lundi 19 mars 2018

Commission Arc Atlantique

Commission Arc atlantique / Atlantic Arc Cities

 
LESPARRE EPICENTRE de l'ARC ATLANTIQUE ?
comment faire ? 


1/ considérer parmi les volets identitaires de la ville, son rapport singulier à l'océan
2/ instruire un projet éco responsable innovant et à forte valeur symbolique
3/ élaborer un dossier de présentation en soutien à candidature

Cette proposition a été présentée il y a une dizaine d'années, 
à la municipalité qui y est restée insensible, 
probablement sans faire l'effort 
d'en évaluer les enjeux de rayonnement pour la ville.

Le désenclavement ne dépend pas uniquement 
des nouvelles routes de la pensée unique, 
mais passe aussi par l'ouverture 
aux chemins de perception 
du devenir du monde. 


jpa pour ALV     



La Commission Arc Atlantique est l’une des six Commissions géographiques de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes et son action, bien que spécifique aux attentes de ses Régions membres, s’inscrit dans ce cadre plus général.
Des Régions pionnières qui coopèrent depuis 1989
La Commission Arc Atlantique est née en 1989 à Faro (Algarve, Portugal). Elle couvre cinq États (Irlande, Royaume-Uni, France, Espagne et Portugal) d’un territoire s’étalant de l’Andalousie à l’Écosse. Avec quelques 60 millions d’habitants, elle représente 12% de la population européenne. 
Ensemble, des atouts à promouvoir et des défis à relever

Les Régions atlantiques partagent un littoral attractif, garant d’une haute qualité de vie et qui offre des opportunités pour des filières à haut potentiel telles que le transport maritime, les énergies marines, la recherche et l’innovation marine, ou encore la construction navale et le nautisme. Mais cet atout constitue également un défi environnemental, social et économique pour nos Régions. 

De la même manière, si la situation périphérique des Régions atlantiques est vectrice d’un ancrage patrimonial et identitaire fort, c’est également un enjeu majeur en termes d’aménagement du territoire et de développement économique.


Un espace de coopération dynamique
Les problématiques d’accessibilité, de changement climatique, d’énergie ou de sécurité maritime dépassent le cadre des frontières régionales et nationales et justifient une coopération transnationale. Cette coopération se traduit par :
– Des groupes de travail actifs sur des thématiques telles que les transports, la pêche, la recherche marine et maritime, etc.
– Des projets au service des citoyens et des territoires: avec un budget de 139 millions d’euros sur la période 2014-2020, le programme européen Interreg VB-Espace atlantique permet à des partenaires des 5 États de l’Arc Atlantique de développer des actions communes.
– Un partenariat étroit avec les autres acteurs atlantiques: La Commission Arc Atlantique travaille en étroite collaboration avec les villes, les Chambres d’agriculture, les socioprofessionnels et les universités et s’affirme comme pilote d’une action d’envergure visant au développement durable du territoire atlantique.

Une force de proposition au profit des intérêts atlantiques:
La Commission Arc Atlantique a également pour mission de promouvoir les intérêts régionaux auprès des instances communautaires et des États membres. Ce rôle de porte-parole se traduit par :
–  La production de documents stratégiques;
–  Une participation active aux consultations sur les politiques européennes;
– Un échange permanent avec les représentants des institutions communautaires et nationales.

Préparer le futur
Quelques vingt-cinq ans après sa création et dans un contexte européen de plus en plus incertain, la Commission Arc Atlantique se mobilise pour promouvoir une coopération plus ambitieuse et doter cet espace de nouveaux outils pour demain. Elle s’attache donc à :
– Promouvoir une gouvernance plus efficace grâce à une meilleure coordination et articulation entre l’échelon européen, national et régional;
– Passer à une nouvelle étape de la coopération en faisant de l’Arc Atlantique un espace de mise en œuvre des politiques européennes, grâce notamment à la Stratégie européenne pour l’Atlantique que la Commission Arc Atlantique a largement contribué à promouvoir;
– Préparer les futures politiques et programmes européens pour se doter des outils à même de répondre aux défis auxquels font face les Régions atlantiques.

Organisation

Le Bureau politique
Le Bureau politique de la Commission Arc Atlantique se réunit sur convocation du Président, autant de fois que nécessaire. Il oriente et coordonne les activités de la Commission Arc Atlantique. Ses membres sont élus pour deux ans. Les coordinateurs nationaux sont les interlocuteurs techniques privilégiés pour relayer l’information entre le Secrétariat exécutif et les Régions d’un même pays.

Le Comité de coordination
Les membres du Comité de coordination sont les techniciens des Régions membres du Bureau politique, les coordinateurs des groupes de travail et les organisations atlantiques (RTA, AC3A, CVAA, RUOA). 
Le Comité de coordination travail sur des thèmes généraux comme la gouvernance, les fonds, le programme de travail, la communication et les  questions en lien avec les politiques stratégiques de 
l’UE. Il est également responsable du suivi et l’évaluation des activités des groupes de travail.






lundi 5 mars 2018

Transition sociétale


60 % des métiers d'ici 2030 n'existent pas encore. Il est souhaitable que la notion de travail, de par son étymologie "tripalium / torture", laisse la place pour le plus grand nombre, à l'activité choisie et favorise la créativité, l'esprit critique et l'innovation promise par la transition sociétale de la révolution numérique et de l'intelligence artificielle.

Rien n'interdit cependant d'assembler opportunément cette intelligence artificielle à l'intelligence naturelle, celle avec laquelle les civilisations se sont advenues, par l'observation des phénomènes conditionnant la capacité d'adaptation du genre humain pour sa survie, avec notamment l'intelligence de la terre dont il a su s'instruire.


Le devenir de LESPARRE-MEDOC dépend probablement de sa capacité à intégrer le monde numérique du XXI° tout en revisitant ses richesses enfouies, sources d'identité et d'autonomie. Les plateformes numériques utilisent déjà les traces qu'on a laissé de notre passé pour calculer notre futur. Pour se défendre, il faut lutter contre l'illectronisme, valoriser le transfert et le croisement des connaissances et repousser l'insécurité culturelle, fortement liée au vote populiste, dont les causes dépassent l'insécurité économique. 



Le passé médiéval de la seigneurie de LESPARRE et l'exception paysanne de la péninsule médocaine sont des puits de ressources à intégrer contemporainement et pas uniquement sur des principes traditionnels ou folkloriques.



De la société médiévale, il est utile de retenir les 3 composantes qui se complétaient mutuellement avec pour chacune, une vie réglée dans leurs domaines respectifs.  



ORATORES 


BELLATORES 

    

   LABORATORES      

     



Les Oratores (ceux qui prient), participent au développement de la vie monastique, dans de nombreuses abbayes construites pour différents ordres religieux. Beaucoup prirent la règle de St Benoît comme règle de vie d'où le nom de Bénédictins. L'un des ordres les plus importants fût celui de Cluny. Les restes de ce qui fût l'abbaye la plus importante du moyen âge se visite en Bourgogne.

Les Bellatores (ceux qui combattent), Ducs et Comtes, nommés par les rois pour gérer les provinces, se liaient à des vassaux qu'ils protégeaient et qui leurs devaient fidélité. Ils faisaient construire des châteaux forts où les paysans pouvaient se réfugier en cas de danger. La cité de Carcassonne témoigne encore de nos jours de la puissance seigneuriale dans la société médiévale.



Les Laboratores (ceux qui travaillent), principalement constitués de paysans et d'artisans, portaient la dynamique des échanges économiques et des transmissions du savoir faire. Le Château de Guédelon dans l'Yonne présente un chantier en cours selon les techniques des différents corps de métiers liés à la construction au moyen âge.       







Les Laboratores sont ceux qui ont acquis le savoir d'un métier passion, 
qu'ils exercent encore pour le bien de tous. 


Les Bellatores sont ceux qui aujourd'hui, 
s'engagent au maintien de la sécurité des biens et des personnes.


Les Oratores sont ceux qui ont toujours oeuvré en consacrant leur temps
à la créativité et à l'inventivité au service du progrès et de l'intérêt général.  


La ville a un destin qui ne peut être révélé qu'en fonction des critères de l'époque dans laquelle il s'exprime et des engagements pris dans l'époque précédente. 

Lesparre n'ayant pu accéder totalement à l'hyper consommation dérégulée du temps qui s'achève, souhaitons qu'elle puisse s'épanouir dans l'époque qui vient, celle de la révolution numérique qu'il lui faudra assembler à son identité agri-culturelle pour participer activement à la préservation de la terre et du genre humain qui l'occupe.

Le MEDOC est une sorte de cathédrale aplanie, 
son vitrail capital ne demande qu'à recevoir la lumière,
libre au peuple qui l'occupe, d'oeuvrer fraternellement à son élévation.


jpa pour ALV 

lundi 12 février 2018

La ville palimpseste




Ville et territoire comme palimpseste

La ville et le territoire constituent des réalités que certains théoriciens, historiens et beaucoup de praticiens réduisent trop souvent à quelques paramètres là où le sensible s'impose de par  l'hypercomplexité à mettre une infinité d'informations en résonance, à la croisée des connaissances.   

Au cours des âges, l'humanité a toujours imposé ou du moins tenté d'imposer sa volonté aux lieux où elle réside et travaille, en ne cessant de les modifier pour en améliorer le rendement, donc en quelque sorte de les « récrire » - semblable en cela aux auteurs médiévaux grattant leurs parchemins pour y déployer un nouveau texte : ville et territoire, eux aussi, sont des palimpsestes.

Toute œuvre est une traque des imaginaires au travers des territoires accessibles. L'impermanence et l'immatérialité obligent une constante navigation entre les structures physiques ou construites et leurs représentations iconographiques ou descriptions écrites, suivant les époques.

Le territoire n'est pas une surface 

Trop de descriptions sont pensées en termes de surface au lieu de l’être en termes de réseaux. Le territoire comme surface est un héritage du XIXe siècle, époque où les nations se sont définies : cette dénomination signifie une aire géographique constituée dans un temps et en une contrée données, par et pour une société donnée : une telle définition admet donc, voire institue, un rapport fixe entre une étendue géographiquement définie, et le groupe social déterminé qui l’occupe : il y a correspondance bi-univoque entre cette surface et ses occupants. D’où deux caractères complémentaires : la délimitation qui protège contre l’extérieur et l’appropriation de la surface protégée : dans ces conditions, le territoire est une superficie clôturée, habitée par une société homogène. Inutile de souligner à quel point cette conception est devenue impraticable : multiculturalisme, transculturalisme, mobilité, déplacement des centres décisionnels, abolitions de maintes barrières historiques etc., nous contraignent à formuler pratiquement tous les problèmes territoriaux comme des systèmes de réseaux.

Une surface a un périmètre, alors qu’un réseau n’a que des points terminaux. Les surfaces ne se mélangent guère tandis que les réseaux, en revanche, se superposent et se combinent sans abolir les surfaces, ce qui nécessite d’inventer une dialectique capable d’en définir les relations. 
Cela signifie qu’une bonne part des instruments descriptifs doit être inventée ex novo, ceux dont nous disposons ayant été conçus pour une problématique des surfaces.
Le destin de Lesparre-Médoc dépend de ces notions de désenclavement que l'amélioration d'un réseau routier ne peut à lui seul résoudre. Il s'agit d'accéder au rayonnement suscitant la désirabilité souhaitable pour une ville dont la principale valeur pérenne reste sa position géocentrée, équidistante des deux rives et dont l'éloignement relatif à 60 km de la métropole, l'épargne d'une réquisition en réserve foncière pour la CUB.


Reste à chaque génération qui passe, la responsabilité de consacrer son talent disponible pour révéler ou pas LESPARRE-MEDOC, ville on ne peut plus palimpseste, que des esprits déconstructivistes et modernidolâtres ont malmenée depuis quelques décennies, au point de ne plus pouvoir en lire et le texte qui s'efface et l'orientation qui s'obscurcie.

Un texte a un auteur, une musique a un auteur, un tableau a un auteur, ..., une ville n'a pas d'auteur et parce qu'elle participe du bien commun, elle invite l'humain dans l'urbain, elle a juste une hauteur, une hauteur juste et justifiée par le talent des architectes et des urbanistes, qui doivent avoir l'extrême conscience de permettre l'usure lente de leur signature personnelle, à l'avantage de la ville palimpseste. 


Territoire en Cité / 6T en 6 temps:


Territoire
découvrir le lieu, matériel ou immatériel, 
le temps de l'émotion 

Terme, 
le reconnaître, le nommer, 
le temps de l'identification

Texture
l'analyser, 
le temps de l'accumulation des connaissances

Trame
l'autopsier, 
le temps de l'étude par croisement des connaissances  

Trope
l'interpréter, 
le temps de l'accueil dans sa contemporanéité 

Texte
poursuivre l'histoire à transmettre, 
le temps du chapitre


JPA pour ALV

samedi 3 février 2018

Les voeux du MEDOC à Paris



Organisés par La Maison du MEDOC, en extrémités de ce mois de janvier, les voeux du MEDOC pour l'année 2018 célébrés ce mardi depuis Paris, ont permis de réunir des élus de notre territoire, des élus de Paris et bon nombre de chefs d'entreprises. 

Les terroirs du Listracais et du Moulissois ont été particulièrement mis à l'honneur avec les vins rouges et blancs des Châteaux Fonréaud et Chasse-Spleen, accordés avec les charcuteries de Cyril Gassian de Castelnau, son incontournable grenier et son saucisson de canard au vin de Margaux, les huîtres Gigas Méduli de l'ostréiculteur Bertrand Iung de Saint Vivien, les produits de la chocolaterie de Mademoiselle Margaux, les caviars d'Aquitaine Sturia, et quelques autres découvertes gastronomiques préparées par le nouveau chef LmDm Mickael Ruban et son équipe, ont donné à cette soirée des élans tant ribeyron que landescòt.

Ce moment de convivialité a permis des échanges pertinents et des prises de paroles sur les effets de la mondialisation sur notre territoire, dans nos modes de consommation et qualité de vie. 

Qu'est-ce qu'être médocain en 2018 ? Quelle est l'identité du peuple qui occupe cette péninsule de fin des terres ? De quel patrimoine culturel matériel et immatériel disposons-nous encore pour nous construire, échanger et transmettre ? 

L'assemblage utile entre transition environnementale et transition numérique nous ouvre peu à peu la compréhension du monde tel qu'il devient et au sein duquel, les identités agri-culturelles locales doivent être entretenues.                  






jpa pour ALV 

lundi 15 janvier 2018

Calme déconstruction de la ville



La pensée désenchantée s’accorde souvent et à quelqu’échelle que ce soit, autour du constat d'un monde tenté par l’expérience du chaos, comme s’il lui fallait passer par l'épreuve révolutionnaire pour se réinventer au prix fort.

Il ne s’agit là que des conséquences d’un trop long refoulement collectif, accompagnant le manque de courage politique de la part des instances dirigeantes des dernières décennies, participant à l’accélération aveugle d’une économie bodybuldée par le "tout tout de suite" et la dictature du pas cher. On n'est jamais assez riche pour acheter pas cher.

Il nous reste aujourd’hui les ruines de l'héritage de la noblesse du monde et des territoires perdus de la république, déconstruits par le libéralisme culturel. 

Si l'on reste à l’échelle de la ville de Lesparre-Médoc qui nous lie, nous pouvons remarquer quelques épisodes marquants qui affirment bien la politique moderniste et déconstructiviste menée, qui aura forcément une résonance dans le destin de la ville et dont les décideurs devront entre autres endosser :   


la responsabilité d'avoir reconverti,
l’ancien Palais de Justice,
seul bâtiment d’autorité symbolique
républicaine du Médoc,
en centre d’animation faute d’avoir pu recruter
un dirigeant pour un centre culturel potentiel ...

adresser de fait un message liberticide, 
depuis la voix de la justice locale 
mutée en voix de comédie ...

limiter l'hypothèse culturelle du CALM 
à un espace ostentatoire, 
inapproprié et répulsif pour la jeunesse, 
comme si l'écho d'une sentence 
pouvait encore se faire entendre ... 

s'amuser d'un acronyme 
sursignifiant la somnolence installée, 
en dévaluant un bâtiment répertorié et 
potentiellement classable 
au répertoire des monuments historiques, 
rare édifice architectural dont la ville dispose 
en majesté capable de transmettre 
transgénérationnellement, 
les valeurs fondamentales et 
républicaines du maintien de notre société, … 







La.responsabilité d'avoir installé 
Brice de Nice à la place de Molière, 
dans l'étrange chassé-croisé 
des mots qui, la nuit, 
traversent la rue sans regarder, 
pour prendre leurs retraites, 
comme ce Palais de Justice 
dépourvu de robe et d'Hermine, 
allant en face se rhabiller 
en Palais du Costume, 
pendant que Molière 
en mal d'imaginaire, 
quitte 24 images secondes 
pour venir se reposer au CALM,
donner son nom en salle d'audience 
et psalmodier Tartuffe en boucle à qui voudra bien l'entendre dans un peu d'épaisseur culturelle...




L'ancien Tribunal sera ambitionné en Centre Culturel 
pour être finalement Calmé en Centre d'animation



La responsabilité de n’avoir pris
aucune décision pour le maintien
de l’équilibre fonctionnel essentiel
du coeur de ville et
de sa rue principale commerçante,
atomisée comme ailleurs
par une trop grande distribution,
en L ou C majuscule qui,
au lieu de nous vendre
un produit au prix juste,
nous vend juste un prix, ...


La responsabilité d'avoir laissé 
délibérément à l’abandon, 
pendant plusieurs décennies, 
les abattoirs de la ville 
dans un dessein malveillant 
d’obsolescence programmée,
en faisant le jeu des lobbies 
centralisateurs sur Bazas, 
là où on nous parle 
de protection animale 
tout en favorisant 
le stress de son transport indigne et, 
par delà, la disparition programmée 
de la filière des éleveurs, …




Toutes ces actions d’un point de vu global, convergent et participent à la perte de l’identité locale du peuple médocain qui peu à peu, obéit comme ailleurs, aux ordres de la consommation en achetant majoritairement des produits industrialisés.

Bien d’autres faits participent de cette lente déconstruction, conduite par les responsables politiques successifs qui n’ont souvent même pas conscience d’être eux mêmes instrumentalisés, puisque eux aussi poussent le jacaddy.



Retenons pour exemple:

le plaisir non contenu de ceux qui ont fait disparaitre d’un coup de pelle mécanique, 

la piscine Tournesol 
en un touché-coulé expéditif, 
sans accorder le moindre intérêt 
aux dossiers 
de réflexion patrimoniale 
et de reconversion potentielle 
qui leur avaient été soumis, 
préférant hacher menu 
et jeter dans la benne à ordures,
plutôt que d’inviter 
quelques municipalités françaises 
détentrices de cet objet 
iconique du XX°,
celles qui maintiennent encore 
l'entretien de leur piscine Tournesol, 
à venir récupérer certaines pièces                                                                                              et faire d'un geste éco responsable, un élément de communication.




La notion patrimoniale locale semble animée par des critères de sélection parfois bien antérieurs à 1905, là où maintenir, certes de façon juste et légitime, mais tout de même sous couvert d’une certaine caution morale et d’un zeste de culpabilité cultuelle, des églises désormais inoffensives, il s’agit aujourd’hui d’ouvrir comme à chaque époque, le champs des sensibilités envers le patrimoine matériel en le rendant indissociable du patrimoine immatériel.

 Dans notre époque autobagnolée, où la moindre 2CV camionnette suscitera toutes les attentions et les convoitises de ses enfants mal grandis, il s’agit de nourrir l’effort de compréhension et de perception collective à porter sur ce qui pourrait devenir utile à la construction de ceux qui ne sont pas encore nés.



En leur temps, 100% des parisiens souhaitaient que la tour Eiffel soit démolie, 140 ans après, la valeur symbolique de l’édifice fait consensus, indépendamment de savoir si c’est beau pour les uns ou laid pour les autres, avec souvent le bon gout des uns comme dégout des autres. Les valeurs patrimoniales s'anticipent toujours en résistance face aux pulsions existentielles modernistes.



La culture n’a que faire des subjectivités préférentielles d’une éphémère expression esthétique, et ne doit répondre à l’homme que lorsqu’il se demande ce qu’il fait sur terre.   


Ici comme ailleurs, les peuples se sont humiliés eux mêmes en adhérant à la dictature sourde du commerce dérégulé. La technique de lente déculturation qui prend comme cheval de Troie, l’animation synesthésique maquillée du vernis culturel, abouti immanquablement à la confusion des genres entre Culture et Animation, ce que ALV s'évertue à dénoncer depuis longtemps.



La politique culturelle est l’expression même du courage politique au présent.

Notre présent en MEDOC comme ailleurs et peut-être plus qu'ailleurs, 
passe par l’expression de l’EXCEPTION AGRI-CULTURELLE, 
vecteur d’identité, de conscience commune, de lien social, de santé publique, 
de résistance solidaire et de source d'autonomie face à la colonisation globalisée 
et ses deux armes de destruction massive, étalées sur deux siècles: 

le sucre au XIX° et le pétrole au XX°.
  


"Chaque génération se croit vouée à refaire le monde, 
la mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas, 
mais sa tâche est peut être plus grande, 
elle consiste à empêcher que le monde se défasse." 

Albert Camus / discours du prix Nobel 1957 



jpa pour ALV 









mardi 2 janvier 2018

On a le temps qu'on fait




 Le village mondial en 5 catégories sociales 

Pain quotidien, un pour Riches et un pour Pauvres avec au milieu, une fine tranche de classe moyenne de "gens bons",  tel est le triptyque de la société dans laquelle on nous demande de nous situer. Passer seulement d'une perception de 3 à 5 catégories, permettrait de décrypter plus clairement la dérive des plaques économiques allant jusqu'aux fusions par remembrement, comme dans la gestion d'un méta parcellaire foncier. 

Les pauvres sont aujourd'hui de deux catégories: Pauvres et Tavailleurs pauvres, ceux qui n'ont rien d'autre que ce que l'on veut bien leur donner et ceux qui n'ont plus l'espoir de s'élever par le fruit de leur travail. Dans ces deux cas, ceux qui n'ont rien et ceux qui n'accèdent plus à rien, finissent par avoir le sentiment commun de n'être rien.

Les riches sont aussi de deux catégories: Riches aisés et Très Riches, ceux qui vivent confortablement en prospérant ou à minima en se maintenant & ceux qui ont été propulsés par le souffle de la démesure exponentielle, créant une poignée d'individus, une centaine tout au plus, possédant plus de la moitié des richesses de la terre.

Au centre  de notre société, entre doubles riches et doubles pauvres, il y a donc ceux de la classe moyenne, ceux qu'il n'y a pas si longtemps encore, occupaient pour la plupart la position des "presque riches aisés", quand il n'y avait pas encore de travailleurs pauvres. A force de supporter la surcharge, ceux de la classe moyenne sont en passe d'être déclassés en "presque travailleurs pauvres", pendant que les riches aisés dévissent à leur tour en une nouvelle classe moyenne informe, sauf pour quelques uns accédant in extrémis au cercle de plus en plus rétréci des très très riches, qui s'enrichissent un peu plus par la défiscalisation institutionnalisée à l'échelle internationale.



La démographie mondiale galopante participe de ces accélérations du progrès, provoquant des  mouvements sociaux, culturels, migratoires, qui viennent interroger la politique internationale dans la gestion et la répartition des richesses, sauf à ce que les très riches aient déjà pu acheter le pouvoir par la puissance de l'argent, ce qui serait loin d'être une nouveauté. 

Face à ce constat, il faut donc se préparer à ce que ces phénomènes génèrent des très riches de moins en moins nombreux mais de plus en plus riches, pendant qu'il y aura de plus en plus de pauvres quant à eux de plus en plus pauvres, la classe moyenne n'étant plus qu'un sas de décompression, une salle d'attente du désenchantement.


Quelques chiffres pour la France:

37,4 Millions de foyers fiscaux dont 17,1 Millions imposables.

6500 personnes très riches (revenus mensuels à partir de 50 K€ avec un patrimoine immobilier de plusieurs millions d’€uros).
343 000 foyers assujettis à l’ISF pour 5,2 Milliards d’€uros de recettes sur les 230 Milliards de budget nécessaire au fonctionnement de l’Etat.

Quelques chiffres pour Lesparre-Médoc:

Evolution sur une décennie de la dette de la ville par habitant: 
264 € en 2007 et 1051 € en 2017 (858 € en moyenne nationale)


Dette locale multipliée par 4 en 10 ans 
pour une ville en régression chronique. 



Faute de politique de ville murement engagée, l'errance sociétale s'installe par le manque d'identité locale et creuse le déficit faute de ressort économique face aux charges fixes et à la baisse de qualité du cadre de vie.   


                  ON A LE TEMPS QU'ON FAIT 

Dans la dévaluation des classes, le Tribunal du goût de l'impensée dominante participe de l'acculturation, venant déconstruire en quelques décennies ce que d'autres ont bâti sur plusieurs siècles. Il faut donc aller vite en agissant pour que ça se voit, là où Bergson nous conseille d'agir en homme de pensée et de penser en homme d'action.

Nous vivons dans la société du spectacle où on aime changer car le changement divertit. La continuité ennuie et nécessite des efforts d'entretien partagé pour être évolutive. Pour se divertir, on jettera aujourd’hui ce que l’on adorait hier, en étant prêt demain, à aimer ce que l’on prétend détester aujourd’hui. 



La société du spectacle prolifère par la consommation et le marketing. Pour vendre il faut séduire, captiver, retenir l’attention sans effort, en proposant sans cesse des produits nouveaux et cela vaut pour la politique comme pour la culture. Afin d’être innovants et vendeurs, donc éligibles, les politiques n'ont aucun problème pour défendre une idée aujourd’hui contre laquelle ils étaient hier. 

René Girard explique que tout mythe 
sert à cacher la violence. 

Avec la nouveauté et le progrès c’est le cas. On est fasciné par la nouveauté, la modernité, parce qu'elle permet d’être violent envers le passé d’une façon civilisée. La nouveauté rend souvent aveugle des champs de perspectives que l'innovation révèle.  


À la Révolution Française, ceux qui ont voulu prendre le pouvoir et dominer le monde se sont cachés derrière le mythe de la Révolution et du changement. Ils se sont présentés comme les amis du genre humain, désireux de changer le monde pour améliorer la condition humaine. En réalité, assoiffés de pouvoir et de domination, ils ont montré leur vrai visage avec la Terreur. 

Ce qui vaut pour la Révolution, vaut pour la nouveauté et l'accélération d'un progrès moderniste qui n'a de cesse que de déconstruire le monde tel qu'il est dans l'expression de sa contemporanéité, chaque époque se devant d'être le maillon d'un continuum, au bénéfice d'une vie meilleure pour ceux qui suivront. 





L'art n'échappe pas à la règle, surtout depuis qu'il est dissocié de sa substantifique quête du sacré. Ceux qui veulent prendre le pouvoir et dominer le monde, créent jusqu'à être connus et reconnus puis se présentent comme les amis du nouveau, l'oeuvre devenant l'arme de la violence civilisée. L’art devient alors de plus en plus provoquant, de plus en plus destructeur, de plus en plus déconstruit, au point de vider l’art de l’art lui-même, de sa fonction de transmission comme témoin sur le temps long. Bien sûr, tout cela se fait au nom de la création et de la nouveauté en imposant par la doxa, la géniâââlitude pour tout le monde. 



Idem pour le progrès. Pour prendre le pouvoir, on annonce le progrès et pour justifier le progrès, on invente un concept commode : celui de destruction créatrice, concept forgé par Schumpeter. Le progrès permet comme le nouveau, la violence civilisée, car il est impossible d'être contre, sous peine d'être taxé de régression et d’archaïsme. On se tait, on subit, la violence civilisée le sait et elle en use en fabriquant un monde de faux blasés, les àquabonnistes, fatigués par le bruit des propagandes, nous remisant à l'écart du merveilleux qui animait notamment la capacité d'abstraction au Médiéval



Pour être blasé, encore faut-il avoir un certain sens de l’ennui, pour que l'absolu délivré du sujet puisse accéder aux conclusions que la logique ne peut atteindre. 

Le monde ballotté par le nouveau dans l'accélération du progrès ne peut donc pas être blasé, il est juste hagard en ne comprenant plus ce qu’il vit, peut-être parce qu'il n'est plus nourri.



Dans quelques temps, 
quand les esprits contraires seront atones, 
le Médoc Mémoire du Monde 
offrira comme une rareté ce qui a toujours été.

On viendra en fin de terres, 
assister entre autre à de grands concerts de Mahon, 
où la justesse du bruit blanc, 
 régénère les sens et grandi l’âme des vivants … 

écoute, écoute … 
dans le silence de la mer … 
il y a comme un balancement … 
qui met le coeur à l’heure ...


jpa pour ALV