "Vivre ensemble" qu'on nous vend depuis plusieurs mandatures comme un couteau suisse fabriqué en Pologne par des moines tibétains, réfugiés politiques venus de nuit et à pieds du Ladakh ?... ne dépend pas du contournement de ce qui n'existe plus mais de la reconstruction de ce qu'il faut d'agora pour être en dignité urbaine, UN CENTRE VILLE, qui soit autre chose qu'une soit disante rue piétonne, dont l'extrême singularité consiste à n'y voir circuler majoritairement que les voitures en gymkhana entre des poteaux en fer.
(voir notre post ALV du 23.07.18 - Rurbanisation -)

5/ Un projet vertueux //
Tout est déjà prévu pour appuyer une communication aveuglante de vertues HQE (hautes qualités environnementales), ce qui reste non pas un argument mais le moins disant dans le contexte de la COP 21 ratifiée en 2015. On nous dit que rien ne se fera sans concertation, mais on nous prévient que la société CERTIVEA a déjà visiblement obtenu le marché en appel d'offre en tant qu'organisme d'audits pour les contrôles allant de la conception à la réalisation d'un chantier déjà programmé pour 2022.
(voir notre post ALV du 3.08.18 - MEDOC de la nature ou nature du MEDOC -)

Une route qui nous mènera où
et pour contourner quoi ?

A l'heure où l'actualité met plus encore la préoccupation environnementale et l'économie verte au centre des débats en quête d'équilibre " écologiconomique ", tout projet et à quelque échelle qu'il soit, se doit d'être émancipé des enjeux lobbyistes. D'un point de vu plus général, tant que la grande distribution au service des multinationales de l'agrochimie et des énergies fossiles imposera via les grandes banques, les objectifs de maximisation du profit à très court terme, par la dictature et l'illusion du pas cher, au mépris du climat, de l'identité des peuples, de la biodiversité, de la santé publique,... l'hypothèque augmentée sur l'avenir de notre civilisation se révèlera très vite hors de prix.
(voir notre post ALV du 21.05.18 - Consommer moins mais bon -)




A l'heure où la bicyclette devient marqueur de changement de civilisation et nouvelle passion des français, à l'heure où Paris et le C40 (organisation comptant 98 des plus grandes métropoles mondiales engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique) envisagent de supprimer les autoroutes urbaines et périphériques, nombre de villes de petites et moyennes importances emboitent le pas et se mobilisent par cette prise de conscience de la réelle destination des routes de la déculturation, celles qui nous aspirent en hyper-consommateurs repus et comblés, celles dont les futures générations ne sauront quoi faire.  
(voir notre post ALV du 16.04.18 - Histoire de Toto -)    

L'étalement urbain 
sous quelque forme que ce soit, 
est la préoccupation éthique 
à appréhender ensemble. 

La terre n'étant pas extensible, 
elle ne peut être réduite 
au territoire d'expression 
d'un refoulement à l'horizontale, 
favorable à l'expansion dérégulée 
d'un circuit automobile, 
mais doit rester le précieux réservoir 
des ressources propices au maintien 
de l'évolution de l'humanité 
instruite de l'intelligence de la terre.  

Le MEDOC 
et très particulièrement sa pointe Nord 
doit révéler son territoire d'exception, 
à la croisée de ses pluralités, 
dont l'épicentre LESPARRE-MEDOC,  
ne peut en rien être contourné de son destin.

Jpa pour ALV 



jeudi 30 août 2018

MEDOC de la nature ou nature du MEDOC



Le MEDOC,

aux contours dessinés par la géographie naturelle 
et à la nature d'un territoire structuré par la main de l’homme 
est en soi une forme d'expression écologique universelle, 
consensus entre l'intelligence de la nature et l’observation instruite 
que l’homme en retire à chaque époque 
pour prioriser l’épanouissement de la vie.

La transition environnementale et sociétale 
au centre des préoccupations nationales et internationales 
vient nous interroger plus encore 
par l’actualité de démission de Nicolas Hulot. 

LESPARRE-MEDOC, 
en tant que sous-Préfecture du département, 
légitimée de par sa position géocentrée, 
se doit d’être le haut-parleur d'un territoire 
dont les liens à tisser entre ses différentes composantes, 
permettront de le hisser au rang de territoire pilote.

Au XXI° siècle, le véritable désenclavement ne dépend plus des routes 
mais de l’accès aux idées qui font l’histoire. 

JPA pour ALV 



Cette histoire des idées qui nous fait percevoir la nature comme nécessairement bienveillante en France.

Bertrand Vergely / philosophe et théologien.



La démission de Nicolas Hulot ce mardi 28 août remet en évidence les difficultés politiques liées à cette question de l'environnement. Ne peut-on pas estimer que la vision de la nature est idéalisée en France, dans un sens d'une nature docile et pacifiée, qui serait bonne par essence ? Cette vision d'une nature bienveillante n'est-elle justement pas le signe d'un manque d'humilité, voire d'une méconnaissance ? 

B.V. : Depuis le XVIème siècle la France a développé quatre conceptions de la Nature
La première est rabelaisienne  et réside dans une vision généreuse où la Nature est aimée parce qu’elle est vue comme une mère nourricière bien illustrée par le salon de l’Agriculture, qualifié de plus grande ferme de France, qui rassemble chaque année  hommes,  produits de la terre et animaux.  Toujours présente, cette conception  constitue le fond de la relation de la France à la Nature et s’exprime à travers l’attachement que les Français peuvent avoir pour la vigne et le vin, la mer et le poisson, le gibier et la forêt, la campagne, le pain, les légumes, les fruits et la viande, la montagne et le fromage etc … 
La seconde conception de la Nature est cartésienne et réside dans une vision mécanique où la Nature se ramène à l’intelligence que l’esprit peut découvrir dans les choses. Si Rabelais apprécie la générosité de la Nature, Descartes apprécie l’ingéniosité de l’esprit humain capable de démêler sa complexité. Cette vision totalement intellectualisée  exprime parfaitement la vision de  l’âge classique avec les jardins à la Française où, toute trace de sauvagerie étant éliminée, la Nature plaît parce qu’elle est totalement humanisée, civilisée et socialisée. Par sa vision civilisée de la Nature la France fascine le monde qui vient par millions visiter Versailles. Reste que Descartes avec sa vision de la Nature comme machine a horrifié et continue d’horrifier les amoureux de la Nature et ses défenseurs, Descartes étant considéré comme le responsable de la domination moderne de la nature par la technique. 

Troisième conception de la Nature, la conception rousseauiste. Si Descartes pense la Nature de façon insensible comme une machine, Rousseau la pense  comme une grande âme hyper-sensible. Comme le classicisme Rousseau défend une vision humaine de la Nature. Mais, contre le classicisme, par humanisation de la Nature il n’entend pas la civilisation mais la sensibilité. D’où  chez Rousseau le bon sauvage et non les jardins à la française comme modèle de vie naturelle, le bon sauvage désignant l’homme qui sait vivre simplement avec lui-même. Rousseau a pensé que la Nature étant humaine, l’humanité est naturelle. Il a vu de ce fait cette humanité s’exprimer chez les animaux et le peuple. Cette vision est aujourd’hui présente dans le projet de donner des droits aux animaux comme dans le fait de faire des réseaux sociaux, cette nouvelle image de l’expression populaire,  le fondement de la démocratie. 

La quatrième vision de  la Nature  enfin est bergsonienne et vitaliste. Bergson pensait que la Nature est un élan vital évoluant de façon de plus en plus créatrice. Dans notre postmodernité, quand il s’agit de penser le sens de la vie ainsi que la condition humaine c’est à cet élan créateur que l’on se rattache, l’homme étant vu comme venant d’une création afin de devenir lui-même un créateur. 
Aujourd’hui où la question écologique est au centre de la vie politique et de l’inquiétude collective, on s’interroge. La vision qu’a la France de la Nature n’est-elle pas très idéaliste et cet idéalisme quelque peu arrogant n’explique-t-il pas la relation difficile entre écologie et politique ? 
B.V. : La France a une vision idéale de la Nature, c’est vrai, mais n’oublions pas que cet idéal a quatre visages et pas simplement un seul. Quand donc on parle de la vision française de la Nature il importe de se demander : laquelle ? On pense que la France est rousseauiste. Quand elle est révolutionnaire, certainement. Mais, fondamentalement, celle-ci a une vision rabelaisienne et cartésienne oscillant entre la fascination pour la maîtrise scientifique de la Nature et le souci rabelaisien de profiter des bonnes choses que celle-ci produit.  La conception de Rousseau est-elle idéale ? Pas tellement. Derrière sa vision de la Nature comme humanité, bonté et sensibilité, c’est surtout le tragique qui caractérise la Nature, humanité, bonté et sensibilité étant refoulées par la société.  Du fait de son idéalité, cette vision est-elle arrogante et sans humilité ? Elle peut l’être.  
La position de Rousseau étant  celle de la victime opprimée, elle peut déboucher sur la révolte qui se donne tous les droits au nom de la lutte contre l’oppression. On a pu s’en rendre compte à l’occasion de la lutte farouche des écologistes contre le projet de création d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes près de Nantes. Cet idéalisme intransigeant est-il propre à la France ?  Non. L’écologiste rebelle luttant contre le système en estimant qu’il a tous les doits parce qu’il exprime la pureté de la Nature contre l’impureté du capitalisme et de la consommation est aujourd’hui une figure mondiale. Il y a des tensions entre écologie et politique. D’où viennent-elles ? Du manque d’humilité des écologistes ? Pas vraiment, mais plutôt d’une contradiction interne au mouvement écologique. On ne peut pas être à la fois contre le système et dans le système. Il faut choisir. On ne peut pas vouloir que l’écologie fasse de la politique et qu’elle soit en même temps contre le système. Quand on choisit de faire de la politique, il faut savoir que celle-ci consistant à prendre le pouvoir et à diriger le monde, pour conquérir le pouvoir et le garder, elle sera nécessairement  amenée à faire des compromis. Donc à ne pas être pure. Donc à décevoir les écologistes purs et durs.  Quand à l’inverse on choisit d’être un écologiste, il faut savoir que l’écologie consistant à lutter pour préserver la Nature, cette lutte est incompatible avec la politique, le pouvoir et la gestion du pouvoir qui ne cessent de faire des compromis. Il importe d’ouvrir les yeux : pourquoi tous les écologistes qui deviennent ministres finissent-ils par quitter le gouvernement, dans lequel ils sont entrés, en claquant la porte ? Parce que devant faire des compromis ils ont le sentiment de se trahir. Est-ce à dire que l’écologie est vouée à l’échec et qu’en matière d’écologie on ne peut rien faire ? Nullement. En faisant de l’information comme elle le fait depuis des années, en étant une culture, une éthique, un mode de vie, l’écologie fait bien plus  bouger les choses que n’importe quelle politique. Elle a  bien plus de pouvoir qu’un ministre n’en a.   
 A l'inverse, la littérature américaine traite en profondeur le rapport violent qu'entretien l'homme avec la nature. Comment comprendre ces différences de perception, entre une humilité américaine réelle et un sentiment de domination telle, en France, que celle semble aboutir à une croyance d'une nature bonne par essence ?
B.V. : L’Amérique a une vision marquée, elle aussi, par quatre éléments

Le premier réside dans l’ESPACE. Pour l’Amérique,  l’Amérique ce n’est pas la Nature américaine. C’est l’espace américain, l’espace étant synonyme de liberté et la liberté  synonyme  de nouveau monde. Là où les autres pays sont des pays, l’Amérique est un continent. C’est ce qui fait la force de son mythe, le mythe américain, un mythe fondateur. Quand on aspire à être libre, que veut-on ? De l’espace. Or, que fait l’Amérique ? De l’espace elle en donne. Au propre comme au figuré, l’espace physique ouvrant sur l’espace social à travers le projet de bâtir un monde où tout le monde a une place pour peu qu’il soit prêt à travailler.

Deuxième élément : la PUISSANCE. Dans l’espace qui est le sien l’Amérique voit se déployer une Nature extrêmement puissante. Les Grecs anciens entendaient par Nature une apparition divine, apparition divine qu’ils appelaient du nom de phénomène. En Amérique  la Nature est de l’ordre du phénomène  non pas tant divin que cosmique.  Témoin les amplitudes thermiques que l’on peut trouver sur son territoire qui va des déserts brûlants de la frontière mexicaine aux glaces de l’Alaska. Témoins les catastrophes naturelles spectaculaires qui, sous la forme de cyclones impressionnants la dévastent chaque année.  Témoin les chutes du Niagara, le Grand Canyon, la vallée de la mort, la forêt de séquoias géants au Nord de San Francisco, Monument Valley et ses décors de western, etc… Puissance exprimée par des animaux emblématiques comme le cheval, le bison, le taureau et l’aigle.

Troisième élément : les INDIENS. Qui a le sens de la Nature aux Etats-Unis ? Qui va l’apprendre aux pionniers venus d’Europe ? Ce sont les Indiens dont on oublie qu’ils sont les premiers américains.  D’où leur appellation Native Americans. Si chez Rousseau le modèle de la vie naturelle se trouve chez le bon sauvage, pour les Américains il se trouve chez les Indiens qu’ils ont copieusement opprimés avant de redécouvrir leur sagesse. 

Quatrième élément enfin : la BIBLE. Quand les colons débarquent du Mayflower pour aller à la recherche d’une vie nouvelle dans un monde nouveau, s’ils ont la cognée avec eux pour abattre les arbres  ils ont aussi la Bible et avec la Bible le rêve protestant de revenir à un christianisme originel ressuscitant  les prophètes d’Israël. Dans les années 70 le mouvement hippy qui s’empare de la jeunesse américaine avant de se développer en Europe s’est directement inspiré de ce prophétisme en le revisitant à travers la mémoire indienne d’Amérique et la sagesse de l’inde. Qui était Timthy Leary à qui on doit l’usage du LSD pour ouvrir les « portes de la conscience », terme inventé par Aldous Huxley dans son livre Les portes de la perception et qui va donner son nom à un groupe de pop emblématique des années 70 Les Doors ? Un pasteur protestant.
L’Amérique donne l’impression d’être humble à l’égard de la Nature. L’est-elle ? Elle donne également l’impression d’être différente de la France. L’est-elle là encore ? On se trompe quand on pense que l’Amérique a une vision violente de la Nature. Elle a surtout une culture puissante de l’homme. Quand on veut conquérir on se heurte à une résistance. L’Amérique voulant conquérir, celle-ci a forcément en face d’elle la Nature qui lui résiste. C’est donc l’homme et non la Nature qui est violent en Amérique. Aussi est-il difficile de dire que celle-ci est humble à son égard, témoin sa difficulté  à freiner sa croissance afin de respecter les normes écologiques mondiales. Quand on a le sens de la conquête inscrit dans sa mémoire on ne réfrène pas comme ça son appétit de puissance.  Ainsi,  quoi qu’elle fasse l’Amérique est toujours dans une quête de puissance. Quand, par exemple, le mouvement hippy s’est développé, qu’a-t-il fait ? Il a conquis le monde. Si bien que, prêchant le refus du pouvoir et du système il a pris le pouvoir.Notamment à travers l’habillement, la coiffure, la musique, la drogue et la fraternité universelle pleine de paix et d’amour comme valeur. Comme toute l’Europe la France a été touchée par ce phénomène. Avec des différences toutefois et c’est là qu’il convient de parler de celles-ci. 
Se pensant comme une victime opprimée par un système, l’écologiste est un révolté qui mène une lutte politique en espérant changer les mentalités, la vie quotidienne et le mode d’être des nations. En Amérique et en France ce combat n’a pas les mêmes formes. En France, l’écologie est marquée par l’extrême gauche sur la base d’une idée simple : le capitalisme étant responsable de la pollution, si l’on veut pouvoir faire cesser celle-ci il n’y a qu’un moyen, renverser le capitalisme. D’où une écologie  de type  révolutionnaire et gauchiste totalement politique et totalement politisée parlant peu voire pas du tout de  Nature et beaucoup de politique.  En Amérique, il en va autrement. Quand les Américains sont écologistes ils le sont sur le mode mythique du retour à la pureté originelle des Indiens avant l’homme blanc et de la Bible avant le catholicisme et Rome. Si l’écologie française parle beaucoup de politique et peu ou pas de Nature, l’écologie américaine parle, elle, beaucoup de Nature et beaucoup moins de politique. De sorte que, pour changer les choses l’Amérique crée un monde parallèle alors que la France rêve de faire la révolution afin d’établir une société juste dirigée par un État juste.  


Comment faire la part des choses et entretenir une relation "clairvoyante" avec la nature ? 

B.V. : Il faut arrêter de parler de la Nature en termes d’environnement. La Nature n’est pas ce qui nous entoure en étant extérieure à nous.  Elle n’est pas un cercle avec nous au centre. Il n’y a pas la Nature d’un côté et nous de l’autre. La Nature étant le principe vivant essentiel qui donne à chaque chose son noyau d’être,  celle-ci est en nous comme nous sommes en elle. Développons cette vision vivante de la Nature, voyons en elle un milieu c’est-à-dire une vie en transition et nous comme un milieu dans ce milieu, comme une vie en transition dans la vie en transition, tout change. La Nature devenant ce que l’on vit dans un apport de vie à vie on se met à la vivre. Et se mettant à la vivre on commence à découvrir ce quelle est à savoir, une énergie spirituelle comme le dit Bergson, composée de mille manières nuancées et subtiles de se tenir en équilibre de façon harmonieuse. D’où l’ouverture à un trésor d’enseignements. On s’en rend compte quand il s’agit de bâtir une maison écologique. Que de savoirs ingénieux, subtils et profonds il faut pour cela. 
L’écologie est un état de conscience, un état de conscience tout à fait extraordinaire. Il est possible de parvenir à une relation équilibrée avec l’écologie, en entreprenant une révolution spirituelle consistant à devenir sérieusement vivant. 
Les abbayes chrétiennes au moyen-âge ont su développer un art de la vie naturelle. La sagesse chinoise du Tao est l’exemple même d’un art d’être sérieusement vivant. L’acupuncture également. Les méthodes et les sagesses pour vivre en harmonie avec la Nature existent et ce depuis longtemps. À nous de les utiliser. 
Bertrand Vergely 

samedi 11 août 2018

Anthropocène

L'Anthropocène, soit l'ère de l'homme, est un terme relatif à la chronologie de la géologie, proposé pour caractériser l'époque de l'histoire de la terre qui débute lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l'écosystème terrestre.

Ce terme a été popularisé à la fin du XX° par le météorologue et chimiste de l'atmosphère Paul Josef Crutzen, prix nobel de chimie en 1995 et par le biologiste par Eugène Stroermer, afin de désigner une nouvelle époque géologique qui aurait débuté à la fin du XVIII° avec la révolution industrielle et succèderait ainsi à l'Holocène, période interglaciaire de ces 10 000 dernières années succédant au Würm, dernière période glaciaire après laquelle, la remontée du niveau des océans procède d'environ 100 à 120 mètres jusqu'au niveau actuel.  



Anthropocène est un néologisme construit à partir du grec ancien ἄνθρωπος (anthropos, « être humain ») et καινός (kainos, « nouveau », suffixe relatif à une époque géologique), en référence à une nouvelle période où l'activité humaine est devenue la contrainte géologique dominante devant toutes les autres forces géologiques et naturelles qui avaient prévalu jusque-là.

Les activités humaines ont la capacité de provoquer des modifications importantes de l'environnement terrestre, notamment via :

Comme pour chaque époque définie par la trace des créations témoins de leur temps, une autre histoire de l'art est en cours dont l'esthétique de l'oeuvre d'art en général en ressort modifiée. 

L'artiste écosophe Nathalie Blanc lui donne le nom d'Ecoplastie, que Paul Ardenne, historien de l'art, augmente par cet autre néologisme de l'Antropocénart, consistant à explorer l'engagement écologique bien au delà de l'idéologie verte, mobilisée désormais comme filtre de vertu en toute circonstance, dans les codes culturels de la pensée unique. 


ICI PLUS QU'AILLEURS, 
NOTRE EPOQUE PEUT ETRE REVELEE, 
PAR LES DIVERSITES PRESQU'ILIENNES
 D'UNE FIN DE TERRE ... ENCORE ATTACHEE ... 
MEDOC / MEDIUM AQUA / ENTRE DEUX EAUX    

jpa pour ALV 




lundi 23 juillet 2018

Rurbanisation


Ce néologisme qui s'installe dans le vocabulaire depuis une dizaine d'années, désigne le processus d'urbanisation rampante de l'espace rural, par l'imbrication des espaces ruraux et des zones urbanisées.

La rurbanisation doit être distinguée de la périurbanisation (ou suburbanisation) qui suppose la continuité physique de l'espace bâti aux franges des villes et des agglomérations.

La rurbanisation qui peut se développer à distance, parfois importante, de ces dernières et s'organise autour des noyaux de l'habitat rural, en discontinuités de l'espace bâti, comme s'il s'agissait d'un modèle de vie alternatif, hésitant entre la sédentarité artificielle et la marginalisation en distance quasi nomadique vis à vis des locaux et du centre bourg initial.

Cet habitat nouveau, majoritairement en lotissements pavillonaires, se développe lié à différents phénomènes : 

*la quête mythique de "campagne" et d'habitat individuel, 

**la généralisation du recours à l'automobile, 

***le coût des logements devenu prohibitif dans les localisations de meilleure centralité, provocant une forme de migration des ménages cherchant un meilleur équilibre budgétaire.

La rurbanisation pose certains problèmes parmi lesquels: 

*le mitage des espaces dits "naturels" ou agricoles 

**la consommation énergétique ***les déséconomies d'échelle (coût des dessertes, des infrastructures de réseau, du maintien des services publics) 

****les fractures de liens sociaux de par les incompréhensions entre "néoruraux" et ruraux d'origine. Ce modèle proliférant concerne bien la réserve foncière des localités de petites et moyennes importances qui ne peut pas être réduite à une forme de parking à maisons. La terre n'est pas extensible et ne peut pas au fil des générations et de l'explosion démographique, être recouverte d'un bâti et de son système viaire plus ou moins éphémère dont le recyclage n'est pas réellement anticipé. 

Ce modèle d'habitat proliférant vient compléter une forme d'hyperconsommation qui consiste à répondre à un besoin de façon quasi pulsionnelle dont les conséquences seront éventuellement analysées plus tard et laissées aux bons soins des futures générations. Rurbanisation et hyperconsommation associées constituent une forme prédatrice de la ville, en la vidant peu à peu de sa mixité naturelle, de ses fonctionnalités citadines et commerçantes, de son agora, pour aller empiéter sur les terres agricoles et planter le décor de fausses villes, après avoir vidé celles qui s'étaient maintenues jusque là à échelle séculaire voire millénaire. 

La rurbanisation est un des processus déculturants installés sur plusieurs dizaines d'années, par une forme d'américanisation de nos modes de vies, l'accès à la modernité désirée se réduisant à plus de consommation dérégulée, au détriment de notre identité contemporaine locale.
        

Parmi les 222 communes 
répertoriées à l'échelle nationale dans le plan 
"Action Coeur de Ville", 
il est fort regrettable que seule la ville de Libourne 
ait pu être retenue pour la Gironde, 
plus grand département de la France métropolitaine 
où dans un contexte d'équilibre territorial, 
la sous-Préfecture de Lesparre-Médoc 
aurait pu légitimement s'inscrire, 
pour peu que sa candidature ait été défendue 
et argumentée en temps utiles.  


jpa pour ALV 





lundi 2 juillet 2018

"Action Coeur de Ville" au plan national


Discours d'Édouard PHILIPPE, Premier ministre, 
à la Première Rencontre Nationale du plan 
"Action Cœur de Ville"
Paris, mardi 26 juin 2018 


Seul le prononcé fait foi

Bonjour à tous.
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs.

Je souhaite commencer par un constat, que je crois nous partageons et qui doit nous renvoyer à une très grande forme d’humilité. Notre pays – ce n’est pas propre à notre pays et ce n’est pas propre à notre époque – mais notre pays se transforme assez profondément. Il se transforme sous l’effet de choix publics, de choix conscients, qu’on approuve ou qu’on n’approuve pas, mais qui sont des choix démocratiques, publics, d’aménagement et depuis trente ou quarante ans, un certain nombre de choix institutionnels ou de décision relative à tel ou tel projet transforment la réalité de nos concitoyens et transforment notre territoire.

Mais un pays, quelle que soit l’époque, ne se transforme pas seulement à raison de choix publics qui sont assumés. Il se transforme aussi à raison de milliers de décisions individuelles qui créent un mouvement, créent une transformation et viennent s’inscrire dans des tendances très lourdes, auxquelles les décideurs publics que nous sommes peuvent au mieux s’adapter, peuvent au mieux prendre en compte, mais dont ils ne sont pas à l’origine.

Je voudrais en prendre un exemple. En 1931, la population française est devenue majoritairement urbaine. L’exode rural qui avait commencé une bonne centaine d’années auparavant et qui s’est poursuivi ensuite, a trouvé en 1931 le moment du basculement.
Aucun de ceux qui ne se sont inscrits dans ce mouvement, aucun des élus publics ne peut dire qu’il était à l’origine de ce mouvement ou même d’une certaine façon qu’il l’a organisé. Il a fallu s’y adapter parce que ces décisions étaient des décisions que nous devions prendre en compte, que les élus devaient prendre en compte parce qu’elles les dépassaient.
Aujourd’hui, la géographie de notre pays se transforme aussi très profondément. Quand je dis aujourd’hui, c’est sur des tendances qui sont déjà anciennes, je voudrais en évoquer quelques-unes avec vous, parce qu’elles impliquent pour nous tous des difficultés quotidiennes.

D’abord les répartitions géographiques sur notre pays. Il y a un phénomène qui fait que la France se développe démographiquement plus vite aujourd’hui à l’Ouest et sur les littoraux qu’à l’Est. Il y a la tendance qu’on observe dans beaucoup de pays de l’héliotropisme, qui nous pousse plutôt – il faut bien le reconnaître – vers le Sud que vers ma Normandie natale.
Il y a les phénomènes de métropolisation extrêmement puissants et pas récents – lorsque j’étais étudiant, on nous parlait encore de Paris et du désert français, de ce vieux concept qui avait été pensé, formulé, dont d’ailleurs on pouvait, je crois, au moment où il a été formulé, discuter de sa pertinence. Enfin, ce vieux concept de Paris et du désert français, il était encore enseigné lorsque j’étais étudiant, à la fin des années 80, au début des années 90.

Je doute qu’il soit aujourd’hui enseigné. Je doute qu’il représente quelque chose de valide pour expliquer la réalité des territoires français. Aujourd’hui, on ne parle pas de Paris et du désert français. On parle des phénomènes de métropolisation, lesquels posent d’autres sujets, d’autres questions, présentent d’autres avantages, peuvent impliquer d’autres risques, bien entendu, mais enfin la transformation est là.
Nous vivons désormais dans une France qui se voit, qui se pense, qui se vit comme un élément constitué, certes de Paris, mais aussi de grandes métropoles qui sont à la maille européenne et qui sont capables de rivaliser avec leurs grands homologues, concurrentes peut-être, européennes. Ce phénomène-là est nouveau. Est-ce qu’il résulte de décisions prises par les autorités publiques de façon consciente ? Je ne sais pas. On peut en discuter. Est-ce qu’il est amplifié par des décisions individuelles prises chaque jour par nos concitoyens ? C’est probable. En tout cas, ce phénomène est là.
Avec ce phénomène, vient un second, peut-être encore plus frappant que la métropolisation, mais qui l’accompagne de façon immanquable, c’est la centralisation régionale. Au moment où de grands ensembles urbains se créent dans toutes les régions, on assiste – nous l’avons tous vécu depuis vingt ou trente ans – à des processus de centralisation, qui ne sont pas nécessairement des processus de centralisation parisienne, mais bien des processus de centralisation régionale. Regroupement des grands services commerciaux d’entreprises privées dans quelques grandes métropoles régionales au lieu d’être distribués de façon plus uniforme sur le territoire. Regroupement d’un certain nombre de services de l’Etat, regroupement d’un certain nombre de services administratifs dans ces grandes métropoles régionales. Vous voyez bien que lorsqu’on regroupe dans ces grandes métropoles régionales l’ensemble de ces services, on crée une situation qui est fondamentalement nouvelle.

Le deuxième grand mouvement dont je ne sais pas dire s’il correspond à des décisions publiques ou à une accumulation de décisions individuelles – en vérité, probablement un peu des deux – c’est l’autre couple très structurant de la rurbanisation et des décisions en matière d’équipement commercial. Rurbanisation qui a poussé de façon progressive et un peu partout en France – probablement partout en France – nos concitoyens à s’installer, à cinq, dix, quinze, vingt kilomètres du centre de la ville ou de l’agglomération où ils avaient choisi de résider. Cela a provoqué un étalement de l’espace urbain, le faisant se marier avec les franges agricoles des métropoles et dans le même temps la constitution de grands ensembles commerciaux en périphérie des villes, pour des raisons qui sont parfois excellentes, pour des raisons qui ont parfois été moins bonnes, qui ne sont presque plus dicibles aujourd’hui, mais qui ont été extrêmement puissantes à l’époque.
La métropolisation et la centralisation régionale, rurbanisation et essors commerciaux des périphéries, nous avons là des transformations de nos territoires, provoquées parfois, subies parfois, qui s’auto-entretiennent et qui ont eu un impact considérable sur les élus locaux. Quand je faisais ce constat en forme d’humilité, c’est qu’au fond nous nous inscrivons dans des phénomènes qui à bien des égards nous dépassent, qui trouvent des origines bien avant nous, se complètent partout sur les territoires, s’auto-entretiennent, et nous, élus locaux, élus nationaux, nous devons faire avec, nous devons faire en sorte de contrecarrer les effets les plus néfastes et d’essayer de créer de nouvelles dynamiques, lorsque celles-ci, celles qui prévalent donnent le sentiment de nous écraser.

C’est fondamentalement l’objectif du plan, du projet, de la démarche qui a été initiée par Jacques MEZARD, le ministre de la Cohésion des territoires. L’idée a été de partir de ces deux ou trois grandes transformations qui affectent notre territoire et de constater que pour toute une série d’ensembles urbains qui n’étaient pas à l’échelle des métropoles, qui n’étaient pas d’ailleurs dans ces métropoles, il y avait un impact de ces mécanismes qui était extrêmement dur à vivre, extrêmement déstabilisant et qu’en déstabilisant ce tissu urbain, on déstabilisait l’ensemble des territoires qui le faisait vivre.
Ça a été le constat que depuis plus de trente ans, près de quarante ans, aucune politique publique spécifique ne s’était tournée vers les communes dont je viens de parler. Elles relevaient du droit commun et c’est très bien ainsi, mais elles n’avaient jamais été identifiées comme relevant d’une nature tellement particulière, qu’il aurait fallu inventer des mécanismes, des outils, une politique publique spécifique pour faire face aux difficultés et aux constats que je viens de faire.

Sur ces 222 communes, cibles à certains égards, vit un bon quart de la population française. Ce n’est donc en rien négligeable. C’est même très largement structurant. C’est la raison pour laquelle il nous a semblé nécessaire de concevoir une politique spécifique et une politique d’accompagnement.
Cette politique spécifique se traduit par au fond des concepts simples, qui vous ont été présentés et sur lesquels je voudrais simplement revenir pour vous dire dans quelle logique nous nous inscrivons pour les faire vivre.

le premier élément, ça a été de mettre en place une politique d’accompagnement. Il ne revient pas au ministre de la Cohésion des territoires et il revient encore moins au Premier ministre de définir une stratégie pour les 222 villes en question. Quand bien même nous le voudrions – nous ne le voulons pas – nous en serions incapables.
L’idée, c’est d’accompagner la stratégie des maires, des élus qui promeuvent le développement ou la renaissance à certains égards de leur centre-ville parce qu’à cette échelle, se joue la possibilité non pas de venir contrecarrer les évolutions que je mentionnais au début de mon propos, mais de s’adapter à ces évolutions pour redonner une chance à des territoires qui sont ou se vivent parfois en perte de vitesse.

Accompagner la stratégie des élus, ne pas leur proposer une stratégie, ne pas imaginer qu’on serait en mesure de leur proposer ou de leur imposer une stratégie et veiller, si cette stratégie n’est pas encore élaborée alors, faire en sorte de les accompagner et de laisser le temps à cette stratégie de Cœur de Ville d’être pensée par ceux qui le doivent et la mettre en œuvre.
Le résultat, c’est que parmi vous, si j’ose dire, il y en a qui sont très prêts et il y en a qui seront bientôt très prêts et c’est tant mieux et ce n’est pas grave ! Il n’y aurait rien de pire que d’imaginer que, parce que nous, nous sommes prêts à mettre en œuvre cette stratégie, il faudrait que vous soyez prêts à un niveau de préparation qui serait identique. Ce n’est pas comme ça que ça marche, ce n’est pas comme ça que fonctionne le pays. Et donc, avec le ministre de la Cohésion des Territoires, nous voyons bien que dans certains lieux, dans certaines villes, nous allons pouvoir aller très vite dans la signature, le financement et la mise en œuvre de ces projets et que dans d’autres, ça prendra un peu plus de temps et ce n’est pas grave. On va ouvrir cette fenêtre de temps pour permettre l’élaboration, la maturation de ces projets.

Et accessoirement, puisque nous sommes pour l’essentiel entre responsables politiques, la maturation et l’élaboration de ces projets, c’est aussi la capacité qu’on a à partager ces projets avec des populations, à faire en sorte qu’ils soient l’expression d’une volonté d’organisation collective.
Le deuxième élément sur lequel repose cette logique, c’est la mobilisation, la mobilisation d’acteurs qui, pour beaucoup d’entre eux, existent déjà, ont des financements organisés, ont des ingénieries redoutablement complexes parfois mais au point, ont des compétences, des équipes et dont les missions commandent qu’ils vous accompagnent et qu’ils vous aident et nous allons donc les mobiliser. Le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations étaient sur ce podium avant moi. L’ANAH, l’ANRU, la Caisse des Dépôts, la Banque des Territoires, tous ces organismes qui existent doivent être mobilisés dans leur ingénierie, dans leurs compétences, dans leurs financements aussi pour permettre aux élus de mettre en œuvre la stratégie sur laquelle nous aurons décidé de vous accompagner.
Le troisième élément, ce sont des nouveaux instruments car, au fur et à mesure que nous avançons, nous pouvons en mobiliser et en créer de nouveaux. Dans le cadre de la loi ELAN qui est présentée et défendue par le ministre de la Cohésion des Territoires, vous avez peut-être observé que vous pourrez disposer de quelque chose qui s’appelle les opérations territoriales. Ce nouveau cadre, ces nouveaux instruments, ils vont vous permettre de préempter plus facilement lorsque c’est nécessaire, d’agir plus facilement pour transformer la réalité qu’est la vôtre et mettre en œuvre la stratégie que vous aurez définie.

Les préconisations pour l’Agence nationale de cohésion des territoires vont nous permettre là encore de créer un cadre, de créer un système, de créer des instruments sur lesquels vous allez pouvoir vous appuyer, que vous allez pouvoir utiliser, qui vont permettre de multiplier l’ingénierie à laquelle vous aurez accès et donc, là encore, de vous accompagner.
En matière de services, parce qu’on voit bien qu’il y a un aspect stratégie urbaine, renouvellement, on voit bien qu’il y a un aspect stratégie commerciale, recentralisation et revitalisation des équipements commerciaux de centre-ville, il y a aussi un aspect service. La ministre de la Culture est entrée en contact avec un certain nombre d’entre vous et il faut impérativement que nous puissions avancer, par exemple, sur la question de l’ouverture un peu plus tard dans les journées et un peu plus tard les week-ends des bibliothèques car on sent bien qu’il y a là un service. Tous les élus qui ont su avancer en la matière, on voit bien les difficultés que ça pose en pratique mais on voit bien aussi les services que ça offre et le dynamisme que ça suscite et l’incroyable caractère attractif que ça peut susciter dans une ville.

Donc ce sont des discussions que nous devons avoir. Je sais que les sénateurs POINTEREAU et BOURQUIN, ont préparé une PPL qui est intéressante. Je ne dis pas que j’en partage avec enthousiasme toutes les dispositions mais il y a un certain nombre de choses qui sont très intéressantes dans cette PPL et qui nous permettront là aussi de nous doter de nouveaux instruments et donc, forcément, d’avancer.
D’autres éléments nous permettront là aussi de créer des instruments. Je sais qu’une réflexion est engagée sur les espaces de coworking. Je sais qu’une réflexion est engagée avec André MARCON sur le volet commercial et sur les aspects commerciaux. Je sais aussi combien sont indispensables les éléments relatifs à l’équipement numérique des territoires et notamment l’équipement numérique de ces 222 villes qui maillent le territoire national. Sur tous ces sujets et sur bien d’autres, nous aurons l’occasion d’avancer.
Au fond, ce que je veux vous dire, c’est que l’humilité que j’évoquais au début de mon propos face à des mouvements tellement profonds, tellement anciens, tellement puissants que nous ne pouvons pas faire comme s’ils n’existaient pas, que nous devons d’une certaine façon nous y adapter, elle n’est pas incompatible avec un niveau de détermination extrêmement élevé. L’humilité face à un phénomène puissant, ça ne veut pas dire qu’il n’y aurait rien à faire. Au contraire d’une certaine façon, ça veut dire qu’il faut le comprendre avec lucidité, qu’il ne faut pas se mentir sur les raisons de ces transformations, qu’il faut les comprendre intensément pour pouvoir agir efficacement.
Notre pays, il est et il a toujours été et nous voulons faire en sorte qu’il demeure marqué par une très grande diversité. Certains ici m’ont déjà entendu le dire, le début de ce formidable livre de Fernand BRAUDEL sur l’identité de la France, c’est : « La France est diversité. » Et fondamentalement, la France est diversité et entend bien le rester d’ailleurs. Il n’y a rien de plus insupportable aux Français d’imaginer qu’il faudrait nier ces différenciations, cette diversité de nos territoires, de nos cultures, de nos habitudes d’une certaine façon.
Elle est diversité et elle est maillée. Quand on survole la France, quand on la parcourt, on se rend compte qu’elle présente cette caractéristique assez rare d’une certaine façon, y compris en Europe, d’être incroyablement maillée par des réseaux de villages, de villes souvent plus petits que dans d’autres territoires, dans d’autres Etats, mais que le maillage territorial français est une donnée historique et géographique. On ne peut pas renoncer à cette donnée, on n’en a pas envie et il faut s’appuyer sur cette donnée qui peut présenter des inconvénients mais qui est aussi à certains égards une force et qui est en tout cas une caractéristique.

C’est donc pourquoi, avec les associations d’élus qui ont voulu nous accompagner dans cette réflexion – je vois Madame la Présidente CAYEUX, je la salue parce que votre association, enfin celle que vous présidez, Madame la Présidente, nous a beaucoup accompagnés dans cette logique de travail sur le maillage sur ces 222 communes – nous voulons préserver ce maillage, nous voulons le renforcer et nous voulons permettre aux élus de développer la stratégie dont ils ont besoin pour donner toutes leurs chances aux concitoyens qui vivent dans leur territoire.
C’est ça le projet Cœur de Ville. Je crois que c’est une logique exigeante mais je pense qu’elle est prometteuse et je voudrais remercier tous ceux qui ont participé à l’élaboration de cette action, tous ceux qui vont s’inscrire dans cette action pour discuter, pour penser, pour élaborer, tous ceux qui ont permis l’élaboration de cette politique publique spécifique à ces 222 villes et à ces territoires français au premier rang desquels, évidemment, le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques MEZARD. Et puis je voudrais nous souhaiter collectivement bonne chance et beaucoup de travail pour nous permettre non pas d’inverser les tendances, mais de profiter des tendances pour faire en sorte que la France que nous aimons soit toujours plus forte. Merci beaucoup.

DISCOURS D'ÉDOUARD PHILIPPE 
PREMIÈRE RENCONTRE NATIONALE DU PLAN 
"ACTION CŒUR DE VILLE"